“Celles de la Rédemption du monde, de la formation du Royaume de Dieu. Mon Royaume n’est pas de ce monde. Cf. Jean 18,36 : C'est ce que dira Jésus devant Pilate lors de son procès. Reprenez vos ressources et vos armes. Ouvrez vos yeux et vos esprits pour lire les Écritures et les Prophètes et pour accueillir ma Vérité, et vous aurez le Royaume de Dieu en vous.”
“Non. Les Écritures parlent d’un Roi libérateur.”
“De l’esclavage de Satan, du péché, de l’erreur, de la chair, du gentilisme Genilisme = paganisme. Les "gentils" (du latin gentiles, les nations) étaient les peuples étrangers au peuple juif. En hébreu, goïm au pluriel et goï au dingulier. , de l’idolâtrie.
464.11 – Ah! que vous a fait Satan, ô hébreux, peuple sage, pour vous faire tromper sur les vérités prophétiques? Que vous fait-il, ô hébreux, mes frères, pour vous rendre si aveugles? Que, que vous fait-il, ô mes disciples, pour que vous aussi vous ne compreniez plus?
Le plus grand malheur d’un peuple et d’un croyant c’est de tomber dans une fausse interprétation des signes, et ici se produit ce malheur. Des intérêts personnels, des préjugés, des exaltations, un amour mal compris de la patrie, tout sert à créer l’abîme… L’abîme de l’erreur dans lequel un peuple périra en méconnaissant son Roi.”
“C’est Toi qui te méconnais.”
“C’est vous qui vous méconnaissez, et me méconnaissez. Je ne suis pas un roi humain. Et vous… vous, les trois quarts de vous rassemblés ici, vous le savez et vous voulez mon malheur et non mon bien. Vous le faites par rancœur, non par amour. Je vous pardonne. Je dis à ceux qui ont le cœur droit: “Revenez à vous, ne soyez pas les serviteurs inconscients du mal”. Laissez-moi aller. Il n’y a pas autre chose à dire.”
Un silence plein de stupeur…
Eléazar dit:
“Je ne suis pas ton ennemi. Je croyais bien faire, et je ne suis pas le seul… De bons amis pensent comme moi.”
“Je le sais. Mais dis-moi, toi, et sois sincère: que dit Gamaliel?”
“Le rabbi?… Il dit… Oui, il dit: “Le Très-Haut donnera un signe si lui est son Christ”.
“Il a raison. Et Joseph l’Ancien?”
“Que tu es le Fils de Dieu et que tu régneras en Dieu.”
“Joseph est un juste. Et Lazare de Béthanie?”
“Il souffre… Il parle peu… Mais il dit… que tu régneras seulement quand nos esprits t’accueilleront.”
“Lazare est sage. Quand vos esprits m’accueilleront. Pour le moment, vous, même ceux que je croyais des esprits accueillants, vous n’accueillez pas le Roi et le Royaume, et c’est cela qui fait ma douleur.”
464.12 – “En somme, tu refuses?” crient-ils en grand nombre.
“Vous l’avez dit.”
“Tu nous as fait nous compromettre, tu nous fais du tort, tu…” crient d’autres: hérodiens, scribes, pharisiens, sadducéens, prêtres…
Jésus quitte la table et il va vers ce groupe, les yeux flamboyants. Quel regard! Eux, involontairement, se taisent, se serrent contre le mur… Jésus va vraiment visage contre visage, et il dit, doucement, mais d’une manière incisive qui tranche comme un coup de sabre:
“Il est dit: “Malheur à celui qui frappe en cachette son prochain et accepte des cadeaux pour condamner à mort un innocent”. Moi, je vous dis: je vous pardonne, mais votre péché est connu du Fils de l’homme. Si je ne vous pardonnais pas, Moi… Pour bien moins, Jéhovah a réduit en cendres plusieurs israélites.” Mais il est tellement terrible en le disant, que personne n’ose bouger, et Jésus relève le lourd double rideau et sort dans l’atrium sans que personne n’ose faire un geste.
Ce n’est que lorsque le rideau cesse de remuer, c’est-à-dire après quelques minutes, qu’ils se remettent.
“Il faut le rejoindre… Il faut le retenir…” disent les plus acharnés.
“Il faut se faire pardonner” soupirent les meilleurs, c’est-à-dire Manahen, Timon, des prosélytes, l’homme de Bozra, en somme ceux qui ont le cœur droit.