Un vieillard, qui est moins vieux que le premier, sort dehors en vêtements courts, un marteau dans la main. Il salue Éli et lui demande:

“Que veux-tu, ami?”

“J’ai à côté de moi le Rabbi de Galilée. Il est venu pour prendre Benjamin. Viens, car Alexandre est dans le bois, pour témoigner que lui a déjà eu l’argent de ce disciple.”

“Je viens. On m’a toujours dit que le Rabbi était bon. Maintenant je le crois. Paix à toi!”

Il dépose le marteau, dit à je ne sais qui de l’attendre, et il s’en va avec Éli et Jésus.

Ils sont vite arrivés au bercail de Jonas. Ils l’appellent, expliquent…

“Je viens. Toi, commande-t-il à un garçon, avance le travail.”

Il s’essuie les mains à un linge qu’il jette sur une pioche et suit Jésus, après l’avoir salué en même temps que Lévi et Éli.

Jésus parle pendant ce temps avec le vieillard. Il lui dit:

“Tu es un juste, Dieu te donnera la paix.”

“Je l’espère. Le Seigneur est juste! Ce n’est pas ma faute si je suis né en Samarie…”

“Ce n’est pas ta faute. Dans l’autre vie, il n’y a pas de frontières pour les justes. Seule la faute dresse une frontière entre le Ciel et l’Abîme.”

“C’est vrai. Comme je te verrais volontiers! Ta voix est douce, et douce est ta main pour conduire le vieil aveugle. Douce et forte. Il me semble que c’est celle de mon fils bien-aimé: Éli, comme moi, fils de Joseph, mon fils. Si ton aspect est comme ta main, bienheureux qui te voit.”

“Il vaut mieux m’entendre que me voir. Cela rend plus saint l’esprit.”

“C’est vrai. Moi, j’écoute ceux qui parlent de Toi. Mais ils passent rarement…

574.8 – Mais cela n’est-il pas un bruit de hache sur les troncs?”

“Si.”

“Alors… Alexandre est près d’ici… Appelle-le.”

“Oui. Vous, restez ici. Si je puis faire seul, je ne vous appellerai pas. Ne vous montrez pas si je ne vous appelle pas.”

Il avance et appelle à haute voix.

“Qui me veut? Qui es-tu?” dit un homme âgé, très robuste, au profil dur, avec une poitrine et des membres de lutteur. Un coup de ces mains doit être comme un brutal coup de massue.

“C’est Moi, un inconnu qui te connaît. Je viens prendre ce qui m’appartient.”

“À Toi? Ah! Ah! Qu’est-ce qui est à toi dans mon bois?”

“Rien dans le bois. Dans ta maison, il y a Benjamin.”

“Tu es fou! Benjamin est mon serviteur.”