Jésus, qui saluait Marie d’Alphée, le suit immédiatement.
“Que veux-tu?” lui demande-t-il en marchant à côté de lui.
“Moi, rien. C’est Simon qui doit te parler. Le voici…”
“Simon! Qu’as-tu pour être ainsi troublé?”
Pierre se jette aux pieds de Jésus en gémissant:
“J’ai péché! Absous-moi!”
“Péché? En quoi? Tu étais ici avec nous, joyeux, tranquille…”
“Ah! Maître, je t’ai désobéi. J’ai parlé à Thomas de Syntica… Je m’étais troublé à cause des larmes (d’Aurea), et lui l’était plus que moi; il croyait les avoir augmentées, lui… pour le consoler, je lui ai dit: “C’est toujours ainsi dans les adieux… Si tu avais vu Syntica…” et lui a compris…!”
Pierre lève un visage bouleversé, son regard est vraiment humilié, désolé.
“Loué soit Dieu, mon Simon! Je croyais que tu avais fait quelque chose de bien plus grave et ta sincérité annule même cela. Tu as parlé sans malice. Tu as parlé à ton compagnon. Thomas est bon, il n’en parlera pas.”
“En fait, il me l’a juré… Mais tu vois? Maintenant j’ai peur d’être trop sot et de ne pas savoir garder un secret.”
“Tu l’as fait jusqu’à présent.”
“Oui, mais pense donc, jamais un mot à Philippe ni à Nathanaël! Et maintenant…”
“Allons, lève-toi! L’homme est toujours imparfait, mais quand il l’est sans malice, il ne fait pas de péché. Surveille-toi, mais ne t’afflige plus. Ton Jésus n’a pour toi qu’un baiser. Thomas, viens ici”
Thomas accourt.
“Tu as certainement compris les raisons du silence.”
“Oui, Maître. Et j’ai juré de le respecter en ce qui me concerne et selon mon pouvoir. Je l’ai déjà dit à Simon…”
“À l’imbécile de Simon” soupire Pierre.
“Non, ami. Tu m’as édifié par ton humilité et ta sincérité parfaites. Tu m’as donné une grande leçon, et je m’en souviendrai. Par prudence, je ne pourrai la faire connaître et j’en suis peiné, car peu d’entre nous ont et auront la justice que tu as eue…
441.4 - Mais ils nous appellent. Allons.”
En fait plusieurs sont déjà sur la route, et les trois femmes: Noémie, Myrta et Aurea sont déjà sur leurs montures, Marie est avec sa belle-sœur près d’Aurea, et elles l’embrassent encore, et quand elles voient venir Jésus, elles embrassent leurs deux condisciples et, en dernier lieu, elles saluent Jésus qui les bénit avant de se mettre en route…
Marie et Marie de Cléophas rentrent dans la maison… Dans la maison où restent, en souvenir de ce qu’il y avait peu avant, les sièges déplacés, la vaisselle encore éparse… le désordre consécutif à un départ.
Marie, perdue dans ses pensées, caresse le petit métier sur lequel elle apprenait à Aurea à travailler… Ses yeux sont humides et brillent des larmes qu’elle retient.
“Tu souffres, Marie!” lui dit Marie de Cléophas qui pleure sans essayer de retenir ses larmes. “Tu t’étais affectionnée!… Ils viennent ici… puis ils s’en vont… et nous, nous souffrons…”
“Notre vie de femmes disciples. Tu as entendu aujourd’hui ce que disait Jésus: