XVII. À des bergers sur le grand Hermon.

632.35 - Un groupe de troupeaux et de bergers. Ils séjournent sur des pentes de magnifiques pâturages. Ils parlent des événements de Jérusalem. Ils sont affligés en se disant l’un à l’autre: “Nous n’aurons plus sur la Terre l’ami des bergers” et ils rappellent les nombreuses rencontres qu’ils ont eues ici et là avec Lui…

“Rencontres, dit un vieux berger, que nous ne ferons jamais plus.”

Jésus apparaît comme s’il mettait le pied en ce lieu de derrière un bosquet enchevêtré où les grands fûts sont embrassés par des buissons bas qui cachent la vue du sentier. Ils ne le reconnaissent pas dans l’homme solitaire et ils murmurent en le voyant ainsi enveloppé dans un vêtement blanc:

“Qui est-ce? Un essénien? Ici? Un riche pharisien?”

Ils sont perplexes.

Jésus leur demande:

“Pourquoi dites-vous que vous ne rencontrerez plus le Seigneur? Car Celui dont vous parlez, c’est le Seigneur.”

“Nous le savons. Mais tu ne sais pas ce qu’ils Lui ont fait? Maintenant il y en a qui disent qu’il est ressuscité, d’autres non. Mais même s’il est ressuscité comme nous préférons le croire, maintenant il s’en est allé. Comment peut-il désormais aimer et rester au milieu d’un peuple qui l’a crucifié? Et nous qui l’aimions, même si nous ne l’avions pas tous connu, nous sommes tristes de l’avoir perdu.”

“Il y a une manière de l’avoir encore. Lui l’enseignait.”

“Oh! oui. En faisant ce que Lui enseignait. Alors on a le Royaume des Cieux et l’on est avec Lui. Mais avant on doit vivre et puis mourir. Et Lui n’est plus parmi nous pour nous réconforter.” Ils secouent la tête.

“Mes petits-enfants, ceux qui vivent ce que Lui a enseigné, en gardant son enseignement dans leurs cœurs, c’est comme s’ils avaient Jésus dans leurs cœurs. En effet Parole et Doctrine sont une seule chose. Lui n’était pas un Maître qui aurait enseigné des choses qui n’eussent pas été telles que Lui était. Par conséquent, celui qui fait ce que Lui a dit, a Jésus vivant en lui et n’en est pas séparé.”

“Tu parles bien, mais nous sommes de pauvres hommes et… nous voudrions aussi le voir de nos yeux pour bien ressentir la joie… Moi je ne l’ai jamais vu Thomas le berger. Cf. EMV 215. , et mon fils non plus; ni Jacob, celui-ci; ni Melchias, celui-là; ni Jacques, cet autre; ni Saül. Tu vois seulement parmi nous combien ne l’ont pas vu? Nous le cherchions toujours, et quand nous arrivions, Lui était parti.”

“Vous n’étiez pas à Jérusalem ce jour-là?”

“Oh! nous y étions! Mais quand nous avons su ce qu’ils voulaient Lui faire nous nous sommes enfuis comme des fous sur les montagnes, pour revenir dans la ville après le sabbat. Nous ne sommes pas coupables de son Sang car nous n’étions pas dans la ville. Mais nous avons mal agi d’être lâches. Nous l’aurions vu, au moins, et salué. Certainement Lui nous aurait bénis pour notre salut… Mais, vraiment, nous n’avons pas eu le courage de le regarder au milieu des tourments.”

“Lui vous bénit maintenant. Regarde Celui dont vous désirez connaître le Visage.”

Il se manifeste, splendidement divin sur la verdure du pré. Devant leur stupeur qui les jette à terre, mais qui aussi cloue leurs pupilles sur le visage divin, Lui disparaît dans une lumière éblouissante.

XVIII. À Sidon, dans la maison de l’enfant né aveugle.

632.36 - L’enfant joue tout seul sous une tonnelle touffue. Il s’entend appeler et se trouve en face Jésus. Bien peu craintif, il Lui demande:

“Mais tu es le Rabbi qui m’a donné les yeux? En EMV 473.2/6.

Et il fixe ses yeux limpides d’enfant, d’un bleu pareil à ceux de Jésus, dans les yeux divins étincelants.

“C’est Moi, enfant. Tu n’as pas peur de Moi?”

Il lui caresse la tête.

“Peur, non. Mais maman et moi, nous avons beaucoup pleuré quand le père est revenu avant le temps et nous a dit qu’il s’était enfui parce qu’ils avaient pris le rabbi pour le faire mourir. Il n’a pas fait la Pâque et doit partir de nouveau pour la faire. Mais tu n’es pas mort, alors?”

“Je suis mort. Regarde les blessures. Mort sur la croix. Mais je suis ressuscité. Tu diras à ton père de rester quelque temps à Jérusalem après la seconde Pâque et de rester aux alentours de l’Oliveraie, à Bethphagé. Là il trouvera quelqu’un qui lui dira ce que faire.”

“Mon père pensait te chercher. Pour les Tabernacles, il n’a pas pu te parler. Il voulait te dire qu’il t’aimait bien à cause des yeux que tu m’as donnés. Mais il n’a pas pu le faire ni alors, ni maintenant…”

“Il le fera avec la foi en Moi. Adieu, enfant. La paix à toi et à ta famille.”