“De quoi meurt ta maîtresse?”
“De… Elle devait avoir un enfant, mais il est mort dans son sein et son sang s’est corrompu. Elle délire comme une folle et elle doit mourir. On lui a ouvert les veines pour faire tomber la fièvre, mais le sang est complètement empoisonné, et elle doit mourir. On l’a descendue dans la citerne pour éteindre l’ardeur. Elle reste basse tant que la femme est dans l’eau glacée, puis elle est plus forte qu’avant, et elle tousse, elle tousse… et elle doit mourir.”
“Naturellement! Avec de pareils soins!” bougonne Matthieu entre ses dents.
“Depuis quand est-elle malade?”
514.7 - Le serviteur va répondre quand arrive en courant par la descente, le chef du manipule romain Le manipule est l'unité de base tactique de l'armée romaine. Il était composé de 200 hommes, soit deux centuries. Béthoron, à l'époque romaine, était une place forte importante. Ici ce terme est impropre puisque le gradé est un décurion. Il s'agit donc d'une ou deux décuries (10 soldats). . Il s’arrête devant Jésus.
“Salut! Tu es le Nazaréen?”
“Je le suis. Que veux-tu de Moi?”
Ceux qui suivent Jésus accourent, croyant je ne sais quoi…
“Un jour un de nos chevaux a heurté un enfant hébreu, et tu l’as guéri pour empêcher les hébreux de manifester contre nous Cf. EMV 115.1/2 : Cette guérison a valu à Jésus d'être chassé du Temple une première fois. . Maintenant les pierres hébraïques ont fait tomber un soldat et il gît avec la jambe fracturée. Je ne puis m’arrêter, je suis de service. Personne ne le veut dans le village. Il ne peut marcher, je ne puis le traîner avec sa jambe fracturée. Je sais que tu ne nous méprises pas, comme le font tous les hébreux…”
“Tu veux que je guérisse le soldat?”
“Oui, tu as guéri aussi le serviteur du Centurion Cf. EMV 177. et la petite fille de Valeria Cf. EMV 155.5. . Tu as sauvé Alexandre de la colère de tes compatriotes. Cela se sait, en haut lieu et en bas.”
“Allons trouver le soldat.”
“Et ma maîtresse?” demande le serviteur mécontent.
“Après.”
Et Jésus marche derrière le gradé qui dévore la route avec ses longues jambes musclées et dégagées de vêtements encombrants. Mais même en marchant ainsi devant tous, il trouve le moyen de dire quelques paroles à celui qui le suit immédiatement, et c’est Jésus, et il dit:
“J’ai été avec Alexandre autrefois. Lui te… Il parlait de Toi. Le hasard me met près de Toi en ce moment.”
“Le hasard? Pourquoi ne pas dire Dieu, le vrai Dieu?”
Le soldat se tait un moment et puis il dit, de façon que Jésus seul entende:
“Le vrai Dieu serait celui des hébreux… Mais Il ne se fait pas aimer. S’il est comme les hébreux! Ils n’ont pas pitié, même d’un blessé…”
“Le vrai Dieu est le Dieu des hébreux, comme des romains, des grecs, des arabes, des parthes, des scythes, des ibères, des gaulois, des celtes, des libyens, et des hyperboréens. Il n’y a qu’un Dieu! Mais beaucoup ne le connaissent pas, d’autres le connaissent mal.
S’ils le connaissaient bien, ils seraient comme des frères et il n’y aurait pas d’injustices, de haines, de calomnies, de vengeances, de luxure, de vols et d’homicides, d’adultères et de mensonges. Moi, je connais le vrai Dieu, et je suis venu pour le faire connaître.”
“On dit… Nous devons avoir toujours les oreilles à l’écoute pour rapporter aux centurions et eux au Proconsul. On dit que tu es Dieu. Est-ce vrai?”
Le soldat est très… préoccupé en le disant. Il regarde Jésus par dessous l’ombre de son casque et il semble presque effrayé.
“Je le suis.”
“Par Jupiter! Est-il donc vrai que les dieux descendent pour converser avec les hommes? Avoir fait le tour du monde derrière les enseignes, et venir ici, déjà vieux, pour trouver un dieu!”