“Non. C’était de la pitié. Je dirai ta pensée à ma Mère. Mais n’y va pas. Reste où tu es et continue à travailler pour Moi. Maintenant plus qu’avant. Tes frères, les disciples, ont besoin du travail de tous pour pouvoir propager ma doctrine. Tu m’as vu. Marie est confiée à Jean. Que toute ta peine tombe. Tu pourras fortifier ton esprit dans la certitude de m’avoir vu et avec la puissance de ma bénédiction.”
632.30 - Syntica a un grand désir de l’embrasser, mais elle n’ose pas. Jésus lui dit:
“Viens.”
Et elle ose se traîner à genoux près de Jésus et elle va Lui baiser les pieds, mais elle voit les deux plaies et n’ose pas. Elle prend un coin du vêtement et le baise en pleurant et murmure:
“Que t’ont-ils fait!”
Puis une demande:
“Et Jean-Félix?”
“Il est heureux. Il ne se rappelle plus que l’amour et il vit en lui. Paix à toi, Syntica.”
Il disparaît.
La femme reste dans l’acte d’adoration, à genoux, le visage levé, les mains un peu tendues, des larmes sur le visage, un sourire sur la bouche…
XV. Chez Zacharie le lévite.
632.31 - Il est dans une petite pièce, assis et pensif. La tête penchée sur une main. C’est le lévite Zacharie.
“Ne sois pas incertain. N’accueille pas les voix qui te troublent. Je suis la Vérité et la Vie. Regarde-moi. Touche-moi.”
Le jeune homme a levé son visage aux premières paroles, il a vu Jésus et a glissé à genoux. Il crie:
“Pardonne-moi, Seigneur. J’ai péché. J’ai accueilli en moi le doute sur ta vérité.”
“Plus que toi sont coupables ceux qui cherchent à séduire ton esprit. Ne cède pas à leurs tentations. Je suis un corps vivant et réel. Sens le poids et la chaleur, la consistance et la force de ma main.”
Il lui prend l’avant-bras et le lève avec force en disant:
“Lève-toi et marche dans les voies du Seigneur, hors du doute et de la peur. Et tu seras heureux si tu sais persévérer jusqu’à la fin.”
Il bénit et disparaît.
Le jeune homme, après un instant d’étourdissement émerveillé, se précipite hors de la pièce en criant:
“Mère! Père! J’ai vu le Maître. Ce n’est pas vrai ce que disent les autres! Je n’étais pas fou. Ne continuez pas à croire au mensonge, mais bénissez avec moi le Très-Haut qui a eu pitié de son serviteur. Je pars. Je vais en Galilée. Je vais trouver quelques-uns des disciples. Je vais leur dire de croire. Que Lui est vraiment ressuscité.”
Il ne prend pas de sac avec de la nourriture et des vêtements. Il prend son manteau et s’en va en courant sans donner à ses parents le temps de revenir de leur stupeur et de pouvoir intervenir pour le retenir.
XVI. À une femme de la plaine de Saron, qui obtient la guérison de son fils malade.
632.32 - Une route littorale, peut-être celle qui unit Césarée à Joppé, ou une autre. Je ne sais pas. Je sais que je vois une campagne à l’intérieur et la mer à l’extérieur, bleu vif, après la ligne jaunâtre de la rive. La route est certainement une artère romaine, comme en témoigne son pavage.
Une femme en pleurs marche sur cette route dans les premières heures d’un matin serein. L’aurore est née depuis peu. La femme doit être très fatiguée car de temps en temps elle s’arrête pour s’asseoir sur une pierre milliaire ou sur la route. Puis elle se relève et avance, comme si quelque chose hâtait sa marche, malgré une grande fatigue.