Jésus sourit:

“Tu as vu Lazare? Lui aussi était un grand malade et ne te semble-t-il pas que maintenant il soit bien sain?”

“C’est ainsi, Rabboni. Tu l’as guéri. Ce que tu fais est toujours total. Lazare n’a jamais été aussi fort et joyeux que depuis qu’il est sorti du tombeau.”

“Tu l’as dit, Marie. Ce que je fais est toujours total. C’est pour cela aussi que ta rédemption est totale car c’est Moi qui l’ai accomplie.”

“C’est vrai, mon Sauveur aimé, mon Rédempteur, mon Roi, mon Dieu. C’est vrai. Et si tu le veux, je serai, moi aussi, une bonne servante de mon Seigneur. Moi, de mon côté, je le veux, Seigneur. Je ne sais pas si Toi tu le veux.”

“Je le veux, Marie. Une bonne servante pour Moi. Aujourd’hui plus qu’hier. Demain plus qu’aujourd’hui. Jusqu’à ce que je te dise: ‘Cela suffit, Marie. C’est l’heure de ton repos’.”

“C’est dit, Seigneur. Je voudrais que tu m’appelles, alors. Comme tu as appelé mon frère hors du tombeau. Oh! appelle-moi, Toi, hors de la vie!”

“Non, pas hors de la vie. Je t’appellerai à la Vie, à la vraie Vie. Je t’appellerai hors du tombeau qu’est la chair et la Terre. Je t’appellerai aux noces de ton âme avec ton Seigneur.” Voir la vision de la mort de Marie Madeleine (extraits des "Cahiers de 1944)

“Mes noces! Tu aimes les vierges, Seigneur…”

“J’aime ceux qui m’aiment, Marie.”

“Tu es divinement bon, Rabboni! C’est pour cela que je ne savais pas me donner de paix en entendant dire que tu étais mauvais parce que tu ne venais pas. C’était comme si tout s’écroulait. Quelle peine de me dire à moi-même: “Non. Non! Tu ne dois pas accepter cette évidence. Ce qui te paraît évident est un rêve. La réalité, c’est la puissance, la bonté, la divinité de ton Seigneur”. Ah! combien j’ai souffert! Si grande la douleur pour la mort de Lazare et pour ses paroles… Ne t’en a-t-il rien dit? Ne se souvient-il pas? Dis-moi la vérité…”

“Je ne mens jamais, Marie. Il craint d’avoir parlé et d’avoir dit ce qui avait été la douleur de sa vie. Mais je l’ai rassuré, sans mentir, et maintenant il est tranquille.”

“Merci, Seigneur. Ces paroles… elles m’ont fait du bien. Oui, comme font du bien les soins d’un médecin qui met à nu les racines d’un mal et les brûle. Elles ont fini de détruire la vieille Marie. J’avais encore une trop haute idée de moi. Maintenant… je mesure le fond de mon abjection et je sais que je dois faire une longue route pour le remonter. Mais je la ferai, si tu m’aides.”

550.7 – “Je t’aiderai, Marie. Même quand je m’en serai allé, je t’aiderai.”

“Comment, mon Seigneur?”

“En accroissant ton amour dans une mesure incalculable. Pour toi, il n’y a pas d’autre voie que celle-là.”

“Trop douce pour ce que j’ai à expier! Tous se sauvent par l’amour. Tous acquièrent ainsi le Ciel. Mais ce qui suffit pour les purs, les justes, n’est pas suffisant pour la grande coupable.”

“Il n’y a pas d’autre voie pour toi, Marie. En effet quelle que soit la voie que tu prendras, elle sera toujours amour. Amour si tu rends service en mon nom. Amour si tu évangélises. Amour si tu t’isoles. Amour si tu te martyrises Voir la vision du 30 mars 1944. . Amour si tu te fais martyriser. Tu ne sais qu’aimer, Marie. C’est ta nature. Les flammes ne peuvent que brûler, soit qu’elles rampent sur le sol pour brûler des herbes, soit qu’elles montent comme un embrassement de splendeurs autour d’un tronc, d’une maison, ou d’un autel pour s’élancer vers le ciel. À chacun sa nature. La sagesse des maîtres spirituels consiste à savoir faire fructifier les tendances de l’homme en le dirigeant vers la voie par laquelle il peut le mieux se développer. Même chez les plantes et les animaux cette loi existe et il serait sot de vouloir prétendre qu’un arbre à fruit ne donne que des fleurs ou des fruits différents de ceux que comporte sa nature, ou qu’un animal accomplisse des fonctions qui sont propres à une autre espèce. Pourrais-tu prétendre que cette abeille dont le destin est de faire du miel devienne un oiseau qui chante dans le feuillage des haies? Ou que ce rameau d’amandier que j’ai dans les mains, avec tout l’amandier duquel je l’ai cueilli, au lieu de produire des amandes laisse suinter de son écorce des résines odoriférantes? L’abeille travaille, l’oiseau chante, l’amandier donne son fruit, l’arbre résineux donne ses résines aromatiques, et tous remplissent leur office. Il en est ainsi des âmes. Tu as l’office d’aimer.”

“Alors, brûle-moi, Seigneur. Je te le demande en grâce.”

“Ne te suffit-elle pas la force d’amour que tu possèdes?”

“C’est trop peu, Seigneur. Elle pouvait servir pour aimer des hommes, pas pour Toi qui es le Seigneur infini.”

“Mais justement parce que je suis tel, il serait alors nécessaire d’avoir un amour sans limites…”

“Qui, mon Seigneur. C’est cela que je veux. Que tu mettes en moi un amour sans limites.”

“Marie, le Très-Haut, qui sait ce qu’est l’amour, a dit à l’homme: “Tu m’aimeras de toutes tes forces” Deutéronome 6,5. . Il n’exige pas davantage, car Il sait que c’est déjà un martyre d’aimer avec toutes ses forces…”

“N’importe, mon Seigneur. Donne-moi un amour infini pour t’aimer comme tu dois être aimé, pour t’aimer comme je n’ai aimé personne.”