“C’est ainsi que vous ferez dans l’avenir; en voyant dans toutes les créatures des âmes fraternelles, vous serez hospitalières, surnaturellement hospitalières, en vous considérant comme des pèlerines vous qui accueillez et comme pèlerins ceux que vous accueillez. Vous les aiderez, les restaurerez, les conseillerez, et puis vous laisserez vos frères partir vers leurs destins, sans les retenir par un amour jaloux, avec l’assurance qu’au-delà de la mort vous vous retrouverez avec eux.
Les persécutions viendront et beaucoup vous quitteront pour aller au martyre. Ne soyez pas lâches et ne conseillez pas la lâcheté. Restez en prière dans les maisons vides pour soutenir le courage des martyrs, sereines pour fortifier les plus faibles, fortes pour être prêtes à imiter les héros. Habituez-vous au détachement, à l’héroïsme, à l’apostolat de la charité fraternelle dès maintenant…” Et nous, nous le faisons: En souffrant… c’est certain! Nous sommes des créatures de chair… Mais l’esprit jouit d’une joie spirituelle de faire la volonté du Seigneur et de coopérer à sa gloire. D’ailleurs… je suis la Mère de tous… et je ne dois pas l’être d’un seul. Je ne le suis pas même exclusivement de Jésus… Tu vois comme je le laisse aller sans le retenir… Je voudrais être avec Lui, cela, oui. Mais Lui juge que je dois rester ici jusqu’à ce qu’il me dise: “Viens”. Et je reste. Ses séjours ici? Mes joies de mère. Mes pérégrinations avec Lui? Mes joies de disciple. Mes solitudes ici? Mes joies de fidèle qui fait la volonté de son Seigneur. ”
“Ce Seigneur est ton Fils, Marie…”
“Oui, mais il est toujours mon Seigneur…
441.5 - Tu restes avec moi, Marie?”
“Oui, si tu me laisses ici… Elle est si triste ma maison dans les premières heures que mes fils l’ont quittée!… Demain c’est déjà autre chose… Et puis, cette fois, je pleurerais encore davantage…”
“Pourquoi, Marie?”
“Parce que c’est depuis hier que je me fonds en larmes… Je suis une citerne… une citerne en temps de pluie.”
“Mais pourquoi, chérie?”
“À cause de Joseph… hier Voir EMV 440.7 : Il désapprouve l'attitude de Jésus, son cousin. … Oh! je ne sais pas si je dois aller et lui faire des reproches amers, car enfin c’est mon fils, car ce sein l’a porté et ces mamelles l’ont allaité, et il n’y a pas d’enfant qui soit supérieur à une mère, ou bien si je ne dois jamais plus lui parler, jamais plus à ce bâtard qui est né de moi et qui offense mon Jésus et toi et…”
“Tu ne feras rien de cela. Tu seras toujours pour lui la “mère”. La mère qui a pitié de son fils obstiné, malade, dévoyé, et l’apprivoise par la bonté et l’amène à Dieu par la prière et la patience…
Allons, ne pleure pas!… Viens plutôt avec moi. Nous prierons dans ma pièce pour lui, pour ceux qui s’en vont, pour la fillette, pour qu’elle souffre peu et grandisse en sainteté… Viens, viens, ma Marie.”
Et elle l’emmène avec elle…
441.6 - Pendant ce temps, les pèlerins suivent leur chemin vers le sud-ouest Bethléem de Galilée est à l'ouest, nord-ouest. Ils descendant donc vers la plaine d'Esdrelon. La même route qu'en EMV 239.3 et qu'en EMV 247. . Les femmes sont en avant sur leurs ânes qui, bien nourris et bien reposés, trottent allégrement obligeant Marziam et Abel, qui par prudence restent aux côtés d’Aurea en selle pour la première fois, à aller presque au pas de course. Et si la chose est fatigante, elle sert à distraire la fillette de la peine que lui donne la séparation d’avec Marie.
De temps en temps, pour permettre aux deux jeunes de souffler, Myrta arrête sa monture et fait une pause. Elle ne se remet en mouvement que quand elles sont rejointes par le groupe apostolique. Pendant les haltes, n’étant plus distraite par les péripéties de l’équitation, Aurea redevient triste…
Marziam, instruit par l’expérience de ses traverses d’orphelin recueilli par charité par une mère adoptive après avoir connu Marie, la console. Il lui dit comment ensuite il s’est affectionné à sa mère adoptive “absolument comme si elle avait été notre maman”, et il raconte ses impressions, et il raconte comment Marie et Mathias sont heureux chez Jeanne et Anastasica chez Elise.
Aurea écoute ces récits et Marziam termine en disant:
“Crois-le, les disciples sont toutes bonnes et Jésus sait à qui donner les malheureux que nous sommes.”
Et Abel appuie:
“Et tu ne dois pas te méfier de ma mère qui est si heureuse de t’avoir et qui a tant prié ces jours pour que Dieu te donne à elle.”
Aurea dit:
“Je le crois et je l’aime bien… Mais, Marie, c’est Marie… et vous devez compatir…”
“Oui, mais il nous déplaît de te voir triste…”
“Oh! Je ne suis plus triste comme dans la maison du romain et dans les premières heures après la libération… Je suis seulement… perdue. Depuis des années, je n’ai jamais eu de caresses… Il n’y a que Marie qui me les a rendues, après avoir eu pendant tant d’années des maîtres…”
“Mon cœur! Mais je suis ici pour te les donner! Je serai une seconde Marie pour toi. Viens ici, tout près… Si tu étais plus petite, je te prendrais en selle avec moi, comme je faisais avec mon Abel quand il était petit… Mais tu es déjà une femme…” dit Myrta en s’approchant et en lui prenant la main.