XII. À Joachim et Marie à Bozra.

632.27 - “Marie! Marie! Joachim et Marie! Venez dehors.”

Les deux qui sont dans une pièce tranquille, éclairée par une lampe, l’une occupée à coudre, l’autre à faire des comptes, lèvent la tête, se regardent… Joachim, blême de peur, murmure:

“La voix du Rabbi! Il vient de l’autre vie…”

La femme apeurée se serre contre l’homme.

Mais l’appel se répète et les deux, en se tenant étroitement pour s’encourager mutuellement, osent sortir, aller dans la direction de la voix.

Dans le jardin qu’éclaire la faucille d’une lune nouvelle, resplendit, dans une lumière plus forte que plusieurs lunes, Jésus. La lumière l’entoure et en fait un Dieu. Le sourire très doux et le regard affectueux font de Lui un Homme:

“Allez dire à ceux de Bozra que vous m’avez vu vivant et réel. Et dites-le au Thabor, toi, Joachim, à ceux qui y sont venus.”

Il les bénit. Disparaît.

“Mais c’était Lui! Ce n’était pas un rêve! Moi… Demain, je vais en Galilée. Il a dit au Thabor, n’est-ce pas?…”

XIII. À Éphraïm chez Marie de Jacob.

632.28 - La femme est en train de pétrir de la farine pour faire du pain. Elle se tourne en s’entendant appeler et elle voit Jésus. Le visage au sol, les mains par terre, muette d’adoration, un peu effrayée.

Jésus parle:

“Tu diras à tous que tu m’as vu et que je t’ai parlé. Le Seigneur n’est pas soumis au tombeau. Je suis ressuscité le troisième jour comme je l’avais promis. Persévérez, vous qui êtes dans ma voie, et ne vous laissez pas séduire par les paroles de ceux qui m’ont crucifié. Ma paix à toi.”

XIV. Chez Syntica à Antioche.

632.29 - Syntica est en train de préparer un sac de voyage. C’est le soir, car une petite lampe est allumée, tremblante, avec une clarté très relative, posée sur une table près de la femme occupée à plier des vêtements.

La pièce s’illumine vivement et Syntica lève la tête, étonnée de voir ce qui arrive, d’où vient cette lumière si claire dans cette pièce toute close. Mais avant qu’elle voie, Jésus la devance:

“C’est Moi. Ne crains pas. Je me suis montré à plusieurs pour les confirmer dans la foi. Je me montre aussi à toi, disciple obéissante et fidèle. Je suis ressuscité. Tu vois? Je n’ai plus de douleur. Pourquoi pleures-tu?”

La femme, devant la beauté du Glorifié, ne trouve pas les mots… Jésus lui sourit pour l’encourager et ajoute:

“Je suis le même Jésus qui t’a accueilli sur la route près de Césarée En EMV 254.4/7. . Tu savais parler alors que tu étais si craintive et que j’étais pour toi l’Inconnu. Et maintenant tu ne sais pas me dire un mot?”

“O Seigneur! J’allais partir… Pour m’ôter du cœur tant d’inquiétude et de douleur.”

“Pourquoi de la douleur? Ne t’a-t-on pas dit que j’étais ressuscité?”

“On l’a dit et démenti. Mais je ne me suis pas troublée de ces contradictions. Je savais que tu ne pouvais pas te corrompre dans un tombeau. J’ai pleuré sur ton martyre. J’ai cru, avant même qu’on ne m’en parle, à ta résurrection. Et j’ai continué de croire quand il en est venu d’autres dirent que ce n’était pas vrai. Mais je voulais aller en Galilée. Je pensais: à Lui, on ne peut plus faire de mal. Lui est plus Dieu qu’Homme. Je ne sais si je dis bien…”

“Je comprends ta pensée.”

“Et je disais: je l’adorerai et je verrai Marie. Je pensais que tu ne resterais pas beaucoup parmi nous et je hâtais mon départ. Je me disais: quand il sera retourné au Père, comme il disait, sa Mère sera un peu triste dans sa joie, car c’est une âme mais c’est aussi une mère… Et je chercherai à la consoler, maintenant qu’elle est seule… J’étais orgueilleuse!”