“Je l’ai dit et eux m’ont entendu. Le disciple de ce Jésus m’a dit hier: “Viens et je te ferai guérir”. Et je suis venu, et j’ai senti qu’on me mettait de la boue ici et une voix qui me disait d’aller à Siloé et de me laver. Je l’ai fait et j’y vois.”
“Mais sais-tu qui t’a guéri?”
“Bien sûr que je le sais! Jésus. Je vous l’ai dit.”
“Mais sais-tu exactement qui est Jésus?”
“Moi, je ne sais rien. Je suis un pauvre et un ignorant, et il y a peu de temps, j’étais aveugle. Cela, je le sais et je sais que Lui m’a guéri et s’il a pu le faire Dieu est certainement avec Lui.”
“Ne blasphème pas! Dieu ne peut être avec celui qui n’observe pas le sabbat” crient certains.
Mais Joseph et les pharisiens Eléazar, Jean et Joachim font remarquer: “Et pourtant un pécheur ne peut faire de tels prodiges.”
“Vous êtes séduits vous aussi par ce possédé?”
“Non. Nous sommes justes, et nous disons que si Dieu ne peut être avec celui qui opère le jour du sabbat, il n’est pas possible non plus qu’un homme sans l’aide de Dieu fasse qu’un aveugle-né y voie” dit avec calme Eléazar, et les autres sont de son avis.
“Et le démon, où le mettez-vous?” crient, hargneux, les mauvais.
“Je ne puis croire, et vous non plus ne le croyez pas, que le démon puisse faire des œuvres capables de faire louer le Seigneur” dit le pharisien Jean.
“Et qui le loue?”
“Le jeune homme, ses parents, Ophel tout entier, et moi avec eux, et avec moi tous ceux qui sont justes et ont une crainte sainte de Dieu” réplique Joseph.
Les mauvais, tout penauds, ne sachant qu’objecter, s’en prennent à Sidonia dit Bartolmaï: “Toi, que dis-tu de celui qui t’a ouvert les yeux?”
“Pour moi, c’est un prophète, et plus grand qu’Élie avec le fils de la veuve de Sarepta 1 Rois 17,17. . Car Élie a fait revenir l’âme dans l’enfant, mais ce Jésus m’a donné ce que je n’avais jamais perdu, ne l’ayant jamais eu: la vue. Et si, en un éclair, il m’a fait des yeux avec rien, sauf un peu de boue, alors qu’en neuf mois ma mère, avec sa chair et son sang n’a pas réussi à me les faire, il doit être grand comme Dieu qui avec de la boue a fait l’homme.”
“Va-t’en! Va-t’en! Blasphémateur! Menteur! Vendu!” et ils chassent l’homme comme si c’était un damné.
510.11 - “L’homme ment. Ce ne peut être vrai. Tous peuvent le dire que celui qui est aveugle de naissance ne peut guérir. C’est peut-être quelqu’un qui ressemble à Bartolmaï, et que le Nazaréen a préparé… ou bien… Bartolmaï n’a jamais été aveugle.”
Devant cette affirmation surprenante, Joseph d’Arimathie réplique:
“Que la haine aveugle, on le sait depuis le temps de Caïn Genèse 4,6-8. , mais qu’elle rende stupide, on ne le savait pas encore. Vous semble-t-il que quelqu’un arrive au plein développement de la jeunesse en feignant d’être aveugle pour… attendre un présumable événement éclatant et très éloigné? Ou que les parents de Bartolmaï ne connaissent pas leur fils ou se prêtent à ce mensonge?”
“L’argent peut tout, et eux sont pauvres.”
“Le Nazaréen l’est plus qu’eux.”
“Tu mens! Il Lui passe par les mains des sommes de satrape.”
“Mais elles ne s’y arrêtent pas un instant. Ces sommes appartiennent aux pauvres. Elles servent pour le bien, non pour le mensonge.”
“Comme tu le défends! Et tu es un des Anciens!”
“Joseph a raison. Il faut dire la vérité, quelle que soit la charge que l’homme occupe” dit Eléazar.