Il est devant eux, grand, fulgurant de majesté, vraiment Juge et Dieu. Ils ne répondent pas.
Lui insiste:
“Ce n’est pas encore assez pour croire, pour accepter l’inéluctable?”
“Tu n’as tenu qu’une partie de la promesse. Ce n’est pas le signe de Jonas…” dit brutalement Sadoq.
“Vous aurez aussi celui-là. J’ai promis et je tiendrai ma promesse” dit le Seigneur. “Un autre présent ici, attend un autre signe, et il l’aura Gamaliel qui a entendu cette prédiction de Jésus âgé de 12 ans. Cf. EMV 41.9. . Et comme c’est un juste, il l’acceptera. Vous non. Vous resterez ce que vous êtes.”
548.15 - Il fait un demi-tour sur Lui-même et il voit Simon, le synhédriste, fils d’Eli-Hanna. Il le fixe, le fixe. Il laisse de côté ceux de tout à l’heure et, arrivé en face de lui, il lui dit, à voix basse mais nette:
“C’est heureux pour toi que Lazare ne se rappelle pas son séjour parmi les morts! Qu’as-tu fait de ton père, Caïn?”
Simon s’enfuit en poussant un cri de peur qui se change en un hurlement de malédiction:
“Sois maudit, Nazaréen!”
Auquel Jésus répond:
“Ta malédiction monte vers le Ciel et du Ciel le Très-Haut te la renvoie. Tu es marqué du signe, ô malheureux!”
Il revient en arrière, parmi les groupes étonnés, presque effrayés. Il rencontre Gamaliel qui se dirige vers la route. Il le regarde et Gamaliel le regarde. Jésus lui dit sans s’arrêter:
“Tiens-toi prêt, ô rabbi. Le signe viendra bientôt. Je ne mens jamais.”
548.16 - Le jardin se vide lentement. Les juifs sont abasourdis, mais la plupart giclent de la colère par tous leurs pores. Si leurs regards pouvaient le réduire en cendres, Jésus serait complètement pulvérisé. Ils parlent, discutent entre eux en s’en allant, si bouleversés maintenant par leur défaite qui ne peuvent plus cacher sous une apparence hypocrite d’amitié le but de leur présence à cet endroit. Ils s’en vont sans saluer ni Lazare ni ses sœurs.
Il reste en arrière certains qui ont été conquis au Seigneur par le miracle. Parmi eux se trouve Joseph Barnabé qui se jette à genoux devant Jésus et l’adore. Un autre est le scribe Joël d’Abia qui fait la même chose avant de partir à son tour, et d’autres encore que je ne connais pas mais qui doivent être influents.
Pendant ce temps, Lazare, entouré de ses plus intimes, s’est retiré dans la maison. Joseph, Nicodème et les autres bons saluent Jésus et s’en vont. Partent avec de profondes salutations les juifs qui étaient restés auprès de Marthe et Marie. Les serviteurs ferment la grille. La maison redevient tranquille.
548.17 - Jésus regarde autour de Lui. Il voit de la fumée et des flammes au fond du jardin, dans la direction du tombeau. Jésus, seul, debout au milieu d’un sentier, dit:
“La putréfaction qui va être annulée par le feu… La putréfaction de la mort… Mais celle des cœurs… de ces cœurs, aucun feu ne l’annulera… Pas même le feu de l’Enfer. Elle sera éternelle… Quelle horreur!… Plus que la mort… Plus que la corruption… Et…Mais qui te sauvera, ô Humanité, si tu aimes tant d’être corrompue! Tu veux être corrompue. Et Moi… Moi j’ai arraché au tombeau un homme par une seule parole… Et avec un flot de paroles… et de douleurs, je ne pourrai arracher au péché l’homme, les hommes, des millions d’hommes.”
Il s’assoit et avec ses mains se couvre le visage, accablé…
Un serviteur qui passe le voit. Il va à la maison. Peu après Marie sort de la maison. Elle va trouver Jésus, légère comme si elle ne touchait pas le sol. Elle s’approche, Lui dit doucement:
“Rabboni, tu es las… Viens, ô mon Seigneur. Tes apôtres fatigués sont allés dans l’autre maison, tous, sauf Simon le Zélote… Tu pleures, Maître? Pourquoi?…”
Elle s’agenouille aux pieds de Jésus… l’observe… Jésus la regarde. Il ne répond pas. Il se lève et se dirige vers la maison, suivi de Marie.
548.18 - Ils entrent dans une salle. Lazare n’y est pas, ni non plus le Zélote, mais il y a Marthe, heureuse, transfigurée par la joie. Elle s’adresse à Jésus pour expliquer:
“Lazare est allé au bain pour se purifier encore. Oh! Maître! Maître! Que te dire!”
Elle l’adore de toute elle-même. Elle remarque la tristesse de Jésus et elle dit: