“Il n’en est pas besoin. Mais en vérité, je te dis que Lui t’aimera, et même qu’il t’aime, bien que tu ailles à Éphraïm pour l’entraîner dans un piège et le livrer au Sanhédrin qui a promis une grande récompense à celui qui le fera.”

“Tu es… prophète ou bien tu as l’esprit python L'esprit de python : esprit qui, selon la légende grecque, inspirait devins et pythonisses, qui dans l'Antiquité prédisaient l'avenir. ? Il t’a communiqué sa puissance? Tu es donc un maudit, toi aussi? Et moi j’ai accepté ton pain, ton vêtement, tu as été pour moi un ami! Il est dit: “Tu ne lèveras pas la main contre celui qui t’a fait du bien” Il est dit… Cette phrase ne se retrouve pas l'Ancien Testament, même si certains passages peuvent s'en rapprocher. Il s'agit sans doute d'un précepte de rabbin, peut-être consigné dans la Mishna, car Jésus le considère, un peu plus bas, comme "la parole d'un homme". . Tu l’as fait! Pourquoi, si tu savais que moi… Peut-être pour m’empêcher d’agir? Mais si je t’épargne Toi, parce que tu m’as donné le pain et le sel, le feu et le vêtement, et que je manquerais à la justice en te faisant tort, je n’épargnerai pas ton Rabbi, car Lui, je ne le connais pas et il ne m’a pas fait du bien, mais du mal.”

“Oh! malheureux! Tu ne te rends pas compte que tu délires? Comment quelqu’un que tu ne connais pas peut-il t’avoir fait du mal? Comment peux-tu respecter le sabbat, si tu ne respectes pas le précepte de ne pas tuer?…”

“Moi je ne tue pas.”

“Matériellement, non. Mais il n’y a pas de différence entre celui qui tue et celui qui remet la victime aux mains du tueur. Tu respectes la parole d’un homme qui dit de ne pas nuire à celui qui t’a fait du bien, et ensuite tu ne respectes pas celle de Dieu et, au moyen d’un piège, pour une poignée d’argent, pour un peu d’honneur, honneur pourri d’avoir su livrer un innocent, tu te prépares à un crime!…”

“Je ne le fais pas seulement pour l’argent et pour l’honneur, mais pour faire une chose agréable à Jéhovah (Jeové) et salutaire pour la Patrie.

561.9 – Je répète le geste de Yaël Yaël fit entrer le général Sisera ennemi dans sa tente et, une fois endormi, elle lui transperça la tempe avec un pieu (Juges 4, 11-22). Judith déduisit le général ennemi Holopherne et, lors d'un banquet, alors qu'il était assoupi de vin, elle lui tranche la tête avec une épée. (Judith 13,1 et suivants). et de Judith.”

Il est plus fanatique que jamais.

“Sisera et Holopherne étaient des ennemis de notre Patrie. Ils étaient des envahisseurs, ils étaient cruels. Mais qu’est le Rabbi de Nazareth? Qu’est-ce qu’il envahit? Qu’est-ce qu’il usurpe? Il est pauvre et ne veut pas de richesses.

Il est humble et ne veut pas d’honneurs. Il est bon, avec tous. Ce sont des milliers qui ont reçu ses bienfaits. Pourquoi le haïssez-vous? Toi, pourquoi le hais-tu? Il ne t’est pas permis de nuire à ton prochain. Tu sers le Sanhédrin, mais sera-ce le Sanhédrin qui te jugera dans l’autre vie, ou sera-ce Dieu? Et comment te jugera-t-il? Je ne dis pas: comment te jugera-t-il parce que tu auras tué le Christ; mais je te dis: comment te jugera-t-il parce que tu auras tué un innocent. Tu ne crois pas que le Rabbi de Nazareth soit le Christ et à cause de ton idée qu’il ne l’est pas, ce crime ne te sera pas imputé. Dieu est juste et Il ne compte pas comme faute un acte accompli sans une complète circonspection. Il ne te jugera donc pas pour avoir tué le Christ puisque pour toi Jésus de Nazareth n’est pas le Christ. Mais Il t’accusera d’avoir tué un innocent, car tu sais qu’il est innocent. Ils t’ont empoisonné, rendu ivre par leurs paroles de haine, mais tu ne l’es pas au point de ne pas comprendre qu’il est innocent. Ses œuvres parlent en sa faveur. Votre peur, plutôt celle des maîtres que la vôtre à vous disciples, craint et voit des choses qui n’existent pas. La peur de ceux qui craignent d’être supplantés par Lui. Ne craignez pas. Lui vous ouvre les bras pour vous dire: “Frères”! Il n’envoie pas contre vous des troupes. Il ne vous maudit pas. Il voudrait seulement vous sauver. Vous, les grands, et disciples des grands, comme il veut sauver le dernier d’Israël. Vous, plus que le plus petit d’Israël, plus que l’enfant qui ne sait pas encore ce que c’est que haine et amour, car vous en avez besoin plus que les ignorants et les enfants parce que vous savez, et vous péchez en sachant. Ta conscience d’homme, si tu la dépouilles des idées qu’on y a mises, si tu la purifies des poisons qui la font délirer, peut-elle te dire que Lui est coupable? Dis-le! Sois sincère. L’as-tu vu peut-être un jour manquer à la Loi, ou conseiller de manquer à la Loi? L’as-tu vu bagarreur, avide, luxurieux, calomniateur, dur de cœur? Parle! L’as-tu vu peut-être irrespectueux envers le Sanhédrin? Lui est comme un proscrit, pour obéir au verdict du Sanhédrin. Il pourrait lancer un appel et toute la Palestine le suivrait pour marcher contre le petit nombre de ceux qui le haïssent. Et Lui, au contraire, conseille à ses disciples la paix et le pardon. Il pourrait — comme il rend la vie aux morts, la vue aux aveugles, le mouvement aux paralytiques, l’ouïe aux sourds, la délivrance aux possédés, car ni le Ciel ni l’Enfer ne sont insensibles à ses volontés — il pourrait vous foudroyer de ses foudres divines et se débarrasser ainsi de ses ennemis.

Et Lui, au contraire, prie pour vous et guérit vos parents, vous guérit le cœur, vous donne le pain, le vêtement, le feu.

561.10 – Car je suis Jésus de Nazareth, le Christ, Celui que tu cherches pour avoir la somme promise à celui qui le livre au Sanhédrin et les honneurs du libérateur d’Israël. Je suis Jésus de Nazareth, le Christ. Me voici. Prends-moi donc. Comme Maître et comme Fils de Dieu, je te libère de l’obligation et du péché de lever ou d’avoir levé la main sur celui qui t’a fait du bien.”

Jésus s’est levé en dégageant la tête de son manteau, et il tend les mains comme pour qu’on le prenne et qu’on le lie. Mais grand comme il est et il paraît encore plus élancé étant resté avec son seul sous-vêtement court et presque étriqué, avec son manteau foncé qui pend de ses épaules, bien droit, les yeux fixés sur le visage de son persécuteur, dans le reflet mobile des flammes qui allument des points lumineux sur ses cheveux flottants et font briller ses larges pupilles dans le cercle bleu saphir des iris — si majestueux, franc, sans peur, il impose plus de respect que s’il était entouré d’une armée chargée de le défendre.

L’homme est comme fasciné… paralysé par l’étonnement. C’est seulement après un moment qu’il arrive à murmurer: “Toi! Toi! Toi!” Il semble qu’il ne sait pas dire autre chose.

Jésus insiste:

“Prends-moi donc! Enlève ce cordon inutile, tendu pour soutenir un vêtement sale et déchiré, et lie mes mains. Je te suivrai comme un agneau suit le boucher et je ne te haïrai pas parce que tu me conduis à la mort. Je te l’ai dit. C’est la fin qui justifie l’action et en change la nature En introduisant cette affirmation sur la fin qui justifie l'acte et en change la nature, Jésus fait référence au cas particulier de son interlocuteur : celui‑ci pensait tuer un faux Messie, il y était poussé par des personnes ayant autorité, et il était convaincu de faire une bonne action. C'est de la même manière que Jésus justifie les cas considérés en EMV 159.5/6 et en EMV 580.3. Il ne s'agit donc pas de l'affirmation d'un principe moral qu'il faudrait considérer comme valable dans toute situation (= La fin justifie les moyens). . Pour toi, je suis la ruine d’Israël et tu crois sauver Israël en me tuant. Pour toi je suis coupable de tous les crimes et tu sers donc la justice en supprimant un malfaiteur. Tu n’es donc pas plus coupable que le bourreau qui exécute un ordre qu’il a reçu. Veux-tu m’immoler ici, sur place? Ici, à mes pieds, se trouve le couteau avec lequel j’ai découpé la nourriture. Prends-le.

La lame, qui a servi à l’amour pour mon prochain, peut se changer en couteau de sacrificateur. Ma chair n’est pas plus dure que la viande de l’agneau rôti que mon ami m’avait laissée pour ma faim et que j’ai donnée pour te nourrir, toi, mon ennemi. Mais tu crains les patrouilles romaines. Elles arrêtent ceux qui tuent un innocent et ne nous laissent pas rendre la justice car nous sommes les sujets et eux les maîtres. Aussi tu n’oses pas me tuer et puis t’en aller vers ceux qui t’envoient avec sur les épaules l’Agneau égorgé comme une marchandise qui sert à gagner de l’argent. Eh bien, laisse ici mon cadavre, et va avertir tes maîtres, parce que tu n’es pas un disciple, mais un esclave, tellement tu as renoncé à cette souveraine liberté de pensée et de volonté que Dieu Lui-même laisse aux hommes. Et tu sers, tu sers servilement, tes maîtres. Jusqu’au crime tu les sers. Mais tu n’es pas coupable. Tu es empoisonné”. Tu es l’âme empoisonnée que j’attendais. Allons donc! La nuit et l’endroit favorisent le crime. Je dis mal: la rédemption d’Israël!

561.11 – Oh! pauvre enfant! Tu dis sans le savoir des paroles prophétiques! Ma mort sera vraiment la rédemption, et non seulement d’Israël, mais de toute l’Humanité. Et Moi je suis venu pour être immolé. Je brûle de l’être pour être le Sauveur. De tous. Toi, séphorim du docte Jonathas ben Uziel, tu connais certainement Isaïe. Voici: l’Homme des douleurs est devant toi Isaïe 53,1-12. . Et si je ne semble pas tel, si je ne semble pas celui que vit aussi David, avec les os à nu et déboîtés, Psaume 21 (Hébreu 22). si je ne suis pas comme le lépreux vu par Isaïe, L'HOMME DES DOULEURS : Isaïe 52, 13‑15 | Isaïe 53, 1‑12. David et Isaïe préfigurent Jésus en l'Homme des douleurs. On trouvera cette mention à d'autres passages, tels que EMV 10.6 | EMV 22.3 | EMV 41.7 | EMV 194.5 | EMV 275.10 | EMV 324.8.11 | EMV 361.5 | EMV 382.7 | EMV 395.5 | EMV 414.3 | EMV 436.5 | EMV 520.7 | EMV 565.9 | EMV 597.5.7/11 | EMV 598.8 | EMV 601.1/2 | EMV 604.41 | EMV 609.30 | EMV 610.13 | EMV 625.7/8. c’est parce que vous ne voyez pas mon cœur. Je ne suis qu’une plaie. Le manque d’amour, la haine, la dureté, votre injustice m’ont blessé et meurtri de toutes parts. Et ne tenais-je pas caché mon visage alors que tu me méprisais à cause de ce que je suis réellement: le Verbe de Dieu, le Christ? Mais je suis l’homme habitué à la souffrance! Et ne me jugez-vous pas comme quelqu’un qui est frappé par Dieu? Et est-ce que je ne me sacrifie pas parce que je veux me sacrifier, pour vous guérir par mon sacrifice?

561.12 – Allons! Frappe! Regarde: je n’ai pas peur et tu ne dois pas avoir peur. Moi, parce que je suis l’Innocent et que je ne crains pas le jugement de Dieu, Moi parce qu’en présentant mon cou à ton couteau, je fais en sorte que s’accomplisse la volonté de Dieu, en anticipant de quelque temps mon heure pour votre bien En anticipant, par les mérites de Marie, sa Mère, comme on le voit en EMV 52.9 ("Grâce à sa prière, j'anticipe même le temps de la grâce"), en EMV 136.6 ("J'ai hâté la venue du Christ par la force de son amour"), en EMV 412.3 ("Son parfum de sainteté fut si puissant qu'il m'a aspiré du Ciel"), en EMV 620.1 (où il est dit que les prières de Marie firent en sorte d'anticiper même la résurrection du Christ), ainsi qu'en EMV 649.14. .

Même quand je suis né, j’ai anticipé l’heure par amour pour vous, pour vous donner la paix avant le temps. Mais vous, de cette angoisse d’amour que j’éprouve, vous en faites une arme de négation… Ne crains pas! Je n’appelle pas sur toi le châtiment de Caïn, ni les foudres de Dieu. Je prie pour toi. Je t’aime. Rien de plus. Je suis trop grand pour ta main d’homme? Voilà, c’est vrai! En effet l’homme ne pourrait frapper Dieu si Dieu ne se mettait pas volontairement entre les mains de l’homme. Eh bien, je m’agenouille devant toi. Le Fils de l’homme est devant toi, à tes pieds. Frappe donc!”

Jésus s’agenouille effectivement, et présente le couteau qu’il tient par la lame à son persécuteur qui recule en murmurant:

“Non! Non!”

“Allons! Un moment de courage… et tu seras plus célèbre que Yaël et Judith! Regarde, Je prie pour toi. Isaïe le dit Isaïe 53,12. : ”… et il pria pour les pécheurs”. Tu ne viens pas encore? Pourquoi t’éloignes-tu? Ah! peut-être tu crains de ne pas voir comment meurt un Dieu. Voilà, je viens ici, près du feu. Le feu ne manque jamais dans les sacrifices, il en fait partie. Voilà. Maintenant, tu me vois bien.”

Il s’est agenouillé près du feu.

“Mais, ne me regarde pas! Ne me regarde pas! Oh! où dois-je fuir pour ne pas voir ton regard?” dit l’homme.