“Non, pas du tout.”

“Et pourtant, tu haïssais les contacts avec eux! Comme moi, comme tous…”

“Oui, mais je les ai surmontés pour l’amour du Maître. Comme j’ai surmonté le désir de rompre avec les anciens compagnons du Temple… Oh! Tout pour le Maître! Vous tous, et ma mère avec vous, vous croyez à de la duplicité. Toi, récemment, tu m’as reproché mes amitiés. Mais si je ne les conservais pas et avec beaucoup de difficultés, je ne saurais pas tant de choses. Ce n’est pas bien de se mettre un bandeau sur les yeux et de la cire dans les oreilles de peur que le monde n’entre en nous par les yeux et les oreilles. Quand on est dans une entreprise semblable à la nôtre, il faut veiller à avoir les yeux et les oreilles bien ouverts. Veiller pour Lui, pour son bien, pour sa mission, pour la fondation de ce royaume béni…”

Un grand nombre d’apôtres et quelques disciples se sont approchés et écoutent avec des signes de tête approbatifs. Car, en effet, on ne peut pas dire que Judas parle mal!

Pierre, honnête et humble, le reconnaît et il dit:

“Tu as vraiment raison! Pardonne mes reproches. Tu vaux mieux que moi, tu sais y faire. Oh! allons le dire au Maître, à sa Mère, à la tienne! Elle était si angoissée!”

“Parce que des mauvaises langues ont insinué… Mais pour l’instant, tais-toi. Après, plus tard. Tu vois? Ils s’assoient à table et le Maître nous fait signe d’y aller…”

371.5 - … Le souper est vite consommé. Même les romaines, assises aux tables des femmes, mêlées à elles, - c’est ainsi que Claudia se trouve entre Porphyrée et Dorca -, mangent en silence ce qu’on leur sert. Entre elles et Jeanne et Marie de Magdala, circulent de mystérieuses paroles faites de sourires et de clins d’œil. Elles semblent des écolières en vacances.

Jésus, après le repas, commande de former un carré de siège et d’y prendre place pour l’écouter. Il se place au milieu et il commence à parler au centre d’un carré de visages attentifs où il n’y a de fermés que les yeux innocents du bébé de Dorca qui dort sur le sein de sa mère, et où vont tomber de sommeil ceux de Marie, assise sur les genoux de Jeanne, et de Matthias, qui s’est accroupi sur les genoux de Jonathas.

“Disciples hommes et femmes, rassemblés ici au Nom du Seigneur, ou attirés ici par le désir de la Vérité, désir qui vient encore de Dieu qui veut lumière et vérité dans tous les cœurs, écoutez.

Ce soir il nous est permis d’être tous unis, et c’est justement la méchanceté de ceux qui nous veulent dispersés qui nous le procure. Et vous ne savez pas, vous dont les sens sont bornés, comme est profonde et vaste cette union véritable, aurore des unions futures qui existeront quand le Maître ne sera plus parmi vous, charnellement, mais sera en vous par son esprit. Alors vous saurez aimer. Alors vous saurez pratiquer l’amour. Pour l’instant, vous êtes comme des enfants encore au sein. Alors vous serez comme des adultes qui peuvent goûter toute nourriture sans que cela leur nuise. Alors vous saurez dire, comme Moi je le dis: “Venez à moi, vous tous, parce que nous sommes tous frères et que c’est pour tous que Lui s’est immolé”.

371.6 - Trop de préventions en Israël! Ce sont autant de flèches qui lèsent la charité. Je vous parle à vous, fidèles, ouvertement, car parmi vous il n’y a pas de traîtres, ni de gens remplis de préventions qui séparent, qui se changent en incompréhension, en entêtement, en haine, pour Moi qui vous indique les routes de l’avenir. Je ne puis parler autrement. Et dorénavant je parlerai moins parce que je vois que les paroles sont inutiles ou presque. Vous avez eu de quoi vous sanctifier et vous instruire d’une manière parfaite. Mais vous vous êtes peu élevés, spécialement vous, hommes mes frères, car la parole vous plaît mais vous ne la mettez pas en pratique.

Dorénavant et de plus en plus fréquemment, je vous ferai faire ce que vous devrez faire quand le Maître sera retourné au Ciel d’où il est venu. Je vous ferai assister à ce qu’est le Prêtre de l’avenir. Plus que mes paroles observez mes actes, répétez-les, apprenez-les, joignez-les à l’enseignement. Alors vous deviendrez des disciples parfaits.

Qu’a fait le Maître aujourd’hui, et que vous a-t-il fait faire et pratiquer? La charité sous ses multiples formes. La charité envers Dieu. Non seulement la charité de prières vocales, rituelles, mais la charité active qui renouvelle dans le Seigneur, qui dépouille de l’esprit du monde, des hérésies du paganisme, qui n’existe pas seulement chez les païens, mais aussi en Israël, avec les mille coutumes qui se sont substituées à la Religion vraie, sainte, ouverte, simple comme tout ce qui vient de Dieu. Il ne faut pas des actions bonnes, ou telles en apparence pour être loué par les hommes, mais des actions saintes pour mériter la louange de Dieu.

Celui qui est né, meurt. Vous le savez. Mais la vie ne finit pas avec la mort. Elle continue sous une autre forme et pour l’éternité avec une récompense pour celui qui a été juste, avec un châtiment pour celui qui a été mauvais. Que cette pensée d’un certain jugement ne paralyse pas pendant la vie et à l’heure de la mort, mais qu’elle soit un aiguillon et un frein, un aiguillon qui pousse au bien, un frein qui écarte des mauvaises passions.

Soyez donc vraiment amis du Dieu vrai, en agissant toujours au cours de la vie avec l’intention de Le mériter dans la vie future.

O vous qui aimez les grandeurs, quelle grandeur plus grande que celle de devenir des fils de Dieu, des dieux par conséquent? O vous qui craignez la douleur, quelle certitude de ne plus souffrir que celle qui vous attend au Ciel? Soyez saints. Vous voulez fonder un royaume dès cette Terre? Vous vous sentez en proie aux embûches et vous craignez de ne pas y réussir? Si vous agissez en saints, vous réussirez. Car la puissance même qui nous domine ne pourra l’empêcher, malgré ses cohortes, car vous persuaderez les cohortes de suivre la doctrine sainte de même que Moi, sans violence, j’ai persuadé les femmes de Rome qu’ici se trouve la Vérité…”

“Seigneur!…” s’écrient les romaines en se voyant découvertes.

“Oui, femmes.

371.7 - Écoutez et souvenez-vous. Je vais dire à ceux d’Israël qui me suivent, je vais vous dire à vous qui n’êtes pas d’Israël mais qui avez une âme droite, le statut de mon Royaume.

Pas de révoltes, elles ne servent pas. Sanctifier l’autorité en l’imprégnant de notre sainteté. Ce sera un long travail, mais il sera victorieux. Avec douceur et patience, sans folles hâtes, sans déviations humaines, sans révoltes inutiles, en obéissant là où l’obéissance ne nuit pas à l’âme elle-même, vous arriverez à faire de l’autorité, qui maintenant nous domine avec le paganisme, une autorité protectrice et chrétienne. Faites votre devoir de sujets envers l’autorité comme vous faites celui de fidèles envers Dieu. Appliquez-vous à voir en toute autorité non pas quelqu’un qui vous opprime, mais quelqu’un qui vous élève, car il vous donne la possibilité de le sanctifier et de vous sanctifier par l’exemple et l’héroïsme.

De même que vous êtes de bons fidèles et de bons citoyens, efforcez-vous d’être de bonnes épouses, de bons maris, saints, chastes, obéissants, affectueux l’un pour l’autre, unis pour élever vos enfants dans le Seigneur, pour être paternels et maternelles même avec les serviteurs et les esclaves, qui eux aussi ont une âme et une chair, des sentiments et des affections, comme vous les avez. Si la mort vous enlève le compagnon ou la compagne, ne désirez pas, si possible, un nouveau mariage. Aimez les orphelins même pour le compagnon disparu. Et vous, serviteurs, soyez soumis aux maîtres et s’ils sont imparfaits, sanctifiez-les par votre exemple. Vous en aurez un grand mérite aux yeux du Seigneur. Dans l’avenir, en mon Nom, il n’y aura plus de maîtres et de serviteurs, mais des frères. Il n’y aura plus de races, mais des frères. Il n’y aura plus d’opprimés et d’oppresseurs qui se haïssent, parce que les opprimés donneront le nom de frères à leurs oppresseurs.

Aimez-vous en une seule foi, en vous aidant l’un l’autre, comme je vous l’ai fait faire aujourd’hui. Mais ne bornez pas l’aide aux pauvres, aux pèlerins de votre race, ni à vos malades. Ouvrez les bras à tous comme la Miséricorde vous les a ouverts à vous.

Que celui qui a davantage donne à celui qui n’a rien ou peu. Que celui qui sait davantage instruise celui qui ne sait rien ou peu de chose, et qu’il instruise avec patience et humilité, se rappelant qu’en vérité, avant que je ne l’instruise, il ne savait rien. Recherchez la Sagesse non pour qu’elle vous fasse briller, mais pour qu’elle vous aide à avancer dans les voies du Seigneur.

Que les femmes mariées aiment les vierges et réciproquement. Que les unes et les autres entourent les veuves d’affection. Vous êtes toutes utiles dans le Royaume du Seigneur.