548 – La résurrection de Lazare
26 décembre 1946 / 23 mars 1944 / 23 mars 1944 / 29 mars 2020
Vision du jeudi 26 décembre 1946
548.1 - Jésus vient à Béthanie par Ensémès. Ils doivent avoir fait une marche vraiment fatigante par les sentiers casse-cou des monts Hadomim.
Les apôtres, essoufflés, ont du mal à suivre Jésus qui va rapidement, comme si l’amour l’emportait sur ses ailes de feu. Jésus sourit radieux alors qu’il marche en avant de tous, la tête droite sous les rayons tièdes du soleil de midi.
Avant qu’ils arrivent aux premières maisons de Béthanie, ils sont vus par un jeune garçon déchaussé qui va vers la fontaine près du village avec un broc de cuivre vide. Il pousse un cri, met le broc par terre et s’en va en courant, de toute la vitesse de ses petites jambes, vers le village.
“Certainement il va prévenir que tu arrives” observe Jude Thaddée après avoir souri comme tous de la résolution… énergique du jeune garçon qui a même abandonné son broc à la merci du premier passant.
548.2 - La petite ville, vue ainsi d’auprès de la fontaine, qui est un peu en haut, paraît tranquille, comme déserte. Seule la fumée grise qui s’élève des cheminées indique que dans les maisons les femmes sont occupées à préparer le repas de midi. Quelque grosse voix d’homme parmi les oliviers et les vergers vastes et silencieux avertit que les hommes sont au travail. Malgré cela Jésus préfère prendre un petit chemin qui passe en arrière du village pour pouvoir arriver chez Lazare sans attirer l’attention des habitants.
Ils sont presque à moitié route quand ils entendent derrière eux le jeune garçon de tout à l’heure qui les dépasse en courant et puis s’arrête au milieu de la route pour, pensif, regarder Jésus…
“Paix à toi, petit Marc, tu as eu peur de Moi que tu t’es enfui?” demande Jésus en le caressant.
“Moi, non, Seigneur, je n’ai pas eu peur. Mais comme pendant plusieurs jours Marthe et Marie ont envoyé des serviteurs sur les routes qui viennent ici pour voir si tu venais, maintenant que je t’ai vu, je suis accouru pour dire que tu venais…”
“Tu as bien fait. Les sœurs vont préparer leurs cœurs à me voir.”
“Non, Seigneur. Les sœurs ne vont rien se préparer car elles ne savent rien. Ils n’ont pas voulu que je le dise. Ils m’ont pris quand j’ai dit, en entrant dans le jardin: “Il y a le Rabbi”, et ils m’ont chassé dehors en disant: “Tu es un menteur ou un sot. Lui désormais ne vient plus car il est certain désormais qu’il ne peut pas faire le miracle”. Et comme je disais que c’était bien Toi, ils m’ont donné deux gifles comme je n’en avais encore jamais reçues… Regarde ici mes joues rouges. Elles me brûlent! Et ils m’ont poussé dehors en disant: “Cela pour te purifier d’avoir regardé un démon”. Et je te regardais pour voir si tu étais devenu un démon. Mais je ne le vois pas. Tu es toujours mon Jésus beau comme les anges dont parle maman.”
Jésus se penche pour baiser ses petites joues souffletées en disant:
“Ainsi va passer la démangeaison. Je suis peiné que tu aies souffert pour Moi…”
“Moi, non, Seigneur, car ces gifles m’ont valu deux baisers de Toi” et il s’attache en en espérant d’autres.
“Dis un peu, Marc, qui t’a chassé? Ceux de Lazare?” demande le Thaddée.
“Non. Les juifs. Ils viennent pour le deuil tous les jours. Il y en a tant! Ils sont dans la maison et dans le jardin. Ils viennent tôt, et s’en vont tard. Ils semblent les maîtres. Ils maltraitent tout le monde. Tu vois qu’il n’y a personne dans les rues? Les premiers jours, on venait pour voir… mais ensuite… Maintenant il n’y a que nous les enfants qui tournicotons pour… Oh! mon broc! Maman qui attend l’eau… Elle va me battre elle aussi!…”
Tous sourient de sa désolation devant la perspective d’autres claques et Jésus lui dit: “Va vite alors…”
“C’est que… je voulais entrer avec Toi et te voir faire le miracle…” et il termine: “…et voir leurs figures… pour me venger des gifles…”
“Cela non. Tu ne dois pas désirer la vengeance. Tu dois être bon et pardonner… Mais ta mère attend l’eau…”
“Moi, j’y vais, Maître. Je sais où habite Marc. J’expliquerai à la femme et je te rejoindrai…” dit Jacques de Zébédée.
Et il s’en va en courant.
Ils se remettent en marche lentement et Jésus tient par la main l’enfant ravi…
548.3 - Les voilà à la grille du jardin. Ils la suivent. De nombreuses montures y sont attachées, surveillées par les serviteurs de chaque propriétaire. Le chuchotement qui vient d’eux attire l’attention de quelques juifs qui se tournent vers le portail ouvert, juste au moment où Jésus pose le pied à la limite du jardin.