“Ni Moi sur vous. Je le sais, mais vous me connaîtrez davantage. Et je ne vous dis pas de m’aimer car je connais votre cœur. Je dis seulement: priez pour Moi.”
Les trois pleurent… Jésus est si triste!… Comment ne pas pleurer?
“Que voulez-vous? Dieu avait envoyé l’amour parmi les hommes. Mais les hommes y ont substitué la haine… Et la haine divise non seulement les ennemis entre eux, mais elle s’insinue pour séparer les amis.”
Un long silence. Puis Lazare dit:
“Maître, quitte la Palestine pour quelque temps…”
“Non. Ma place est ici pour vivre, évangéliser, mourir.”
“Mais pourtant tu as pourvu à la sécurité de Jean et de la grecque. Va avec eux.”
“Non. Eux, il fallait les sauver. Moi, je dois sauver. Et c’est la différence qui explique tout. L’autel est ici, et c’est ici qu’est la chaire. Je ne puis aller ailleurs. Et du reste!… Croyez-vous que cela changerait ce qui est décidé? Non. Ni sur Terre ni au Ciel. Cela obscurcirait seulement la pureté spirituelle de la figure messianique. Je serais le “lâche” qui se sauve en fuyant. Je dois donner l’exemple à ceux de maintenant et à ceux qui viendront que, dans les choses de Dieu, dans les choses saintes, il ne faut pas être lâche…”
“Tu as raison, Maître” soupire Lazare…
415.6 – Et Marthe, écartant le rideau, dit:
“Tu as raison… Le soir s’avance. Il n’y a plus de soleil…”
Marie se met à pleurer avec angoisse, comme si cette parole avait eu le pouvoir de dissoudre sa force morale qui réduisait ses pleurs à des larmes silencieuses. Ce sont des pleurs plus déchirés que ceux dans la maison du Pharisien, quand elle implorait par ses larmes le pardon du Sauveur…
“Pourquoi pleures-tu ainsi?” demande Marthe.
“Parce que tu as dit la vérité, ma sœur! Il n’y a plus de soleil… Le Maître s’en va… Il n’y a plus de soleil pour moi… pour nous…”
“Soyez bons. Je vous bénis et que ma bénédiction reste sur vous. Et maintenant laissez-moi avec Lazare qui est fatigué et a besoin de silence. Je me reposerai en veillant mon ami. Occupez-vous des apôtres et veillez à ce qu’ils soient prêts pour l’heure des ombres…”
Les deux sœurs se retirent, et Jésus reste silencieux, recueilli en Lui-même, assis près de l’ami languissant qui, satisfait de cette présence, s’endort avec un léger sourire sur le visage.
415.7 – Jésus dit:
“Vous placerez ici la vision de Jésus et du mendiant sur la route de Jéricho que tu as eue le 17 juillet 1944.”