“Ce n’est plus le temps des prophètes? Et pourquoi?”
“Parce que nous ne les méritons pas. Nous sommes trop corrompus.”
“Vraiment? Et c’est toi qui le dis? Toi qui tout à l’heure la jugeais digne de châtiment parce qu’elle disait la même chose?”
Le scribe reste désorienté. Un autre vient à son secours:
“Le temps des prophètes a fini avec Jean. Ils ne servent plus.”
“Et pourquoi donc?”
“Parce que tu es là pour dire la Loi et pour parler de Dieu.”
“Même au temps des prophètes, il y avait la Loi et la Sagesse parlait de Dieu, et pourtant eux aussi existaient.”
“Mais que prophétisaient-ils? Ta venue. Tu es venu. Ils ne servent plus.”
“Cent et cent fois, je me suis entendu demander par vous, par les prêtres et les pharisiens, si j’étais ou non le Christ, et parce que je l’affirmais j’ai été traité de blasphémateur et de fou et on a pris des pierres pour me les lancer. N’es-tu pas Sadoq, appelé le scribe d’or?” dit Jésus, en montrant le scribe au gros nez, qui a maltraité la femme après avoir essayé de la tromper.
“Je le suis, eh bien?”
“Eh bien, c’est toi, justement toi, qui as été le premier à Giscala comme au Temple, à commencer la violence contre Moi À Giscala, important foyer de formation rabbinique, Sadoq frappe Jésus d'une pierre à la main. (EMV 340.8). . Mais Moi, je te pardonne. Je te rappelle seulement que tu le faisais en disant que je ne pouvais être le Christ, alors que maintenant tu soutiens le contraire, Et je te rappelle aussi le défi que je t’ai fait à Cédés À Cédès, peu de temps après, aux scribes et pharisiens qui réclament un signe, Jésus parle du signe de Jonas et, à l'adresse de Sadoq, prédit que sa main transpercée sera un signe que Sadoq verra deux fois : l'une le réjouira (sa crucifixion) l'autre le terrorisera : sa condamnation au Ciel. (EMV 342.6/7). . D’ici peu tu verras s’en accomplir une partie. Quand la lune sera revenue à la phase où maintenant elle brille dans le ciel, je te donnerai la preuve, la première Lors de ce même épisode de Cédès, les scribes et pharisiens demandent à voir une "vraie" résurrection à partir d'un corps décomposé, il prédit que Sadoq le verra dans un mois (résurrection de Lazare). . L’autre tu l’auras quand le grain, qui maintenant dort en terre, agitera ses épis encore verts au vent de Nisan.
525.17 - Mais à ceux qui disent que les prophètes sont inutiles, je réponds: “Et qui pourra imposer des limites au Seigneur Très-Haut?” En vérité, en vérité je vous dis qu’il y aura toujours des prophètes tant qu’il y aura des hommes. Ce sont les flambeaux au milieu des ténèbres du monde. Ce sont les foyers au milieu de la glace du monde. C’est le son des trompettes qui réveillent les endormis. Ce sont les voix qui rappellent Dieu et ses vérités tombées dans l’oubli et négligées avec le temps, et qui portent à l’homme la voix directe de Dieu, en suscitant des frémissements d’émotion chez les oublieux, les apathiques fils de l’homme.
Ils auront d’autres noms, mais une pareille mission et un même sort d’humaine douleur et de joie surhumaine. Malheur s’il n’y avait pas ces esprits que le monde haïra et que Dieu suraimera! Malheur s’il n’y en avait pas pour souffrir et pardonner, aimer et travailler dans l’obéissance au Seigneur! Le monde périrait au milieu des ténèbres, du froid, d’une torpeur mortelle, d’une hébétude, d’une ignorance sauvage et abrutissante. Et pour cela, Dieu les suscitera et il y en aura toujours. Et qui pourra imposer à Dieu de ne pas le faire? Toi, Sadoq? ou toi? ou toi? En vérité je vous dis que même les esprits d’Abraham, de Jacob et de Moïse, d’Élie et d’Élisée, ne pourraient imposer à Dieu ces limites, et Dieu seul sait combien ils étaient saints et quelles lumières éternelles ils sont.”
“Alors, tu ne veux pas guérir la femme, ni non plus la condamner?”
“Non.”
“Et tu l’estimes prophétesse?”
“Inspirée, oui.”
“Tu es un démon comme elle. Partons. Il ne convient pas de perdre d’autre temps avec des démons” dit Sadoq, en bousculant le Christ, comme un faquin, pour l’écarter.
Un grand nombre le suivent. Certains restent, parmi eux celui qu’ils ont appelé Joël Alamot.
“Et vous ne les suivez pas?” demande Jésus en montrant ceux qui s’en vont.
“Non, Maître. Nous allons partir parce qu’il fait nuit, mais nous voulons te dire que nous croyons à ton jugement. Dieu peut tout, c’est vrai, et pour nous qui tombons dans des fautes nombreuses, Il peut susciter des esprits qui nous rappellent à la justice” dit l’un d’eux très âgé.
“Tu as bien parlé. Et l’humilité que tu montres est, aux yeux de Dieu, plus grande que ton savoir.”
“Alors souviens-toi de moi quand tu seras dans ton Royaume.”
“Oui, Jacob.”