531 – À Nobé, malades et pèlerins viennent de partout. Valéria et le divorce. La guérison du petit Lévi
15 novembre 1946
Le vendredi 15 novembre 1946.
531.1 – Jésus est au milieu de malades ou de pèlerins venus vers Lui de nombreux endroits de la Palestine.
Il y a jusqu’à un navigateur de Tyr qu’un accident de mer a rendu paralysé et qui raconte son infortune: la chute d’un fardeau provoquée par le roulis, et les lourdes marchandises lui sont tombées dessus et ont blessé son échine. Il n’est pas mort, mais c’est pour lui pire que la mort car, perdu comme il l’est, il oblige ses parents à laisser leur travail pour le soigner. Il dit qu’il est allé avec eux à Capharnaüm et puis à Nazareth et qu’il a su par Marie que Lui était en Judée et précisément à Jérusalem.
“Elle m’a donné les noms des amis qui pouvaient te loger, et un galiléen de Sephoris m’a dit que tu es ici. Et je suis venu. Je sais que tu ne méprises personne, pas même les samaritains. Et j’espère que tu m’exauceras. J’ai tant de foi.”
Sa femme ne parle pas, mais se tenant accroupie près du grabat sur lequel on a posé le malade, elle regarde Jésus avec des yeux plus suppliants que toute parole.
“Où as-tu été touché?”
“Au-dessous du cou. C’est justement là que j’ai eu le choc le plus fort et que j’ai entendu dans ma tête un bruit semblable à celui du bronze que l’on frappe. Ensuite il a fait place au continuel mugissement d’une mer en tempête et des lumières, des lumières de toutes couleurs se sont mises à danser devant moi… Puis je n’ai plus rien senti pendant plusieurs jours. Nous naviguions dans les eaux de Cintium et je me suis retrouvé à la maison, je ne sais comment. Et j’ai retrouvé le mugissement dans la tête et les lumières dans les yeux pendant des jours et des jours.
Puis cela a passé… mais les bras sont restés morts et de même les jambes. Un homme fini à quarante ans, et j’ai sept enfants, Seigneur.”
“Femme, soulève ton mari et découvre l’endroit qui a été frappé.”
La femme obéit sans parler. Par des mouvements adroits et maternels, aidée par celui qui est venu avec elle, je ne sais si c’est son frère ou son beau-frère, elle passe un bras sous les épaules de son mari alors que de l’autre main elle soutient la tête et avec la délicatesse avec laquelle on tournerait un nouveau-né, elle soulève le corps lourd de son siège. Une cicatrice encore rouge indique l’endroit du principal choc.
Jésus se penche. Tout le monde allonge le cou pour regarder. Jésus appuie la pointe des doigts sur la cicatrice en disant:
“Je veux!”
L’homme a une secousse comme si un courant électrique l’avait touché et pousse un cri:
“Quel feu!”
Jésus détache les doigts des vertèbres blessées et il dit:
“Lève-toi!”
L’homme ne se le fait pas dire deux fois. Appuyer sur son siège ses bras inertes depuis des mois, se secouer pour se dégager de ceux qui le soutiennent, jeter ses jambes en bas du brancard, et se mettre debout, c’est fait en beaucoup moins de temps que je n’en ai employé pour décrire les phases du miracle.
La femme crie, le parent crie, l’homme guéri lève les bras au ciel, rendu muet par la joie. Un instant de joie stupéfaite, puis il tourne sur lui-même, avec l’assurance de l’homme le plus agile, et il se trouve face à Jésus. Il retrouve alors sa voix et il crie:
“Sois béni Toi et Celui qui t’a envoyé! Je crois au Dieu d’Israël, et à Toi, son Messie”
Et il se jette à terre pour baiser les pieds de Jésus pendant que crient les gens.
531.2 – Puis ce sont les autres miracles sur des enfants, des femmes, des vieillards pour la plupart. Puis Jésus parle.
“Vous avez vu le miracle des os fracturés qui se raffermissent et des membres morts qui redeviennent vivants. Cela, c’est le Seigneur qui vous l’a accordé pour fortifier la foi chez ceux qui croient et la susciter chez ceux qui ne l’ont pas. Et le miracle a été accordé à des gens de tous les lieux, venus ici chercher la santé, poussés par la foi en mon pouvoir de guérison.
Il y a ici des juifs et des galiléens, des libanais et des syro-phéniciens, des habitants de la Batanée la Batanée, aujourd'hui Al-Bathaniya, est une plaine fertile au sud de la Syrie actuelle. Voir la carte de la Palestine historique. lointaine et des bords de la mer. Et tous sont venus, sans souci de la saison et de la longueur du parcours, et les parents les ont accompagnés sans murmurer, sans se plaindre des travaux restés en suspens ou des commerces abandonnés, car tout sacrifice était nul en comparaison de ce qu’ils allaient obtenir. Et comme sont tombés les égoïsmes et les incertitudes de l’homme, ainsi sont tombées les idées politiques ou religieuses qui constituaient une sorte de muraille empêchant de se considérer tous frères, tous égaux pour la vie et la souffrance, pour désirer et espérer la santé et le réconfort.