Les femmes le harcèlent de questions.

“Là, le Seigneur. Jésus le Seigneur.”

“Où est-il? Où est-il allé?”

“Là.”

Il indique le ciel plein de soleil et il rit, heureux, et il mord sa pomme.

Et pendant que les hommes s’en vont en hochant la tête, Dorca dit aux femmes:

“Il était beau. Il semblait vêtu de lumière. Et il avait sur les mains la marque des clous rouge comme une gemme dans tant de blancheur. J’ai bien vu car il tenait l’enfant ainsi” et elle fait le geste de Jésus.

632.24 - L’intendant accourt, se fait répéter le récit, réfléchit, conclut:

“Le psaume le dit: “Sur la bouche des jeunes enfants et des nourrissons tu as mis ta louange parfaite Cf. Psaume 8,3 (Hébreu 9). ”. Et pourquoi pas la vérité? Eux sont innocents. Et nous… Souvenons-nous de ce jour… Mais non! Je vais dans le village des disciples. Je vais voir si le Rabbi y est… Et pourtant… Il était mort… Mais!…”

Et sur ce “mais!” qu’il finit de conclure intérieurement l’intendant s’en va, pendant que les femmes, exaltées, continuent de poser des questions au petit qui rit et répète:

“Jésus, là. Et puis là. Jésus Seigneur”

Et il indique le lieu où était Jésus, puis le soleil où il l’a vu disparaître, heureux, heureux.

X. Aux personnes rassemblées dans la synagogue de Cédès.

632.25 - Les gens de Cédés sont rassemblés dans la synagogue et discutent avec le vieux Matthias, le chef de la synagogue, sur les derniers événements. La synagogue est plutôt à moitié obscure car les portes sont fermées et les rideaux baissés sur les fenêtres, lourds rideaux que le vent d’avril a du mal à remuer.

Un éclair illumine la pièce. Il semble que ce soit un éclair, mais c’est la lumière qui précède Jésus. Et Jésus se manifeste, frappant de stupeur un grand nombre de gens. Il ouvre les bras et bien visibles apparaissent les blessures aux mains et aux pieds car il se montre sur la dernière des trois marches qui conduisent à une porte fermée. Il dit:

“Je suis ressuscité. Je vous rappelle la discussion entre les scribes et Moi En EMV 342.6/7. . À cette génération mauvaise j’ai donné le signe que j’avais promis: celui de Jonas. À qui m’aime et est fidèle je donne ma bénédiction.”

Rien de plus. Il est disparu.

“Mais c’était Lui! D’où? Et pourtant il était vivant! Il l’avait dit! Voilà! Maintenant je comprends. Le signe de Jonas: trois jours dans les entrailles de la Terre, et puis la résurrection…”

Bruit de commentaires…

XI. À un groupe de rabbins à Giscala.

632.26 - Un groupe venimeux de rabbins qui essaient d’amener à leurs demandes quelques hommes qui hésitent. Ils voudraient obtenir que ces derniers aillent chez Gamaliel qui s’est renfermé dans sa maison et ne veut voir personne.

Ces hommes disent:

“Nous vous disons qu’il n’est pas ici. Nous ne savons pas où il est. Il est venu, il a consulté des rouleaux, il est parti. Il n’a pas dit un mot.

Il faisait peur tant il était bouleversé et vieilli” répliquent les autres.

De mauvaise grâce les rabbis tournent le dos à ceux qui parlent et ils s’en vont en disant:

“Gamaliel aussi est fou comme Simon! Ce n’est pas vrai que le Galiléen est ressuscité! Ce n’est pas vrai. Ce n’est pas vrai! Ce n’est pas vrai qu’il est Dieu. Ce n’est pas vrai. Rien n’est vrai. Nous seuls sommes dans le vrai.”

L’angoisse même avec laquelle ils disent que ce n’est pas vrai montre leur peur que ce soit vrai, leur besoin de se rassurer.

Ils ont longé les murs de la maison et sont du côté de la tombe de Hillel. Aboyant toujours leurs négations, ils lèvent le visage… et s’enfuient en poussant des cris.

Le Jésus, très bon avec les bons, est là: terrible de puissance et les bras ouverts comme sur la croix… Les plaies des mains rougissent comme si elles suintaient du sang. Il ne dit pas un mot, mais ses regards foudroient.

Les rabbis fuient, tombent, se relèvent, se blessent contre les arbres et les pierres, fous, rendus fous de peur. Ils ressemblent à des meurtriers ramenés en présence de leur victime.