“Ah! maintenant, je comprends! Il fait bien alors de le tenir caché.”
“Mais il a été circoncis, cependant…”
“Peu importe. Tu sais… Jean d’En-Dor l’était aussi… Mais il fut une cause de réprobation. Joseph, galiléen par surcroît, pourrait avoir des ennuis malgré la circoncision. Il y a tant d’orphelins aussi en Israël… Il est certain qu’avec ce nom… et cet aspect…”
“Comme vous êtes tous “Israël”, même les meilleurs! Comme aussi, en faisant le bien, vous ne comprenez pas et ne savez pas être parfaits! Vous ne comprenez pas encore que Unique est le Père des Cieux, et que toute créature est sa fille? Vous ne comprenez pas encore que l’homme ne peut avoir qu’une unique récompense ou un unique châtiment, et qui soit vraiment récompense ou châtiment? Pourquoi vous rendre esclave de la peur des hommes? Mais c’est le fruit de la corruption de la Loi divine, tellement travaillée, tellement accablée par des réglementations humaines, au point de rendre fermée et obscure même la pensée du juste qui la pratique. Dans la Loi mosaïque, et par conséquent divine, dans celle pré-mosaïque, et uniquement morale, ou venue par inspiration céleste, est-il dit par hasard que celui qui n’appartenait pas à Israël ne pouvait pas y entrer pour en faire partie?
Ne lit-on pas dans la Genèse: “Au bout de huit jours, que parmi vous tout enfant mâle soit circoncis, aussi bien celui qui est né dans la maison que celui que l’on a acheté, même s’il n’est pas de votre race”! Genèse 17,12. Cela avait été dit.
Tout ce que l’on a ajouté vient de vous. Je l’ai dit à Joseph, et je vous le dis à vous. Bientôt l’ancienne circoncision n’aura plus beaucoup d’importance. Une nouvelle, et qui sera plus vraie, et sur une partie plus noble viendra la remplacer. Mais tant que dure la première et que vous, par fidélité au Seigneur, la faites subir au mâle qui est né de vous, ou que vous avez adopté, ne rougissez pas de l’avoir fait sur la chair d’une autre race. La chair appartient au tombeau, l’âme appartient à Dieu. On circoncit la chair, dans l’impossibilité de circoncire ce qui est spirituel. Mais c’est sur l’esprit que resplendit le signe saint. Et l’esprit appartient au Père de tous les hommes. Méditez cela.”
509.9 – Un silence, puis Joseph d’Arimathie se lève et dit:
“je m’en vais, Maître. Tu viens demain chez moi.”
“Non, il vaut mieux que je n’y vienne pas.”
“Alors chez moi, dans la maison sur le chemin de l’Oliveraie pour Béthanie. Il y a la paix, et…”
“Non plus. J’irai à l’Oliveraie, pour prier… Mais mon esprit cherche la solitude. Veuillez m’excuser.”
“Comme tu veux, Maître. Et… ne va pas au Temple. La paix à Toi.”
“La paix à vous.”
Les deux s’en vont…
“Je voudrais savoir où est allé Judas!” s’écrie Jacques de Zébédée. “Je dirais chez les pauvres, mais la bourse est ici!”
“Ne vous en occupez pas… Il va venir…”
Marie de Joseph rentre avec deux lampes car la lumière ne traverse plus la plaque épaisse de mica qui sert de lucarne dans la pièce, et les deux garçons rentrent.
“Je suis content de te laisser avec quelqu’un qui a presque mon nom. Ainsi quand tu l’appelleras, tu penseras à moi” dit Marziam.
Jésus l’attire à Lui.
À son tour rentre Judas auquel la servante a ouvert. Hardi, souriant, décidé!
“Maître, j’ai voulu voir… La tempête est apaisée. Et j’ai accompagné les femmes… Comme elle est peureuse cette jeune fille! Je ne t’ai rien dit car tu me l’aurais empêché, et moi, je voulais voir s’il y avait du danger pour Toi. Mais personne n’y pense plus. Le sabbat rend les chemins déserts.”
“C’est bien. Maintenant nous restons en paix ici et demain…”
“Tu ne voudrais pas déjà aller au Temple!” crient les apôtres.
“Non. À notre synagogue, en bons galiléens fidèles.”