415.4 – “Nous resterons ensemble et tu m’instruiras…”
“Pas maintenant, Lazare. Je ne reste pas. Je suis venu pour quelques heures. Je partirai à la nuit.”
“Mais, pourquoi?” demandent les trois, déçus.
“Parce que je ne puis rester… Je reviendrai en automne. Et alors… Je resterai longtemps et j’agirai beaucoup ici… et dans les alentours…”
Un silence triste. Puis Marthe le prie:
“Alors, au moins, repose-toi, prends des forces…”
“Rien ne me réconforte plus que votre amour. Faites reposer mes apôtres et laissez-moi rester ici avec vous, ainsi, en paix…”
Marthe sort en pleurant pour revenir avec des tasses de lait froid et des fruits précoces…
“Les apôtres ont déjà mangé et, fatigués, ils dorment. Mon Maître, ne veux-tu vraiment pas te reposer?”
“N’insiste pas, Marthe. L’aube ne sera pas encore arrivée qu’ils me chercheront ici, au Gethsémani, chez Jeanne, dans toute maison hospitalière. Mais, à l’aube, je serai déjà loin.”
“Où vas-tu, Maître?” demande Lazare.
“Vers Jéricho, mais pas par le chemin ordinaire… Je fais un détour vers Tecua et puis je reviens vers Jéricho Voir les infographies de Carlos Martinez. .”
“Route pénible en cette saison…!” murmure Marthe.
“C’est justement pour cela qu’elle est solitaire. Nous voyagerons de nuit. Les nuits sont claires même avant le lever de la lune… et l’aube vient si tôt…”
“Et ensuite?” demande Marie.
“Et puis au-delà du Jourdain, et à la hauteur de la Samarie du nord, je passerai le fleuve pour venir de ce côté.”
“Va à Nazareth, vite. Tu es fatigué…” dit Lazare.
“Auparavant je dois aller aux rivages de la mer… Puis… j’irai en Galilée mais ils me persécuteront même là-bas…”
“Tu auras toujours ta Mère pour te réconforter…” dit Marthe.
“Oui, pauvre Maman!”
“Maître, Magdala est à Toi. Tu le sais” Lui rappelle Marie.
“Je le sais, Marie… Je connais tout le bien et tout le mal…”
415.5 – “Ainsi séparés!… pour si longtemps! Me retrouveras-tu vivant, Maître?”
“N’en doute pas. Ne pleurez pas… Il faut s’habituer même aux séparations. Elles sont utiles pour éprouver la force des affections. On comprend mieux les cœurs, en les regardant d’un regard spirituel, de loin. Quand, n’étant plus séduit par le plaisir humain de la présence de l’aimé, on peut méditer sur son esprit et sur son amour… on comprend davantage le moi de celui qui est loin… Moi, je suis certain qu’en pensant à votre Maître vous le comprendrez mieux quand vous verrez et contemplerez en paix mes actions et mes affections.”
“Oh! Maître! Mais nous, nous n’avons pas de doutes sur Toi!”