464 – Dans la maison de campagne de Kouza, la tentative d’élection de Jésus comme roi. Le témoignage du Bien-Aimé

30 juillet 1946

Vision du mardi 30 juillet 1946.

464.1 – Sur l’autre rive, au sortir d’un pont, déjà attend un char couvert.

“Monte, Maître. Tu ne te fatigueras pas, malgré la longueur du trajet, pas tellement à cause de la durée du parcours que parce que j’ai commandé de tenir toujours ici tout prêts des paires de bœufs pour ne pas porter ombrage aux hôtes plus respectueux de la Loi… Il faut les plaindre…”

“Mais où sont-ils?”

“Ils nous ont précédés sur d’autres chars. Tobit!”

“Maître?” dit le conducteur qui est en train d’atteler les bœufs au joug.

“Les autres hôtes, où sont-ils?”

“Oh! très en avant. Ils vont arriver à la maison.”

“Tu l’entends, Maître?”

“Mais si je n’étais pas venu?”

“Oh! Nous étions certains que tu serais venu. Pourquoi n’aurais-tu pas dû venir?”

“Pourquoi!! Kouza, je suis venu pour te montrer que je ne suis pas un lâche.

Il n’y a de lâches que les mauvais, ceux qui ont des fautes qui leur font craindre la justice… La justice des hommes, malheureusement, alors qu’ils devraient craindre d’abord, uniquement, celle de Dieu. Mais Moi, je n’ai pas de fautes et je n’ai pas peur des hommes.”

“Mais Seigneur! Ceux qui sont avec moi ont tous de la vénération pour Toi! Comme moi. Et nous ne devons absolument pas te faire peur! Nous voulons te faire honneur, non t’insulter!”

Kouza est affligé et presque indigné.

Jésus, assis en face de lui, alors que le char avance lentement, tout en grinçant, parmi les vertes campagnes, répond:

“Plus que la guerre ouverte des ennemis, je dois craindre la guerre sournoise des faux amis, ou le zèle injuste des vrais amis, mais qui ne m’ont pas encore compris, et tu es de ceux-là. Ne te rappelles-tu pas ce que j’ai dit à Béther?”

“Moi, je t’ai compris, Seigneur” murmure Kouza, mais pas très sûr de lui et sans répondre directement à la question.

“Oui, tu m’as compris. Sous le coup de la douleur et de la joie ton cœur est devenu limpide, comme après un orage et un arc-en-ciel est limpide l’horizon. Et tu voyais juste. Puis… Tourne-toi, Kouza, pour regarder notre Mer de Galilée. Elle paraissait si limpide à l’aurore! Pendant la nuit, la rosée avait purifié l’atmosphère et la fraîcheur nocturne avait ralenti l’évaporation des eaux. Le ciel et le lac étaient deux miroirs de pur saphir qui se renvoyaient mutuellement leurs beautés.

Les collines, tout autour, étaient fraîches et pures comme si Dieu les avait créées pendant la nuit. Maintenant, regarde. La poussière des routes de la côte, parcourues par des gens et des animaux, l’ardeur du soleil qui fait fumer les bois et les jardins comme des chaudières sur un foyer et qui incendie le lac en en faisant évaporer l’eau, regarde comme tout cela a terni l’horizon. Auparavant les bords paraissaient tout proches, limpides comme ils l’étaient dans la grande limpidité de l’air; maintenant, regarde… Ils semblent trembler offusqués brouillés, semblables à des objets que l’on voit à travers un voile d’eau impure. C’est ce qui est arrivé pour toi. La poussière: l’humanité; le soleil: l’orgueil. Kouza, ne trouble pas ton moi…”

Kouza baisse la tête, jouant machinalement avec les ornements de son vêtement et la boucle de sa riche ceinture qui soutient son épée.

Jésus se tait, en restant les yeux presque fermés comme s’il avait sommeil. Kouza respecte son sommeil ou ce qu’il prend pour tel.

464.2 – Le char avance lentement en direction sud-est, vers de légères ondulations qui sont, du moins je le crois, le premier échelon du haut plateau qui borde la vallée du Jourdain de ce côté oriental. Certainement à cause de la richesse des eaux souterraines ou de quelques cours d’eau, les campagnes sont très fertiles et belles; des grappes et des fruits apparaissent au milieu du feuillage.