“Mais pourquoi? Qui? Il valait mieux marcher de nuit. Maintenant, c’est la nouvelle lune…”

“J’espère sauver une créature… Et cela est plus lumineux que la lune, et plus rafraîchissant pour Moi que la fraîcheur de la nuit.”

Pierre le tire à part.

“Qu’est-il arrivé? Tu as vu les romaines? Quelle est leur humeur? Est-ce que ce sont elles qui convertissent? Dis-le moi-…”

Jésus sourit:

“Si tu me laisses répondre, je te le dirai, homme trop curieux. J’ai vu les romaines. Elles ne vont que lentement à la Vérité, mais elles ne reviennent pas en arrière. C’est déjà beaucoup.”

“Et… pour ce que disait Judas… qu’en est-il?”

“Elles continuent de me vénérer comme un sage.”

“Mais… pour Judas? N’est-il pas en cause?…”

“Elles sont venues me chercher Moi, pas lui…”

“Mais alors, pourquoi a-t-il eu peur de les rencontrer? Pourquoi ne voulait-il pas que tu viennes à Césarée?”

“Simon, ce n’est pas la première fois que Judas a d’étranges caprices…”

“C’est vrai. Et… elles viennent cette nuit, les romaines?”

“Elles sont déjà venues.”

“Et alors, pourquoi attendre l’aube?”

“Et pourquoi es-tu si curieux?”

“Maître, sois bon… Dis-moi tout.”

“Oui, pour t’enlever tout doute… Tu as entendu toi aussi les conversations de ces trois romains…”

“Oui. Les immondes! Les pestes! Les démons! Mais, en quoi, cela nous touche-t-il?…Ah! je comprends!! Les romaines vont au souper, et puis elles viennent demander pardon d’avoir été dans ces horreurs… Je m’étonne que Toi tu acceptes.”

“Je m’étonne que tu fasses des jugements téméraires!”

“Pardonne-moi, Maître!”

“Oui, mais sache que les romaines ne vont pas au souper et que j’ai demandé à Claudia d’intervenir en faveur de cette fillette…”

“Oh! mais Claudia ne peut rien! La fillette est achetée par le romain et lui, peut tout sur elle!”

“Mais Claudia peut beaucoup sur le romain. Et Claudia m’a envoyé dire d’attendre jusqu’à l’aube pour le départ. Rien d’autre. Es-tu content?”

“Oui, Maître. Mais, en attendant, tu ne t’es pas reposé… Viens maintenant… Tu es si fatigué! Je veillerai à ce qu’on te laisse en paix… Viens, viens…”