387 – À Galgala. Le mendiant Ogla et les scribes tentateurs. Les apôtres comparés aux douze pierres du miracle de Josué. 208 378.1 : Entrée dans la ville de Galgala. 378.2 : Jésus donne tout son pain à un mendiant déguenillé. 378.3 : Qui l’entraîne à l’écart pour lui parler seul-à-seul. 378.4 : Il Lui raconte sa vie de haine jusqu’au meurtre. 378.5 : Tu n’avais pas raison de te venger. 378.6 : Jésus réduit au silence un jeune scribe sarcastique. 378.7 : Un autre l’accuse de nécromancie et le met au défi de renouveler le miracle du Jourdain. 378.8 : Les douze pierres de Josué sont les apôtres et l’Arche c’est lui
18 février 1946
Vision du lundi 18 février 1946
387.1 - Je ne sais pas comment est maintenant Galgala. Au moment où Jésus y entre, c’est une ville ordinaire de Palestine, assez peuplée, située sur une colline peu élevée, couverte surtout de vignes et d’oliviers. Mais le soleil y est si fort que les blés aussi peuvent y trouver place, semés au hasard sous les arbres ou entre les rangs de vignes. Et ils mûrissent malgré les feuillages parce qu’ils sont rôtis à souhait par le soleil qui déjà se ressent du voisinage du désert.
Poussière, brouhaha, saleté, confusion de jour de marché. Et, inévitables comme le destin, les habituels pharisiens et scribes zélés et non convaincus, qui avec de grands gestes discutent doctoralement dans le meilleur coin de la place et qui font semblant de ne pas voir Jésus ou de ne pas le connaître. Jésus va tout droit consommer son repas sur une petite place secondaire, presque à la périphérie, toute ombragée par un enchevêtrement de branches d’arbres de toutes espèces. J’ai l’impression qu’il s’agit d’une portion de montagne faisant partie depuis peu de l’agglomération et qui garde encore le souvenir de son état naturel.
387.2 - Le premier à s’approcher de Jésus, qui mange du pain et des olives. est un homme déguenillé. Il demande un peu de pain. Jésus lui passe le sien avec toutes les olives qu’il a en main.
“Et Toi? Nous n’avons pas d’argent, tu le sais, observe Pierre. Nous avons tout laissé à Ananias…”
“N’importe. Je n’ai pas faim. Soif, si…”
Le mendiant dit:
“Ici derrière il y a un puits. Mais pourquoi m’as-tu tout donné? Tu pouvais me donner la moitié de ton pain… Si tu n’éprouves pas du dégoût de le reprendre…”
“Mange, mange. Moi, je puis m’en passer. Mais pour que tu ne penses pas que j’aie du dégoût, donne-moi de tes mains une seule bouchée et je la mangerai pour être ton ami…”
L’homme, au visage triste et sombre, s’éclaire d’un sourire étonné et il dit:
“Oh! c’est la première fois depuis que je suis le pauvre Ogla que quelqu’un me dit qu’il veut être mon ami!” et il donne une bouchée de pain à Jésus. Et il demande: “Qui es-tu? Comment t’appelles-tu?”
“Je suis Jésus de Nazareth, le Rabbi de Galilée.”
“Ah!… J’ai entendu par d’autres parler de Toi… Mais… n’es-tu pas le Messie?…”
“Je le suis.”
“Et Toi, Messie, tu es si bon avec les mendiants? Le Tétrarque nous fait battre par ses serviteurs s’il nous voit sur sa route…”
“Moi, je suis le Sauveur. Je ne bats pas. J’aime.”
L’homme le regarde fixement. Puis il se met à pleurer lentement.
“Pourquoi pleures-tu?” “Parce que… je voudrais être sauvé…
387.3 - Tu n’as plus soif, Seigneur? Je pourrais te conduire au puits et je parler…”
Jésus comprend que l’homme veut avouer quelque chose et il se lève en disant:
“Allons.”
“Je viens moi aussi!” déclare vivement Pierre.
“Non. Je reviens tout de suite, d’ailleurs… Et il faut respecter celui qui se repent.”