441 – Un cadeau de Thomas à la Vierge, puis départ de Nazareth. Miracle sur un incendie, qui devient le thème de deux paraboles

22 mai 1946

Le mercredi 22 mai 1946.

441.1 - C’est le soir du vrai sabbat et la vie reprend après le repos sabbatique Le shabbat s'étend du vendredi 18 heures au samedi 18 heures. Ce découpage de la journée juive a été conservé par la liturgie chrétienne. C'est ainsi que la messe anticipée du samedi, après 18 heures, est en fait, la première messe du dimanche liturgique. . Ici, dans la petite maison de Nazareth, elle reprend avec les préparatifs du départ. Provisions que l’on range, vêtements que l’on empile dans les sacs, sacs que l’on ferme solidement avec des cordes, examen des sandales pour vérifier si les courroies et les boucles sont en bon état, les ânes abreuvés et rassasiés près de la haie du jardin… et les salutations, et quelques larmes au milieu des sourires et des bénédictions, et les promesses de se retrouver bientôt… Et, inattendu, le cadeau de Thomas à Marie: une boucle, nous dirions une broche, pour tenir le vêtement fermé au cou. Elle est formée de trois brins de muguets fins, aériens, parfaits, enserrés dans deux feuilles métalliques qui imitent à la perfection la réalité et trahissent une main de maître Thomas est orfèvre de métier et fils d'orfèvre réputé. .

“Tu ne la porteras pas, Marie, je le sais, mais accepte-la quand même. Le désir m’est venu de la faire un jour que mon Seigneur parla de toi en te comparant au lys des vallées Cf. EMV 412.3. … Moi, je n’ai rien fait pour ta maison… mais j’ai fait cela pour toi, pour traduire par un symbole la louange de ton Fils que tu mérites plus que toute autre femme.

Si je n’ai pas pu donner au métal la grâce de la plante vivante et le parfum de la fleur, mon amour sincère, respectueux pour toi l’embellissent comme une caresse et le parfument de mon dévouement, pour toi, Mère de mon Seigneur.”

“Oh! Thomas! C’est vrai. Moi, je ne porte pas de bijoux qui me semblent une inutilité, mais ceci n’est pas la même chose. C’est l’amour de mon Jésus et de son apôtre, et il m’est cher. Je le regarderai chaque jour et je penserai au bon Thomas qui aime son Maître au point de retenir non seulement sa Doctrine, mais même ses plus humbles paroles sur les choses les plus humbles et les personnes les plus insignifiantes. Merci, Thomas, non pour la valeur, mais pour ton amour, merci!”

Tout le monde admire la perfection du travail,

441.2 - et Thomas, tout heureux, sort un travail plus petit: trois étoiles de jasmin, dans un feuillage minuscule, encadrées dans un cercle fin, et il le donne à Aurea:

“Parce que tu n’as pas eu la coquetterie de le vouloir, parce que tu as été ici quand le jasmin était en fleurs, et pour que ces petites étoiles te rappellent notre Étoile. Pourtant, attention! Toi, c’est par tes vertus que tu dois parfumer les fleurs et être, toi aussi, une fleur candide, belle, pure, qui exhale son parfum vers le Ciel. Si tu n’agis pas ainsi, je me fais rendre la broche. Allons, ne pleure pas… tout passe… et… et… bientôt nous reviendrons chez Marie, ou elle viendra vers nous… et…”

Mais Thomas, devant les larmes de plus en plus abondantes d’Aurea, se rend compte qu’il vaut mieux ne pas continuer et il sort, mortifié, en disant à Pierre:

“Si j’avais pensé que… elle se mettrait à pleurer davantage, je ne lui aurais rien donné… J’avais justement fait cette broche, pour la consoler à cette heure… Cela ne m’a pas réussi…”

441.3 - Et Pierre, dans la confusion du moment, cesse de se contrôler et il dit:

“Mais c’est toujours ainsi dans les adieux… Si tu avais vu Syntica alors…”

Il s’aperçoit qu’il a parlé, veut se reprendre, rougit… mais, désormais, c’est fait… Une délégation d'apôtres, dont Thomas ne faisait pas partie, a convoyé secrètement jusqu'à Antioche de Syrie, à l'insu de Judas, deux proscrits de la suite de Jésus : Syntica, une esclave en fuite et Jean d'En-Dor, un galérien évadé (Voir EMV 313.7 jusqu'à EMV 324 inclus). Judas les avait dénoncés au Temple.

Thomas comprend et, débonnaire, il lui passe un bras autour du cou en disant:

“Ne t’afflige pas, Simon. Je sais me taire, et je comprends pourquoi vous n’avez rien dit… À cause de Judas de Simon.

Moi, sur le Dieu de nos pères, je te jure que ce que j’ai appris involontairement est oublié. Ne souffre pas, Simon…!”

“C’est que le Maître ne voulait pas…”

“Et certainement il avait les meilleures raisons pour cela. Moi, je ne m’en formalise pas.”

“Je le sais, mais que va-t-il dire?…”

“Rien, car il ne saura rien. Fie-toi à moi.”

“Ah! Non! Pas de secret pour le Maître. Je me suis trompé, je mérite le reproche et tout de suite. Je n’aurai pas de paix si je ne Lui avoue mon erreur. Thomas, sois gentil, va l’appeler… Je vais dans l’atelier. Va, reviens avec Lui. Je suis trop troublé pour le faire, et les autres s’en apercevraient.”

Thomas le regarde avec une compassion pleine d’admiration et il rentre dans la maison pour appeler Jésus:

“Maître, viens un moment, je dois te dire une chose.”