“Oui, Maître. Le lendemain du sabbat. Le maître m’y envoie.”
“Tu as de la place sur le char?”
“Je suis seul, Maître.”
“Alors, tu prendras avec toi Marziam et Isaac. Toi, Isaac, tu sais ce que tu dois faire. Et toi aussi, Marziam…”
“Oui, Maître” répondent les deux, Isaac avec son doux sourire, Marziam avec des lèvres tremblantes et des pleurs dans sa voix.
Jésus le caresse et Marziam, oubliant toute retenue, s’abandonne sur sa poitrine en disant:
“Te quitter… maintenant que tous te persécutent!… Oh! Mon Maître! Je ne te verrai plus jamais!… Tu as été tout mon Bien. J’ai tout trouvé en Toi!… Pourquoi me renvoies-tu? Laisse-moi mourir avec Toi! Que veux-tu que m’importe désormais la vie, si je ne t’ai pas, Toi?”
“Je te dis à toi ce que j’ai dit à Nikê: l’obéissance est amour.”
509.7 – “Je pars! Bénis-moi, Jésus!”
Jonathas s’en va avec Manahen, Nikê et les trois autres femmes. Les autres disciples aussi s’en vont par petits groupes.
C’est seulement quand la pièce, qui auparavant était comble, se vide presque, que l’on remarque que Judas n’est pas là. Plusieurs s’en étonnent car il était là peu avant et n’a reçu aucun ordre.
“Il est allé peut-être faire des achats pour nous” dit Jésus pour empêcher tout commentaire.
Puis il continue de parler avec Joseph d’Arimathie et Nicodème, les seuls qui soient restés en plus des onze apôtres et de Marziam qui se tient près de Jésus avec l’avidité d’en jouir dans ces dernières heures. Et Jésus se trouve ainsi entre le jeune Marziam et l’enfant Martial, bruns, maigrichons, pareillement malheureux dans leur enfance et pareillement recueillis au nom de Jésus par deux bons Israélites.
Joseph de Séphoris et sa femme se sont prudemment éclipsés pour laisser au Maître sa liberté.
509.8 – Nicodème demande:
“Mais qui est cet enfant?”
“C’est Martial. Un enfant que Joseph a adopté.”
“Je ne le savais pas.”
“Personne, ou presque personne, ne le sait.”
“Très humble, cet homme. Un autre aurait mis son action en vedette” observe Joseph.
“Tu le crois?… Va, Martial. Fais visiter à Marziam la maison…” dit Jésus.
Et quand les deux sont partis, il recommence à parler:
“Tu es dans l’erreur, Joseph. Comme il est difficile de juger avec justice!”
“Mais, Seigneur! Recueillir un orphelin, car c’est certainement un orphelin, et ne pas s’en vanter, c’est sûrement de l’humilité.”
“L’enfant, son nom l’indique, n’est pas d’Israël…”