C’est que dans tes affections, tu es païenne, ô femme. Ce n’est pas ta faute. C’est la faute du siècle où tu vis et de la gentilité dans laquelle tu as grandi. Seul celui qui est dans la vraie religion sait donner aux affections leur valeur, leur mesure et leurs justes manifestations. Toi, mère ignorante de la vie éternelle, tu as aimé ta petite d’une manière désordonnée, et en la voyant mourir, tu te révoltais désespérément contre cette perte, rendue folle par la mort qui allait survenir. Comme quelqu’un qui voit saisi par un fou l’être qui lui est le plus cher et le voit suspendu au-dessus d’un abîme du fond duquel il ne pourrait revenir s’il y tombait, et ne pourrait pas même être rapporté comme froide dépouille au baiser de son amour, ainsi tu voyais ta Fausta déjà suspendue au-dessus de l’abîme du néant… Pauvre mère qui n’aurait plus eu sa fille! Ni dans sa chair ni dans son esprit. Le néant. La fin, la fin inexorable qu’est la mort pour ceux qui ne croient pas à la Vie spirituelle.
Toi, épouse païenne, aimante, fidèle, tu as aimé dans ton époux le dieu terrestre d’un amour charnel, ton beau dieu qui se faisait adorer par toi, en abaissant ta dignité d’égale à une servilité d’esclave. Que la femme soit soumise à son mari, humble, fidèle, chaste. Oui. Lui, l’homme, est le chef de la famille, mais chef ne veut pas dire despote. Chef ne veut pas dire maître capricieux auquel est permis tout caprice non seulement sur la chair mais sur la meilleure partie de l’épouse. Vous dites: “Où toi, Caïus, là moi, Caïa” "là où (tu seras) Caius, (je serai) Caia - ubi Gaius ibi Gaia" est la formule de l'union conjugale au temps des romains. . Pauvres femmes d’un lieu où la licence se trouve jusque dans les histoires de vos dieux, celles d’entre vous qui ne sont pas d’une impudicité effrénée, comment pouvez-vous être là où sont vos époux?
Il est inévitable qu’une femme, qui n’est pas licencieuse et corrompue, se détache avec dégoût et éprouve une douleur vraiment atroce comme si des fibres se déchiraient, un effroi, un écroulement de tout le culte envers le mari contemplé jusque-là comme un dieu, quand elle découvre que celui qu’elle adorait comme un dieu est un être misérable, dominé par une animalité brutale, licencieux, adultère, distrait, indifférent, qui se moque des sentiments et de la dignité de son épouse.
Ne pleure pas. Moi aussi je sais tout et même sans avoir besoin des rapports des centurions. Ne pleure pas, femme. Apprends, au contraire, à aimer ton mari dans l’ordre.”
531.11 – “Je ne peux plus l’aimer, il ne le mérite plus. Je le méprise. Je ne m’avilirai pas moi-même en l’imitant, mais je ne peux plus l’aimer. Tout est fini entre nous. Je l’ai laissé partir… sans essayer de le retenir… Au fond, je lui ai été reconnaissante, une dernière fois, pour son éloignement… Je ne le rechercherai pas. Du reste, quand donc a-t-il été pour moi un compagnon? Une fois tombé le bandeau de mon adoration, je me rappelle maintenant et je juge ses actions. Était-il peut-être avec mon cœur, quand je pleurais de devoir le suivre ici, en quittant ma mère malade et ma patrie, alors que j’étais nouvelle épouse et près d’enfanter? Lui, avec ses amis, riait fat de mes larmes et de mes nausées, m’avertissant seulement de ne pas salir son vêtement. Était-il peut-être à côté de moi, dans la nostalgie de mon dépaysement? Non, dehors, avec ses amis, aux festins où mon état ne me permettait pas d’aller… Était-il peut-être penché avec moi sur le berceau du bébé? Quand on lui montra la fille, il se mit à rire en disant: “J’aurais bien envie de la faire mettre par terre. Ce n’est pas pour avoir des filles que j’ai pris le joug matrimonial”. Il n’assista pas à la purification en disant que c’était une pantomime inutile. Et parce que la petite pleurait, il dit en sortant: “Qu’on lui donne le nom de Libitina Libitina est la déesse romaine des funérailles. , et qu’elle soit consacrée à la déesse”. Et quand Fausta fut mourante, partagea-t-il mon angoisse? Où était-il la nuit qui précéda ta venue? Dans la maison de Valérien à un banquet. Mais je l’aimais: c’était, tu as dit juste, mon dieu. Tout me paraissait bon, juste en lui. Il me permettait de l’aimer… et j’étais l’esclave la plus esclave de ses volontés. Sais-tu pourquoi il m’a écartée de lui?”
“Je le sais. Parce que dans ta chair, l’âme s’était réveillée et que tu n’étais plus une femelle, mais une femme.”
“C’est ainsi. J’ai voulu faire de ma maison une maison vertueuse… et lui s’est fait envoyer à Antioche près du Consul, en m’imposant de ne pas le suivre et il a emmené avec lui ses esclaves favorites. Oh! je ne le suivrai pas! J’ai ma fille, j’ai tout.”
“Non. Tu n’as pas tout. Tu as une partie, une petite partie du Tout, ce qui te sert à être vertueuse. Le Tout, c’est Dieu. Ta fille ne doit pas être une raison d’injustice envers le Tout, mais de justice. Pour elle et avec elle, tu as le devoir d’être vertueuse.”
“Je suis venue pour te consoler, et c’est Toi qui me consoles. Mais je suis venue aussi pour te demander comment éduquer cette petite pour la rendre digne de son Sauveur. J’avais pensé me faire votre prosélyte et de la faire telle, elle aussi…”
“Et ton mari?”
“Oh! tout est fini avec lui.”
“Non. Tout commence. Tu es toujours son épouse. Le devoir d’une bonne épouse est de rendre bon son conjoint.”
“Il dit qu’il veut divorcer, et il le fera certainement. Pour cela…”
“Et il le fera. Mais il ne l’a pas encore fait et tant qu’il ne Ta pas fait, tu es son épouse, même d’après votre loi. Et comme telle, tu as le devoir de rester comme épouse à ta place. Ta place est celle de seconde pour ton mari dans la maison, près de ta fille, en présence des serviteurs et du monde. Tu penses: lui a donné le mauvais exemple. C’est vrai. Mais cela ne te dispense pas de donner, toi, un exemple de vertu. Lui s’en est allé, c’est vrai. Toi, prends sa place auprès de ta fille et des serviteurs.
531.12 – Tout ne mérite pas des reproches dans vos coutumes. Quand Rome était moins corrompue, ses femmes étaient chastes, laborieuses, et elles servaient la divinité par une vie de vertu et de foi. Même si leur condition misérable de païennes les faisait servir des faux dieux, l’idée était bonne. Elles donnaient leur vertu à l’Idée de la religion, au besoin d’un respect pour une religion, pour une Divinité dont le vrai nom leur était inconnu, mais dont elles sentaient l’existence et qui était plus grand que l’Olympe licencieux, que les divinités avilies qui le peuplaient selon les légendes mythologiques. Inexistant votre Olympe, inexistants vos dieux. Mais vos vertus antiques étaient le fruit de la conviction vraie qu’il fallait être vertueux pour pouvoir être regardé avec amour par les dieux. Elles étaient le fruit du devoir que vous aviez le sentiment d’avoir envers les divinités que vous adoriez.
Aux yeux du monde, particulièrement de notre monde judaïque, vous paraissiez sots pour cet honneur que vous donniez à ce qui n’existe pas. Mais pour la Justice éternelle et vraie, pour le Dieu Très-Haut, Unique et Tout Puissant Créateur de toutes les créatures et de toutes choses, ces vertus, ce respect, ce devoir n’étaient pas vains. Le bien est toujours le bien, la foi a toujours valeur de foi, la religion a toujours valeur de religion si celui qui les suit et les pratique est convaincu d’être dans le vrai.
Je t’exhorte à imiter vos antiques femmes, chastes, laborieuses et fidèles, en restant à ta place, colonne et lumière dans ta maison et de ta maison. Ne crois pas que les serviteurs aient pour toi moins de respect parce que tu es restée seule. Jusqu’à présent ils t’ont servie par crainte et parfois avec un sentiment caché de haine et de révolte. Dorénavant ils te serviront avec amour. Les malheureux aiment ceux qui sont malheureux. Tes esclaves connaissent la douleur. Ta joie était pour eux un aiguillon amer. Tes peines, en te dépouillant du froid éclat de maîtresse, au sens le plus odieux du mot, te revêtiront d’une lumière chaude de pitié. Tu seras aimée, Valéria, et par Dieu et par ta fille et par tes serviteurs. Et même si tu n’étais plus l’épouse, mais la divorcée, rappelle-toi (Jésus se lève) que la séparation légale ne supprime pas le devoir de la femme d’être fidèle à son serment d’épouse.
531.13 – Tu voudrais entrer dans notre religion. Un de ses préceptes divins c’est que la femme est la chair de la chair de l’époux et que rien ni personne ne peut séparer ce que Dieu a fait une seule chair. Nous aussi, nous avons le divorce. Il est venu comme un fruit mauvais de la luxure humaine, du péché d’origine, de la corruption des hommes. Mais il n’est pas venu spontanément de Dieu. Dieu ne change pas sa parole. Et Dieu avait dit, en inspirant à Adam, innocent encore, et parlant par conséquent avec une intelligence que la faute n’avait pas offusquée, les paroles: que les époux, une fois unis, devaient être une seule chair Genèse 2,24. . La chair ne se sépare pas de la chair autrement que par le malheur de la mort ou de la maladie.
Le divorce mosaïque, accordé pour éviter des péchés atroces, n’accorde à la femme qu’une liberté bien mesquine. La divorcée est toujours une femme diminuée dans la pensée des hommes, soit qu’elle reste telle, soit qu’elle passe à des secondes noces. Dans le jugement de Dieu, c’est une malheureuse si elle devient divorcée par suite de la malveillance de l’époux et reste divorcée, mais elle n’est qu’une pécheresse, une adultère, si elle le devient par ses abjectes propres fautes et se remarie.
Mais toi, si tu veux entrer dans notre religion, tu le fais pour Me suivre, et alors Moi, Verbe de Dieu, le temps de la religion parfaite étant venu, je te dis ce que je dis à beaucoup. Il n’est pas permis à l’homme de séparer ce que Dieu a uni et est toujours adultère celui ou celle qui du vivant de son conjoint passe à d’autres noces.
Le divorce est une prostitution légale, qui met l’homme et la femme en situation de commettre des péchés de luxure. La femme divorcée reste difficilement veuve d’un homme vivant, et veuve fidèle. L’homme divorcé ne reste jamais fidèle au premier mariage. Aussi bien l’un que l’autre, en passant à d’autres unions, descendent du niveau des hommes à celui des brutes, auxquelles il est permis de changer de femelle à tout appel des sens. La fornication légale, dangereuse pour la famille et la Patrie, est criminelle à l’égard des innocents. Les enfants des divorcés doivent juger leurs parents. Jugement sévère que celui des enfants! Les enfants doivent condamner au moins un des deux parents. Et les enfants, à cause de l’égoïsme des parents, sont condamnés à une vie affective mutilée. Que si ensuite, aux conséquences familiales du divorce, qui prive du père ou de la mère des enfants innocents, s’ajoute le nouveau mariage du conjoint auquel ont été confiés les enfants, à la condamnation d’une vie affective mutilée de l’un des deux membres, s’ajoute l’autre mutilation: celle de la perte, plus ou moins totale, de l’affection de l’autre membre, séparé, ou totalement absorbé, par le nouvel amour et les enfants du nouveau mariage.
Parler de noces, de mariage, dans le cas d’une nouvelle union d’un divorcé ou d’une divorcée, c’est profaner le sens et la chose de ce qu’est le mariage. Seule la mort de l’un des conjoints et le veuvage qui en résulte pour l’autre, peut justifier les secondes noces, bien que je juge qu’il serait meilleur de s’incliner devant le verdict toujours juste de Celui qui règle les destinées des hommes, et de se renfermer dans la chasteté quand la mort a mis fin à l’état matrimonial, en se consacrant tout entier aux enfants et en aimant dans ses enfants le conjoint passé à l’autre vie. C’est un amour dépouillé de toute matérialité, saint et vrai.
Pauvres enfants! Connaître après la mort ou l’écroulement du foyer, la dureté d’un second père ou d’une seconde mère et l’angoisse de voir les caresses partagées avec d’autres fils qui ne sont pas des frères!
531.14 – Non. Dans ma religion le divorce n’existera pas. Et adultère et pécheur sera celui qui contractera le divorce civil pour contracter une nouvelle union. La loi humaine ne changera pas mon décret. Le mariage, dans ma religion, ne sera plus un contrat civil, une promesse morale, faite et sanctionnée par la présence de témoins préposés pour la chose. Mais ce sera un indissoluble lien rivé, soudé, sanctifié par la puissance sanctifiante que je donnerai au contrat, devenu Sacrement. Pour te faire comprendre: rite sacré. Ce pouvoir aidera à pratiquer saintement tous les devoirs matrimoniaux, mais il sera aussi l’affirmation de l’indissolubilité du lien.
Jusqu’à présent, le mariage est un contrat réciproque naturel et moral entre deux personnes de sexe différent, À partir du moment où ma loi existera, il sera étendu à l’âme des conjoints. Il deviendra par conséquent aussi un contrat spirituel, sanctionné par Dieu par l’intermédiaire de ses ministres. Tu sais maintenant qu’il n’y a rien au-dessus de Dieu. Donc ce que Lui aura uni, aucune autorité, aucune loi ou caprice humain ne pourra le séparer.