Et certainement il pense: “et pour que je les lorgne.” Mais, en levant les yeux pour suivre les mains du Maître, qui déroulent la troisième et dernière feuille, il voit briller une larme suspendue dans les cils blonds de Jésus.

“Maître?! Tu pleures?! Pourquoi, mon Maître?”

Et il le serre contre lui en le prenant à la taille avec son bras musclé et court.

“Jean est mort…”

“Oh! le pauvre! Quand?”

“Aux premières chaleurs… et en nous désirant tellement…”

“Oh! pauvre Jean!… Mais déjà… il était à bout!… Et la douleur de la séparation… Tout cela à cause des serpents! Si je savais leurs noms!… Lis tout haut, Seigneur. Jean, moi je l’aimais bien!”

“Plus tard. Plus tard, je lirai. Tais-toi maintenant.”

Jésus lit attentivement… Pierre se dresse encore plus pourvoir… La lecture est finie. Jésus replie la feuille et il dit:

“Appelle ma Mère.’

“Tu ne lis pas?”

“J’attends les autres… Entre-temps, je vais congédier cet homme.”

461.11 - Et pendant que Pierre va à la maison où les femmes disciples sont avec Jeanne, Jésus va trouver le grec:

“Quand pars-tu?”

“Oh! Je dois aller à Césarée chez le Proconsul et puis à Joppé après avoir acheté des marchandises. Je partirai d’ici un mois, assez tôt pour éviter les tempêtes de novembre. Je partirai par mer. As-tu besoin de moi?”

“Oui, pour répondre. La grecque dit que je puis me fier à toi.”

“On dit que nous sommes faux, mais nous sommes capables aussi de ne pas l’être. Fie-toi à moi. Tu peux préparer l’écrit et me chercher pour les Tabernacles chez Cléante. C’est lui qui me fournit le fromage de Judée pour les tables des romains. Troisième maison après la fontaine du village de Bethphagé. Tu ne peux te tromper.”

“Toi aussi tu ne peux te tromper si tu suis la route où tu as mis le pied. Adieu, homme. La civilisation grecque t’amène à la chrétienne.”

“Tu ne me reproches pas de haïr?”

“Te rends-tu compte que je devrais le faire?”

“Oui, parce que tu réprouves la haine comme une passion indigne et que tu as horreur de la vengeance.”

“Et toi, qu’en penses-tu?”

“Que celui qui ne hait pas et pardonne, est plus grand que Zeus.”

“Atteins alors cette grandeur… Adieu, homme. Que ta famille aime Syntica et, dans l’exil où vous êtes, prenez les chemins de la Patrie immortelle: le Ciel. Celui qui croit en Moi et met en pratique mes paroles aura cette Patrie. Que la Lumière t’éclaire. Va en paix.”

L’homme salue et s’éloigne. Puis il s’arrête, revient en arrière, demande: