“Ton apôtre parlait avec tant d’assurance…”

“C’est un enfant exalté. Il faut le prendre pour ce qu’il est.”

“Mais il te fait tort! Fais-lui des reproches… Chasse-le…”

“Et ma miséricorde, où serait-elle, alors? Il le fait par suite d’un amour erroné. Ne dois-je donc pas en avoir pitié? Et qu’est-ce que cela changerait si je le chassais? Il ferait deux fois plus de mal, à lui et à Moi.”

“Alors il est pour Toi comme un boulet au pied!…”

“Il est pour Moi comme un malheureux à racheter…”

426.5 – Plautina tombe à genoux entendant les bras et en disant:

“Ah! Maître, grand plus que tout autre, comme il est facile de te croire saint quand on sent ton cœur dans tes paroles! Comme il est facile de t’aimer et de te suivre à cause de ta charité qui est encore plus grande que ton intelligence!”

“Pas plus grande, mais plus compréhensible pour vous… qui avez l’intelligence entravée par trop d’erreurs, et n’êtes pas assez généreuses pour vous dépouiller de tout afin d’accueillir le Vrai.”

“Tu as raison. Tu es devin aussi bien que sage.”

“La sagesse, étant une forme de sainteté, donne toujours la lumière de jugement, que ce soit pour les événements passés ou présents, que ce soit pour l’annonce des événements futurs.”

“C’est pour cela que vos prophètes…”

“C’étaient des saints. C’est pour cela que Dieu se communiquait à eux avec une grande plénitude.”

“Étaient-ils saints parce qu’ils appartenaient à Israël?”

“Ils étaient saints parce qu’ils appartenaient à Israël et parce que leurs actions étaient justes. Car ce n’est pas Israël tout entier qui est et a été saint, tout en étant Israël. Ce n’est pas l’appartenance fortuite à un peuple ou à une religion qui peut rendre saint. Ces deux choses peuvent aider beaucoup à l’être, mais elles ne sont pas le facteur absolu de la sainteté.”

“Quel est le facteur alors?”

“La volonté de l’homme. La volonté qui mène les actions de l’homme à la sainteté si elle est bonne, à la perversion si elle est mauvaise.”

“Alors… il n’est pas dit qu’il n’y ait pas de justes parmi nous.”

“Ce n’est pas dit. Au contraire, certainement il y a des justes parmi vos ancêtres, et certainement il y en aura parmi ceux qui vivent. Car il serait trop horrible que tout le monde païen appartienne aux démons. Ceux d’entre vous qui sentent l’attirance vers le Bien, vers la Vérité, et répugnance pour le vice et qui fuient les mauvaises actions comme avilissantes pour l’homme, croyez bien qu’ils sont déjà sur le sentier de la justice”

“Alors Claudia…”

“Oui. Et vous. Persévérez.”

“Mais si on devait mourir avant d’être… converties à Toi? À quoi servirait-il d’avoir été vertueuses?..”

“Dieu est juste dans ses jugements. Mais pourquoi hésiter à venir au Dieu vrai?”

Les trois dames baissent la tête… Un silence… Et puis le grand aveu qui sera ce qui donnera l’explication de tant de cruautés et de résistances romaines envers le Christianisme…

“Parce que, en le faisant, on semblerait trahir la Patrie…”