“Non. Vous n’aimez que vous-mêmes, c’est vrai, et vous ne pouvez m’aimer. Je vous servirais de levier pour renverser le trône, pour ouvrir le chemin à un pouvoir plus puissant et pour faire supporter au peuple une oppression plus mauvaise. Une tromperie pour Moi, pour le peuple, et pour vous-mêmes. Quand vous auriez anéanti le roi, Rome vous anéantirait tous.”
“Seigneur, dans les colonies de la Diaspora, il y a des hommes prêts à s’insurger… Nous les soutenons de nos ressources” disent les prosélytes.
“Et des miennes, et tout l’appui de l’Auranitide et de la Trachonitide” crie l’homme de Bozra. “Je sais ce que je dis. Nos montagnes peuvent nourrir une armée, et à l’abri des embûches, pour les lancer comme un vol d’aigles à ton service.”
“La Pérée aussi.”
“La Gaulanitide aussi.”
“La vallée de Gahas avec Toi!”
“Et avec Toi les rives de la Mer Salée avec les nomades qui nous croient des dieux, si tu consens à t’unir à nous” crie l’essénien et il continue en un verbiage d’exalté qui se perd dans le bruit.
“Les montagnards de la Judée sont de la race des rois courageux.”
“Et ceux de la Haute Galilée sont des héros de la trempe de Déborah. Même les femmes, même les enfants sont des héros!”
“Tu nous crois peu nombreux? Nous sommes des troupes nombreuses. Le peuple est tout entier avec Toi. Tu es le roi de la race de David, le Messie! C’est le cri sur les lèvres des sages et des ignorants, parce que c’est le cri des cœurs. Tes miracles… tes paroles… Les signes…” C’est une confusion que je ne réussis pas à suivre.
Jésus, comme un rocher bien ferme enveloppé par un tourbillon, ne bouge pas, ne réagit même pas. Il est impassible. Et la ronde des prières, des supplications, des raisons, continue.
“Tu nous déçois! Pourquoi veux-tu notre ruine? Tu veux n’agir que par Toi-même? Tu ne peux. Matthatias Maccabée ne refusa pas l’aide des Assidéens Hasidim (dévôts) : secte fermement attachée à la Loi en réaction à l'hellénisation imposée par les Ptolémée. Les hasidim donneront naissance aux pharisiens et aux esséniens. et Judas libéra Israël avec leur aide… Accepte!!!”
De temps à autre, les cris s’unissent sur ce mot, mais Jésus ne cède pas.
464.10 – Un des Anciens, très âgé, parlote avec un prêtre et un scribe plus âgés que lui. Ils viennent en avant. Ils imposent le silence. C’est le vieux scribe qui parle, après avoir appelé aussi à lui Eléazar et les deux scribes Jean:
“Seigneur, pourquoi ne veux-tu pas ceindre la couronne d’Israël?”
“Parce qu’elle ne m’appartient pas. Je ne suis pas fils d’un prince hébreu.”
“Seigneur, peut-être tu ne le sais pas. Eux deux et moi-même, nous fûmes appelés un jour parce que trois Sages étaient venus pour demander où était Celui qui était né roi des hébreux. Cf. Matthieu 2,1-6 : Hérode le grand à cette occasion monte le complot qui aboutira au massacre des innocents (300 enfants environ) Comprends-tu? “Né roi”. On nous réunit, nous les princes des prêtres et des scribes du peuple sur l’ordre d’Hérode le Grand pour répondre à la question. Et avec nous, il y avait Hillel le Juste. Notre réponse fut: “à Bethléem de Juda”. Toi, nous le savons, c’est là que tu es né et de grands signes accompagnèrent ta naissance. Parmi tes disciples, il y a des témoins. Peux-tu nier que tu as été adoré comme Roi par les trois Sages?”
“Je ne le nie pas.”
“Peux-tu nier que le miracle te précède, t’accompagne et te suit comme signe du Ciel?”
“Je ne le nie pas.”
“Peux-tu nier que tu es le Messie promis?”
“Je ne le nie pas.”
“Et alors, au nom du Dieu vivant, pourquoi veux-tu tromper les espérances d’un peuple?”
“Je viens pour accomplir les espérances de Dieu.”
“Lesquelles?”