“Pas Moi. Moi, dans ma chair, j’ai l’Esprit qui n’a pas été créé, mais qui a été engendré par le Père, par exubérance d’Amour.”

“Qui donc?”

“Les deux premiers parents d’où vient la race, créés parfaits et puis tombés, volontairement, dans l’imperfection. Le troisième, créé pour la joie de Dieu et de l’Univers, est trop au-dessus des possibilités de pensée et de foi du monde de maintenant pour que Moi je vous l’indique. Les esprits, disais-je, créés, venant d’une même Source avec une égale mesure de perfection, subissent ensuite, d’après leur mérite et leur volonté, une double métamorphose.”

“Alors tu admets une seconde vie?”

Il n’y a qu’une seule vie. En elle, l’âme, qui a eu la ressemblance initiale avec Dieu, passe, grâce à la justice fidèlement pratiquée en toutes choses, à une plus parfaite ressemblance, je dirais à une seconde création d’elle-même, par laquelle elle évolue vers une double ressemblance avec le Créateur, en se rendant capable de posséder la sainteté qui est perfection de justice et ressemblance des fils avec le Père. Elle se trouve chez les bienheureux, c’est-à-dire en ceux dont votre Socrate dit qu’ils habitent l’Hadès. Mais je vous dis que quand la Sagesse aura dit ses paroles et les aura confirmées par le sang, ils seront les bienheureux du Paradis, du Royaume, c’est-à-dire, de Dieu.”

“Et où sont-ils maintenant?”

“Dans l’attente.”

“De quoi?”

“Du Sacrifice, du Pardon, de la Libération.”

“On dit que le Messie sera le Rédempteur et que c’est Toi… C’est vrai?”

“C’est vrai. Je le suis, Moi qui vous parle.”

406.11 – “Alors, tu devras mourir? Pourquoi, Maître? Le monde a tant besoin de Lumière, et tu veux le quitter?”

“C’est toi, grec, qui me demande cela? Toi, en qui trônent les paroles de Socrate?”

“Maître, Socrate était un juste. Toi, tu es saint. Regarde quel besoin de sainteté a la Terre.”

“Elle croîtra de dix mille puissances pour chaque douleur, pour chaque blessure, pour chaque goutte de mon Sang.”

“Par Jupiter! Jamais stoïque ne fut plus grand que Toi, qui ne te bornes pas à prêcher le mépris de la vie, mais qui t’apprêtes à t’en débarrasser.”

“Je ne méprise pas la vie. Je l’aime comme la chose la plus utile pour acheter le salut du monde.”

“Mais tu es jeune, Maître, pour mourir!”

“Ton philosophe dit qu’il est cher aux dieux celui qui est saint Euthyphron, page 14. , et tu m’as appelé saint. Si je suis saint, je dois avoir soif de retourner à la Sainteté d’où je suis venu. On n’est jamais assez jeune, par conséquent, pour n’avoir pas cette soif. Socrate dit aussi que celui qui est saint aime à faire des choses agréables aux dieux. Quelle chose plus agréable que de rendre à l’embrassement du Père les enfants que la faute a éloignés et de donner à l’homme la paix avec Dieu, source de tout bien?”

“Tu dis que tu ne connais pas les paroles de Socrate. Comment alors sais-tu ce que tu dis?”

“Moi, je sais tout. La pensée des hommes, en tant que pensée bonne, n’est que la réflexion d’une de mes pensées. Ce qui n’est pas bon n’est pas de Moi, mais je l’ai lu dans la succession des temps, et j’ai su, je sais et je saurai quand cela a été, est, et sera dit. Moi, je sais.”

406.12 – “Seigneur, viens à Rome, phare du monde. Ici la haine t’environne. Là-bas la vénération t’environnera.”

“Elle entourera l’homme, pas le Maître du surnaturel. Moi, je suis venu pour le surnaturel. Je dois l’apporter aux fils du Peuple de Dieu, bien qu’ils soient les plus durs avec le Verbe.”

“Rome et Athènes ne te posséderont pas, alors?”

“Elles me posséderont, ne craignez pas. Elles me posséderont. Ceux qui me voudront me posséderont.”

“Mais s’ils te tuent…”

“L’esprit est immortel. Celui de tout homme. Ne le sera-t-il pas le mien, l’Esprit du Fils de Dieu? Je viendrai par mon Esprit qui agira… Je viendrai… Je vois les foules sans nombre, et les Maisons que l’on élève en mon Nom… Je suis partout… Je parlerai dans les cathédrales et dans les cœurs… Mon évangélisation ne connaîtra pas de répit… L’Évangile parcourra la Terre… Tous les bons vers Moi… Et voilà… Je passe à la tête de mon armée de saints et je les amène au Ciel. Venez à la Vérité…”

“Oh! Seigneur! Nous avons l’âme enveloppée de formules et d’erreurs. Comment ferons-nous pour lui ouvrir les portes?”

“Moi, je desserrerai les portes de l’Enfer. J’ouvrirai les portes de votre Hadès et de mes Limbes. Et je ne pourrai pas ouvrir les vôtres? Dites: “Je veux” et comme une serrure faite d’ailes de papillons, elles tomberont en poussière au passage de mon Rayon.”

“Qui viendra en ton Nom?”

“Vous voyez cet homme qui vient en ce moment avec un autre un peu plus qu’adolescent? Ils viendront à Rome et à la Terre. Et avec eux, beaucoup d’autres. Empressés, comme maintenant, à cause de mon amour qui les pousse et ne leur fait trouver de repos qu’à côté de Moi, ils viendront, pour l’amour de ceux qui sont rachetés par mon Sacrifice, vous chercher, vous rassembler, vous amener à la Lumière. Pierre! Jean! Venez. J’ai fini, je crois, et je suis à vous. Avez-vous autre chose à me dire?”

“Rien d’autre, Maître. Nous partons emmenant avec nous tes paroles.”

“Qu’elles germent en vous et poussent avec des racines éternelles. Allez. La paix soit avec vous.”

“Salut à Toi, Maître.”

Et la vision se termine…

406.13 – Mais Jésus dit encore:

“Tu es épuisée? Une lourde dictée, plutôt dictée que vision. Mais c’est un exposé que certains désirent. Qui? Tu le sauras en mon Jour. Maintenant va en paix toi aussi.”

J’ajoute de moi-même que la conversation entre Jésus et les gentils avait lieu le long d’un quai d’une ville maritime. Bien visibles au clair de lune les flots tranquilles qui venaient mourir avec leur ressac sur les écueils de la digue avancée d’un grand port rempli de navires. Je n’ai pas pu en parler auparavant car le groupe n’a pas cessé de parler, et si j’avais décrit l’endroit j’aurais perdu le fil des paroles. Ils parlaient en allant et venant sur une partie du rivage, près du port. La route est solitaire, car il n’y a pas de passagers et les navigateurs sont tous revenus à leurs navires dont on voit les fanaux rouges briller dans la nuit comme des étoiles de rubis. Je ne sais quelle ville c’est. Elle est sûrement belle et importante.