Judas ne se fit pas valoir en se parant du titre de Sauveur d’Israël Mais c’est au Dieu éternel qu’il donna ce titre. En effet c’est inutilement que les hommes s’agitent si Dieu n’est pas présent à leurs efforts. Au contraire, sans s’agiter est victorieux celui qui se fie dans le Seigneur. Lui sait quand il est juste de récompenser par des victoires et quand il est juste de punir par des défaites. Bien sot est l’homme qui veut juger Dieu, le conseiller ou le critiquer. Vous imaginez une fourmi qui en observant le travail d’un sculpteur dirait: “Tu ne sais pas y faire, je ferais mieux et plus vite que toi”? L’homme lui ressemble tout à fait quand il veut faire la leçon à Dieu. Et à sa figure ridicule, il unit celle d’un ingrat et d’un prétentieux, oublieux de ce qu’il est: une créature, et de ce qu’est Dieu: le Créateur. Donc si Dieu a créé un être si bien créé qu’il peut se croire capable de conseiller Dieu Lui-même, quelle sera la perfection de l’Auteur de toute créature? Cette seule pensée devrait suffire pour rabaisser l’orgueil, pour détruire cette plante mauvaise et satanique, ce parasite qui, en s’insinuant dans un esprit, l’envahit, la supplante, l’étouffe, tue tout arbre bon, toute vertu qui sur la Terre rend l’homme grand, vraiment grand, non par la richesse ni par les couronnes, mais par la justice et la sagesse surnaturelle, et bienheureux dans le Ciel pour l’éternité.
405.8 – Et regardons un autre conseil que nous donne le grand Judas Maccabée et les événements de ce jour-là dans cette plaine.
S’étant engagées dans la bataille, les troupes de Judas avec lesquelles Dieu était, vainquirent et mirent en déroute les ennemis, en les poursuivant jusqu’à Jézeron, Azot, Idumée et Jamnia Gazara (Guézer), les plaines de l'Idumée, d'Azot (Asdod - Azôtos) et de Jamnia (Iamnia). , dit l’histoire, et en passant une partie au fil de l’épée, en laissant sur les champs plus de trois mille cadavres. Mais Judas dit à ses soldats que la victoire avait enivrés: “Ne restez pas là à faire du butin car la guerre n’est pas finie, et Gorgias, avec son armée, est dans la montagne près de nous. Maintenant nous avons encore à combattre nos ennemis et à les vaincre complètement, et ensuite, tranquillement, vous ferez le butin”. Et ils agirent ainsi et ils eurent une victoire assurée et un riche butin, et la délivrance, et en rentrant ils chantaient des bénédictions à Dieu car “Il est bon et sa miséricorde est éternelle”. Psaume 135 (Hébreu 136).
L’homme aussi, n’importe quel homme, est comme les champs qui entourent la cité sainte des juifs. Entouré d’ennemis extérieurs et intérieurs, tous cruels, ayant tous l’espoir de livrer bataille à la cité sainte de chaque homme: son esprit, et de la livrer à l’improviste pour la prendre par surprise par mille ruses et la détruire. Les passions, que Satan cultive et excite, et que l’homme ne surveille pas par toute sa volonté pour les freiner, dangereuses s’il n’arrive pas à les maîtriser, mais inoffensives si elles sont surveillées comme un voleur enchaîné, et avec lesquelles le monde complote au moyen de toutes les séductions de la chair, de l’argent, de l’orgueil, ressemblent aux puissantes armées de Gorgias, cuirassées, pourvues de tours de guerre, d’archers, excellents tireurs, de cavaliers rapides, toujours prêts à commencer l’attaque sur les ordres du Mal.
Mais que peut le Mal si Dieu est avec l’homme qui veut être juste? L’homme souffrira, restera blessé, mais sauvera sa liberté et sa vie, et il connaîtra la victoire après la bataille favorable. Mais celle-ci ne se produit pas une seule fois, mais recommence toujours, tant que dure la vie, ou tant que l’homme ne se dépouille pas suffisamment de son humanité et ne devient pas esprit plus que chair, esprit fondu avec Dieu que les flèches, les morsures, les feux de guerre ne peuvent blesser profondément et tombent après l’avoir frappé superficiellement comme peut le faire une goutte d’eau tombant sur un jaspe dur et brillant.
Ne vous arrêtez pas à faire du butin, ne vous distrayez pas tant que vous n’êtes pas au seuil de la vie, non pas de cette vie de la terre, mais de la vraie Vie des Cieux. Alors, victorieux, rassemblez votre butin et entrez, avancez glorieux devant le Roi des rois et dites: “J’ai vaincu. Voici mon butin. Je l’ai fait avec ton aide et ma bonne volonté, et je te bénis, Seigneur, parce que Tu es bon et que ta miséricorde est éternelle”.
405.9 – Cela c’est pour la vie en général, pour tout le monde. Mais pour vous, pour vous qui croyez en Moi, il y a une autre bataille qui vous guette. Plusieurs batailles. La bataille contre le doute, contre les paroles que l’on viendra vous dire, contre les persécutions.
Moi, je vais être élevé au lieu pour lequel je suis venu du Ciel. Ce lieu vous fera peur, vous paraîtra un démenti à mes paroles. Non. Regardez l’événement avec l’œil de l’esprit et vous verrez que ce qui arrivera sera la confirmation de ce que je suis réellement: non le pauvre roi d’un pauvre royaume, mais le Roi prédit par les prophètes, et aux pieds de son trône unique, immortel, comme les fleuves vont à l’océan, toutes les nations de la Terre viendront, en disant: “Nous t’adorons, ô Roi des rois et Juge éternel, parce que par ton saint Sacrifice tu as racheté le monde”.
