Parmi eux aussi, de tes disciples. Viens, je t’en prie, dans ma maison, au-delà du Jourdain Dans la région de Gadara, en Décapole. .”

“C’est inutile, Kouza. Je sais ce que tu veux me dire.”

“Viens, Seigneur.”

“Des malades et des pécheurs m’attendent. Laisse-moi…”

“Nous aussi nous t’attendons, malades d’angoisse pour ton bien. Et il y a aussi des gens qui souffrent dans leur chair, même…”

“Tu as entendu mes paroles? Pourquoi donc insistes-tu?”

“Seigneur, ne nous repousse pas, nous…”

463.8 - Une femme s’est frayé un passage dans la foule. Je suis maintenant suffisamment au courant des vêtements des hébreux pour comprendre qu’elle ne l’est pas, et que ses vêtements ne sont pas ceux d’une femme honnête. Mais pour voiler ses traits et ses grâces, peut-être trop provocantes, elle a mis un long voile qui l’enveloppe toute entière, bleu clair comme son ample vêtement et pourtant provocant à cause de sa forme qui laisse découverts ses bras très beaux. Elle se jette à terre et rampe dans la poussière jusqu’à ce qu’elle arrive à toucher le vêtement de Jésus qu’elle prend entre ses doigts et dont elle baise la frange. Elle pleure et éclate en sanglots.

Jésus, qui était sur le point de répondre à Kouza: “Vous êtes dans l’erreur et…”, abaisse les yeux et il dit:

“Était-ce toi qui m’appelais?”

“Oui… et je ne suis pas digne de la grâce que tu m’as faite. Je n’aurais pas dû même t’appeler avec mon esprit. Mais ta parole… Seigneur… je suis une pécheresse. Si je découvrais mon visage, plusieurs te diraient mon nom. Je suis… une courtisane… et une infanticide… et le vice m’avait rendue malade… J’étais à Emmaüs, je t’ai donné un bijou… tu me l’as rendu… et un de tes regards… m’est descendu dans le cœur… Je t’ai suivi… Tu as parlé. J’ai en moi tes paroles: “Je suis fange, mais j’aspire vers Toi, Lumière”. J’ai dit: “Guéris mon âme et après, si tu le veux, ma chair”. Seigneur, ma chair est guérie… et mon âme?”

“Ton âme est guérie à cause de ton repentir. Va et ne pèche jamais plus. Tes péchés te sont remis.”

La femme baise de nouveau le bord du vêtement et elle se relève. En le faisant, son voile glisse.

“La Galazia! La Galazia!” crient plusieurs.

Et ils l’injurient, prennent du gravier et du sable et en jettent sur la femme qui se penche et reste apeurée.

463.9 - Jésus, le regard sévère, lève la main. Il impose le silence.

“Pourquoi l’insultez-vous? Vous ne le faisiez pas quand elle était pécheresse. Pourquoi maintenant qu’elle se rachète?”

“Elle le fait parce qu’elle est vieille et malade” crient plusieurs avec mépris.

En réalité la femme, bien qu’elle ne soit plus très jeune, est encore bien loin d’être vieillie et laide comme ils le disent. Mais la foule est ainsi.

“Passe devant Moi, et descend dans cette barque. Je t’accompagnerai à la maison par une autre route” ordonne Jésus.

Et il dit aux siens:

“Mettez-la au milieu de vous et accompagnez-la.”

Mais la colère de la foule, excitée par quelque Israélite intransigeant, se retourne tout entière contre Jésus et ils disent en criant:

“Anathème! Faux Christ! Protecteur des prostituées! Qui les protège les approuve. Bien plus! Il les approuve parce qu’il en jouit” et d’autres phrases du même genre que les gens crient ou plutôt aboient.

Elles viennent surtout d’un petit groupe d’énergumènes Israélites, je ne sais pas de quelle caste, et tout en criant ils lancent des poignées de sable humide qui atteignent le visage de Jésus avec violence.