Jésus reste sous le portique bas et elles reprennent le chemin par lequel elles sont venues.
Les cordiers retournent à leur travail…
426.1 – Jésus revient lentement au magasin. Il est pensif. Il ne s’allonge plus. Assis sur un tas de cordages enroulés, il prie intensément… Les onze continuent de dormir lourdement…
Un certain temps passe ainsi… Une heure environ. Puis le cordier passe la tête et fait signe à Jésus de venir à la porte.
“C’est un esclave. Il te demande.”
L’esclave, un numide, La Numidie correspond à l'actuel Maghreb et plus particulièrement l'Algérie. Ce royaume a perduré jusqu'au milieu du premier siècle. Plusieurs révoltes se sont produites du temps de Jésus. Calliste l'esclave a du être capturé au cours d'une de ces révoltes. Par contre, Maria Valtorta le décrit comme "noir", alors que se sont généralement des berbères. S'agit-il d'un mercenaire ? D'un esclave déjà servant dans les troupes numides ? est dehors sur la place encore ensoleillée. Il s’incline et, sans parler, il remet une tablette de cire. Jésus la lit et lui dit:
“Tu diras que j’attendrai jusqu’à l’aube. Tu as compris?”
L’homme de la tête acquiesce, et pour faire comprendre pourquoi il ne parle pas, il ouvre la bouche pour montrer que sa langue est coupée.
“Malheureux!” dit Jésus en le caressant.
L’esclave a deux larmes qui roulent sur ses joues noires et il prend la main blanche de Jésus dans ses mains noires, si semblables à celles d’une grosse guenon, et il la passe sur son visage, la baise, la met sur son cœur et puis se jette à terre. Il prend le pied de Jésus et le met sur sa tête… Tout un langage de gestes pour dire sa reconnaissance pour ce geste d’amour plein de pitié…
Et Jésus répète: “Malheureux!” mais ne le guérit pas.
L’esclave se relève et réclame la tablette de cire… Claudia ne veut pas laisser de traces de ses relations épistolaires… Jésus sourit et rend la tablette. Le numide part, et Jésus va près du cordier.
“Je dois rester jusqu’à l’aube… Le permets-tu?…”
“Tout ce que tu veux. Je regrette d’être pauvre…”
“Il me plaît que tu sois honnête.”
“Qui étaient ces femmes?”
“Des étrangères qui avaient besoin de conseil.”
“Saines?”
“Comme toi et Moi.” “Ah! bien!
426.10 – Voici tes apôtres…”
En effet, en se frottant les yeux, en s’étirant, dormant encore à moitié, les onze sortent du magasin pour aller vers le Maître.
“Maître… il faudra souper si tu veux partir ce soir…” dit Pierre.
“Non. Je ne pars plus qu’à l’aube.”
“Pourquoi?”
“Parce qu’on m’a prié de le faire.”