“Paix, paix, Ô Roi de justice et de paix! Paix, ô Adonaï grand et puissant, auquel le Père Lui-même ne résiste pas! Implore pour nous la paix, par ton Nom, ô Jésus, Sauveur et Messie, Rédempteur et Roi, et Dieu, trois fois saint!”
Et elle s’abat, secouée par des sanglots, le visage sur l’herbe.
525.15 - Les scribes entourent Jésus, en le tirant à part et ils éloignent toute autre personne par des regards et des paroles menaçantes, et l’un d’entre eux dit:
“Le moins que tu puisses faire, c’est de la guérir. Car, si tu veux vraiment dire qu’elle n’a pas de démon, tu ne peux nier qu’elle soit malade. Des femmes!… Et des femmes sacrifiées par le destin… Leur vitalité doit bien s’épancher quelque part.… et elles divaguent… et elles voient des choses irréelles… et surtout elles te voient, Toi qui es jeune et beau… et”
“Tais-toi, bouche de serpent! Toi-même, tu ne crois pas à ce que tu dis” décoche Jésus d’un air impérieux qui coupe la parole sur les lèvres du scribe maigre, au gros nez qui, au commencement, avait bafoué la femme comme fausse prophétesse.
“N’offensons pas le Maître. Nous l’avons choisi comme juge d’un cas que nous n’arrivions pas à juger…” dit un autre scribe.
C’est celui qui, allé à la rencontre de Jésus sur la route avec les autres, a dit à Jésus que tous les scribes ne Lui sont pas opposés, mais que certains l’observent aussi pour juger et avec une volonté sincère de le suivre s’ils le jugent Dieu.
“Mais tais-toi, Joël, dit Alamot, fils d’Abia Alamot(h) est une indication de chant qui désigne une voix haut perchée [1 Chroniques 15,20 | Psaume 45 (Hébreu 46) dans sa partie introductive souvent omise], qui est souvent traduite par voix de soprano, mais que le chanoine Osty traduit par « les jeunes filles ». Le scribe Joël, à l'aspect "d'avorton" était moqué de façon cruelle. ! Seul un avorton comme toi peut dire ces paroles” lui disent méchamment les autres.
Le scribe devient congestionné sous l’insulte, mais il se domine et répond avec dignité:
“Si la nature n’a pas favorisé ma personne, cela n’a pas amputé mon intelligence. Au contraire, en m’enlevant beaucoup de plaisirs, elle a fait de moi un homme sage, et si vous étiez saints, vous n’humilieriez pas l’homme, mais vous respecteriez le sage.”
“Bien! Parlons de ce qui nous préoccupe. Tu as le devoir de la guérir, Maître, car dans son délire, elle épouvante les gens et offense le sacerdoce, les pharisiens et nous.”
“Si elle vous avait loués, me demanderiez-vous de la guérir?” demande doucement Jésus.
“Non. Car cela servirait à rendre les gens respectueux envers nous, ce peuple capricieux qui nous hait en son cœur et nous méprise quand il le peut” répond un scribe sans s’apercevoir qu’il tombe dans un piège.
“Mais ne serait-elle pas encore une malade? N’aurais-je pas le devoir de la guérir?” demande encore doucement Jésus. Il semble un écolier qui demande à son maître ce qu’il doit faire. Et les scribes aveuglés par l’orgueil ne comprennent pas qu’ils sont en train de se trahir…
“En ce cas, non. Au contraire! La laisser, la laisser à son délire! Faire tout ce qui est possible pour que les gens la croient prophétesse. L’honorer! L’indiquer…”
“Mais, si c’était des choses qui ne seraient pas vraies?!…”
“Oh! Maître! Une fois enlevé ce qu’elle dit contre nous, le reste serait très utile pour relever la fierté d’Israël contre le romain, à rabaisser l’orgueil du peuple envers nous!”
“Mais on ne pourrait lui dire: “Parle ainsi, mais ne dis pas cela” dit fermement Jésus, “Et pourquoi?”
“Parce que celui qui délire parle sans savoir ce qu’il dit.”
“Oh! avec de l’argent et quelques menaces… on obtiendrait tout. On contrôlait aussi les prophètes…”
“Je ne suis pas au courant, en vérité…”
“Hé! c’est que tu ne sais pas lire entre les lignes et que tout n’a pas été laissé par écrit.”
“Mais l’esprit prophétique ne connaît pas d’influence extérieure, ô scribe. Il vient de Dieu et Dieu ne s’achète pas et on ne l’effraie pas” dit Jésus en changeant de ton. C’est le commencement de sa contre-attaque.
“Mais elle n’est pas une prophétesse.
525.16 - Ce n’est plus le temps des prophètes.”