632 – Apparitions ici et là à diverses personnes

17 avril 1947

Vision du mercredi 16 et jeudi 17 avril 1947.

I. À la mère d’Annalia

632.1 - Élise, la mère d’Annalia, pleure désespérément dans sa maison, enfermée dans une chambrette où se trouve un petit lit sans couverture, peut-être celui d’Annalia. Elle a la tête abandonnée sur ses bras, qui s’abandonnent à leur tour, en se tendant sur le petit lit comme pour l’embrasser tout entier. Son corps repose sur ses genoux en une attitude de langueur. De vigoureux, il n’y a que ses pleurs.

Il entre un peu de lumière par la fenêtre ouverte. Le jour revient depuis peu. Mais il se produit une vive lumière quand entre Jésus.

Je dis: entre, pour dire qu’il est dans la pièce où avant il n’était pas. Et je dirai toujours ainsi pour faire connaître son apparition dans un endroit fermé, sans répéter comment il se découvre de derrière une grande clarté qui rappelle celle de la Transfiguration, de derrière un feu blanc, si on me permet la comparaison, qui semble liquéfier les murs et les portes pour permettre à Jésus d’entrer avec son Corps véritable, respirant, solide, glorifié, un feu, une clarté qui se referme sur Lui et le cache quand il s’en va. Cependant, ensuite, il prend l’aspect très beau du Ressuscité, mais Homme, vraiment Homme, d’une beauté qui est le centuple de celle qu’il avait déjà avant la Passion. C’est Lui, mais c’est Lui glorieux, Roi.

632.2 - “Pourquoi pleures-tu, Élise?”

Je ne sais pas comment la femme ne reconnaît pas la Voix qu’on ne peut confondre. Peut-être la douleur l’étourdit. Elle répond comme si elle parlait à un parent qui peut-être l’a rejointe après la mort d’Annalia.

“Tu as entendu hier soir ces hommes? Lui n’était rien. Un pouvoir magique mais pas divin. Et moi qui me résignais à la mort de ma fille en pensant qu’elle était aimée de Dieu, en paix… Il me l’avait dit!…”

Les pleurs redoublent.

“Mais beaucoup l’ont vu ressuscité. Dieu seul peut se ressusciter par Lui-même.”

“Je l’ai dit moi aussi à ceux d’hier. Tu l’as entendu. J’ai combattu leurs paroles, parce que leurs paroles étaient la mort de mon espérance, de ma paix.

Mais eux - tu as entendu? - eux ont dit: “Tout cela c’est de la comédie de ses partisans pour ne pas reconnaître qu’ils sont fous. Il est mort et bien mort, et corrompu, ils l’ont enlevé et détruit, en disant qu’il est ressuscité”. Ils ont parlé ainsi… Et que c’est pour cela que le Très-Haut a envoyé le second tremblement de terre, pour leur faire sentir sa colère de leur mensonge sacrilège. Oh! je n’ai plus de réconfort!”

“Mais si tu voyais le Seigneur ressuscité, de tes yeux, et si tu le touchais de tes mains, croirais-tu?…”

“Je n’en suis pas digne… Mais certainement je croirais! Il me suffirait de le voir. Je n’oserais pas toucher ses Chairs, car s’il en était ainsi, ce serait des chairs divines, et une femme ne peut s’approcher du Saint des Saints.”

632.3 - “Lève la tête, Elise, et regarde qui est devant toi!”

La femme lève sa tête chenue, son visage défiguré par les pleurs, et elle voit… Elle tombe encore plus bas sur ses talons, se frotte les yeux, ouvre la bouche sur un cri qui veut monter mais que la stupeur étrangle dans la gorge.

“C’est Moi, le Seigneur. Touche ma main, baise-la. Tu m’as sacrifié ta fille, tu le mérites. Et retrouve, sur cette main, le baiser spirituel de ton enfant. Elle est au Ciel, et elle est bienheureuse. Tu parleras de cela aux disciples, et de ce jour.”

La femme est tellement fascinée qu’elle n’ose pas faire le geste, et c’est Jésus Lui-même qui presse sur ses lèvres la pointe de ses doigts.

“Oh! tu es vraiment ressuscité!!! Je suis heureuse! Heureuse! Bénis sois-tu de m’avoir consolée!”

Elle se penche pour Lui baiser les pieds. Elle le fait et reste ainsi. La lumière surnaturelle enveloppe le Christ dans sa splendeur et la pièce est vide de Lui. Mais la mère a le cœur plein d’une certitude inébranlable.

II. À Marie, mère de Judas, à Kérioth, avec Anne, mère de Joanne, et le vieil Ananie.

632.4 - La maison d’Anne, mère de Joanne. La maison de campagne où Jésus, accompagné de la mère de Judas, opéra la guérison miraculeuse d’Anne Cf. EMV 395. . Ici encore une pièce, et une femme étendue sur un lit. Une femme qui est méconnaissable tant elle est défigurée par une angoisse mortelle.

Le visage est consumé. La fièvre le dévore en empourprant les pommettes qui sont tellement saillantes que les joues en sont creusées. Les yeux, dans un cercle noir, rougis par la fièvre et les pleurs, sont à moitié clos sous les paupières enflées. Là où il n’y a pas une rougeur de fièvre le teint est d’un jaune intense, verdâtre comme si la bile était répandue dans le sang. Les bras décharnés, les mains effilées, sont abandonnés sur les couvertures que l’essoufflement soulève.