Résistez au doute. Moi, je ne mens pas. Je suis Celui dont parlent les prophètes. Comme la mère de Jean il y a un instant, élevez le souvenir de ce que j’ai fait pour vous, et dites: “Telles sont les œuvres de Dieu. Il nous les a laissées comme un souvenir, une confirmation, une aide pour croire et pour croire justement en cette heure”. Luttez et vous vaincrez le doute qui étrangle la respiration de l’âme. Luttez contre les paroles qui vous seront dites. Rappelez-vous les prophètes et mes œuvres, et répondez aux paroles hostiles par les prophètes et par les miracles que vous m’avez vu faire. N’ayez pas peur et ne soyez pas ingrats par peur, en taisant les miracles que j’ai faits pour vous. Luttez contre les persécutions, mais ne luttez pas en persécutant ceux qui vous persécutent, mais en donnant une confession héroïque à ceux qui voudront, par des menaces de mort, vous persuader de me renier. Luttez sans cesse contre les ennemis. Tous. Contre votre humanité, contre vos peurs, contre les compromissions indignes, les alliances intéressées, les pressions, les menaces, les tortures, la mort.
405.10 – La mort! Je ne suis pas un chef de peuple qui dit à son peuple: “Souffrez pour moi, alors que moi, je jouis”. Non. Je souffre le premier pour vous donner l’exemple. Je ne suis pas un chef d’armées qui dit à ses armées: “Combattez pour me défendre, mourez pour me donner la vie”. Non. Je combats le premier. Je mourrai le premier pour vous apprendre à mourir. Ainsi, comme j’ai toujours fait ce que j’ai dit de faire, prêchant la pauvreté je suis resté pauvre, la continence chaste, la tempérance tempérant, la justice juste, le pardon et j’ai pardonné et je pardonnerai. Comme j’ai fait tout cela, je ferai encore la dernière chose. Je vous apprendrai comment on rachète. Je vous l’enseignerai non pas avec des paroles mais avec des faits. Je vous apprendrai à obéir, en me soumettant à la plus dure obéissance: celle de ma mort…
Je vous apprendrai à pardonner, en pardonnant dans les derniers tourments comme j’ai pardonné sur la paille de mon berceau à l’Humanité qui m’avait arraché au Ciel. Je pardonnerai comme j’ai toujours pardonné. À tous. Pour ce qui me concerne, à tous. À mes petits ennemis, à ceux qui sont passifs, indifférents, changeants, et aux grands ennemis qui non seulement me donnent la douleur d’être apathiques à mon pouvoir et à mon désir de les sauver, mais qui me donnent et me donneront la douleur d’être les déicides. Je pardonnerai. Et comme je ne pourrai donner l’absolution aux déicides impénitents, je prierai encore, par les dernières douleurs, le Père pour eux… pour qu’il leur pardonne… parce qu’ils sont enivrés d’une liqueur satanique… Je pardonnerai… Et vous, pardonnez en mon Nom. Et aimez, aimez comme Moi j’aime, comme je vous aime et vous aimerai, éternellement.
405.11 – Adieu. Le soir descend. Prions ensemble et puis que chacun retourne chez lui avec les paroles du Seigneur dans le cœur, et qu’elles se transforment en épis grenus pour vos faims futures, quand vous désirerez entendre encore l’Ami, le Maître, votre Sauveur, et seulement en lançant votre esprit dans les Cieux vous pourrez trouver Celui qui vous a aimés plus que Lui-même. Notre Père qui êtes aux Cieux…”
Et Jésus, les bras ouverts, haute et blanche croix contre le mur foncé de la façade du nord, dit lentement le Pater. Puis il bénit avec la bénédiction mosaïque. Il embrasse les enfants, il les bénit encore. Il prend congé et s’en va vers le nord en côtoyant Emmaüs sans y entrer. Les teintes violacées du crépuscule absorbent lentement la douce vision du Maître qui s’en va, qui s’en va de plus en plus vers son destin.
Dans la cour demi-obscure, c’est un silence de douleur paisible… Une sorte d’attente. Puis les pleurs du petit Mikaël, les pleurs d’un agnelet qui se trouve seul, rompt l’enchantement, et beaucoup d’yeux se baignent de larmes et beaucoup de lèvres répètent les paroles innocentes du petit:
“Oh! pourquoi es-tu parti? Reviens! Reviens!… Fais-le revenir. Seigneur!”
Et quand Jésus est vraiment disparu, la constatation désolée du fait accompli:
“Jésus n’est plus là!”
C’est inutilement que cherche à le consoler la mère du petit Mikaël qui pleure comme s’il avait perdu plus que sa mère, et qui dans ses bras n’a plus d’yeux que pour le point où est disparu Jésus, et tend les bras en appelant:
“Jésus! Jésus!”
405.12 – … Jésus attend d’être un peu loin, puis il dit:
“Nous irons à Joppé. Les disciples y ont beaucoup travaillé et on y attend la parole du Seigneur.”
Il n’y a pas beaucoup d’enthousiasme pour le projet d’allonger encore la route, mais Simon le Zélote fait observer que de Joppé aux domaines de Nicodème et de Joseph on y va rapidement et par de belles routes. Jean est content d’aller vers la mer. Et les autres, entraînés par ces considérations, finissent par aller plus volontiers par la route qui se dirige vers la mer. Jésus dit: “Vous placerez ici la vision du 20 septembre 1944: “Jésus et les païens dans une ville du bord de mer”, que vous intitulerez: “À Joppé, Jésus s’adresse à Judas de Kérioth et à des païens”, car cet épisode s’est produit là un jour de miracles et de prédication.”