“Comment ferons-nous pour les onguents? Demain c’est le sabbat…”
“Et nous ne pourrons rien trouver…” dit Salomé.
“Et il faudrait le faire… Plusieurs livres d’aloès et de myrrhe… mais il était si mal lavé…”
“Il faudrait que tout soit prêt pour l’aurore du premier jour après le sabbat” observe Marie d’Alphée.
“Et les gardes? Comment allons-nous faire?” demande Suzanne.
“Nous le dirons à Joseph s’ils ne nous laissent pas entrer” répond Marthe.
“Nous ne pourrons déplacer la pierre.”
La Madeleine répond:
“Oh! tu dis qu’à cinq nous ne pourrons pas? Nous sommes toutes robustes… et l’amour fait le reste.”
“Et puis je viendrai avec vous” dit Jean.
“Non, toi vraiment pas. Je ne veux pas te perdre aussi, fils.”
“Mais n’y pense pas. Nous suffirons.”
“Mais en attendant… Qui nous donne les aromates?”
Elles restent toutes accablées… Puis Marthe dit:
“Nous pouvions demander à Nikê si c’était vrai ce qu’on disait de Jeanne… des soulèvements…”
“C’est vrai! Mais nous sommes idiotes. Nous pouvions alors prendre aussi les aromates. Isaac était sur le seuil de sa porte quand nous sommes revenues…
612.22 – Dans le palais, il y a de nombreux petits vases d’essences et il y a de l’encens fin. Je vais les prendre.”
Et Marie-Madeleine se lève de sa place et elle met son manteau.
Marthe crie:
“Tu ne vas pas y aller.”
“J’y vais.”
“Tu es folle! Ils vont te prendre!”
“Ta sœur a raison. N’y va pas!”
“Oh! quelles femmelettes inutiles et criardes vous êtes! En vérité Jésus avait une belle troupe de suivantes! Vous avez déjà épuisé votre réserve de courage? Pour moi, au contraire, plus j’en use et plus il m’en vient.”
“Moi, je vais aller avec elle. Je suis un homme.”