“Je disais: “J’ai péché par ignorance en faisant des choses interdites par le Seigneur et je veux expier”. Je pensais: “Je sais en quoi j’ai péché, et Dieu le sait. Mais à l’homme je ne peux le dire clairement. Dieu, qui voit tout, sait que je pense à mon péché”.”

“Restrictions mentales, échappatoires indignes. Le Très-Haut les hait. Quand on pèche, on expie. Ne le fais plus.”

“Non, Seigneur. Et serai-je pardonné? Ou dois-je aller tout avouer? Payer de ma vie la vie que j’ai prise? Il me suffit de mourir avec le pardon de Dieu.”

“Vis pour expier. Tu ne pourrais pas rendre son mari à la veuve et leur père aux enfants… Avant de tuer, avant de permettre que la haine devienne maîtresse, il faudrait réfléchir! Mais lève-toi et marche par ton nouveau chemin. En marchant, tu trouveras de mes disciples. Les monts de Judée, si tu vas de Tecua à Bethléem, et au-delà vers Hébron, sont certainement parcourus par eux. Dis-leur que Jésus t’envoie et dis-leur qu’avant la Pentecôte il remontera vers Jérusalem en passant par Béthsur et Béther. Demande Elie, Joseph, Lévi, Mathias, Jean, Benjamin, Daniel, Isaac. Te rappelleras-tu ces noms? Adresse-toi à eux particulièrement. Maintenant allons…”

“Et tu ne bois pas?”

“J’ai bu tes larmes. Une âme qui revient à Dieu! Il n’y a rien de plus réconfortant pour Moi.”

“Je suis pardonné, alors?! Tu dis: “Qui revient à Dieu”…”

“Oui. Tu es pardonné. Et ne hais jamais plus.”

L’homme se penche de nouveau, car il s’était redressé, et il baise les pieds de Jésus.

387.6 - Ils reviennent vers les apôtres et ils les trouvent en discussion avec des scribes.

“Voici le Maître. Lui, peut vous répondre et vous dire que vous êtes pécheurs.”

“Qu’y a-t-il?” demande Jésus dont le salut déférent n’obtient pas de réponse.

“Maître, ils nous vexent avec leurs questions et leurs moqueries…”

“Supporter les ennuis, c’est une œuvre de miséricorde.”

“Mais ils t’offensent Toi. Ils font de Toi un objet de mépris… et les gens hésitent. Tu le vois? Nous avions réussi à rassembler des personnes… Maintenant qui reste-t-il? Deux ou trois femmes…”

“Oh! non! Vous avez aussi un homme, un homme crasseux! C’est encore trop pour vous! Seulement, ô Maître, ne te semble-t-il pas de te contaminer trop, Toi qui dis toujours que les saletés te dégoûtent?” raille un jeune scribe en montrant le mendiant qui est à côté de Jésus.

“Lui n’est pas sale. Il n’a pas la saleté qui me répugne. Lui c’est “le pauvre”. Le pauvre ne me dégoûte pas. Sa misère doit seulement ouvrir l’âme à des sentiments de pitié fraternelle. J’ai le dégoût des misères morales, des cœurs empuantis, des âmes en lambeaux, des esprits couverts de plaies.”

“Et tu sais si lui n’est pas tel?”

“Je sais qu’il croit et espère en Dieu et en sa miséricorde, maintenant qu’il l’a connue.”

“Connue? Où habite-t-elle? Dis-le pour que nous aussi nous puissions y aller et voir son visage. Ah! Ah! Le Dieu terrible, que Moïse n’osait pas regarder, doit avoir une bien terrible face même dans sa miséricorde, même si après tant de siècles s’est adoucie sa rigueur!” réplique le jeune scribe.

Et il rit d’un rire qui est plus négateur qu’un blasphème.

“Moi qui te parle, je suis la Miséricorde de Dieu!” crie Jésus. Il s’est dressé, et fulgurante est la puissance de son regard et de son geste. Je ne sais pas comment l’autre n’aie pas peur…

Cependant, même s’il ne fuit pas, il ne sait plus continuer ses sarcasmes et il se tait alors qu’un autre le remplace: “Oh! que de paroles inutiles! Nous voudrions seulement pouvoir croire. Nous ne demanderions pas mieux. Mais, pour croire, il faut avoir des preuves.

387.7 - Maître, sais-tu ce qu’est Galgala pour nous?”