Que les pauvres n’aient pas d’envie, que les riches ne créent pas de la haine par l’étalage de leurs richesses et la dureté de leurs cœurs.

Prenez soin des orphelins, des malades, de ceux qui n’ont pas de maison. Ouvrez-leur votre cœur, avant de leur ouvrir votre bourse et votre maison, parce que même si vous donnez, si c’est de mauvaise grâce, ce n’est pas honneur mais offense que vous donnez à Dieu, qui est présent en tout malheureux.

En vérité, en vérité je vous dis qu’il n’est pas difficile de servir le Seigneur. Il suffit d’aimer. Aimer le Dieu vrai, aimer le prochain quoiqu’il soit.

En toute blessure ou fièvre que vous soignerez, j’y serai. En tout malheur que vous soulagerez, j’y serai. Et tout ce que vous ferez pour Moi dans le prochain, si c’est bien, c’est à Moi que vous le ferez; et si c’est mal, c’est à Moi aussi que vous le ferez. Voulez-vous me faire souffrir? Voulez-vous perdre le Royaume de paix, votre devenir de dieu, seulement pour ne pas être bons avec le prochain?

371.8 - Jamais plus nous ne serons unis ainsi. Il viendra d’autres Pâques… et nous ne pourrons être ensemble pour de nombreuses raisons. La première à cause d’une prudence sainte en partie et en partie exagérée, car tout excès est fautif, qui nous obligera à être séparés. Les autres Pâques encore parce que je ne serai plus avec vous… Mais souvenez-vous de cette journée. Faites à l’avenir, et non pas pour la seule Pâque mais en toute occasion, ce que je vous ai fait faire.

Ne vous flattez pas de m’appartenir facilement. M’appartenir, veut dire vivre dans la Lumière et la Vérité, mais manger aussi le pain de la lutte et des persécutions. Alors donc, plus votre amour sera fort et plus vous serez forts dans la lutte et les persécutions.

Croyez en Moi, en ce que je suis réellement: Jésus Christ, le Sauveur, dont le Royaume n’est pas de ce monde, dont la venue signifie la paix pour les bons, dont la possession veut dire connaître et posséder Dieu, car vraiment celui qui m’a en lui-même et qui est lui-même en Moi est en Dieu, et possède Dieu en son esprit pour le posséder ensuite dans le Royaume céleste pour l’éternité.

La nuit est venue. Demain c’est la Parascève. Allez. Purifiez-vous, méditez, faites une Pâque sainte Parascève sur CNRTL : A - Préparation du sabbat. De même que le vendredi de chaque semaine est la parascève du sabbat, de même le 14 était la parascève de la Pâque : on y achevait les préparatifs légalement commencés le 10 de nisan (Ch. Guignebert, Jésus, Paris, Albin Michel, 1947, p.525). B. − Vx. Appellation évangélique du Vendredi Saint. Saint Jean dit que le vendredi, jour auquel J.-C. souffrit la mort, était la parascève de la Pâque, et l'on voit, dans les évangélistes, qu'on se hâta de descendre J.-C. de la croix, parce que c'était la parascève au soir, et que le sabbat allait commencer (Guérin1892). .

Femmes d’une autre race mais dont l’esprit est droit, allez. Que la bonne volonté qui vous anime vous soit un chemin pour venir à la Lumière. Au nom de ceux qui sont pauvres comme je le suis Moi-même, je vous bénis pour l’obole généreuse et je vous bénis pour vos bonnes dispositions envers l’Homme qui est venu apporter la paix et l’amour sur la terre. Allez! Et toi, Jeanne, et tous ceux qui ne craignent plus des embûches, allez aussi.”

371.9 - Un murmure de stupeur parcourt l’assemblée au départ des romaines. Flavia avait écrit sur des tablettes de cire les paroles de Jésus pendant qu’il parlait. Elles sont rangées dans une bourse et les romaines prennent congé par un salut collectif.

Elles ne sont plus que six car Egla reste près de Marie de Magdala. Jeanne, Jonathas et les serviteurs de Jeanne s’en vont emportant les enfants endormis dans leurs bras. Or la stupeur est si grande qu’en dehors d’eux personne ne bouge. Mais quand le bruit du portail qui se ferme indique que les romaines sont sorties, une clameur succède au murmure.

“Mais qui sont-elles?”

“Comment sont-elles parmi nous?”

“Qu’ont-elles fait?”

Et par-dessus tous Judas crie:

“Comment connais-tu, Seigneur, la riche obole qu’elles m’ont donnée?”

D’un geste, Jésus apaise le tumulte et il dit:

“C’est Claudia et ses dames. Et alors que les autres dames d’Israël, craignant la colère de leurs maris ou avec la même pensée et les mêmes sentiments que leurs maris, n’osent pas venir à ma suite, les païennes qu’on méprise, avec de saintes ruses savent venir apprendre la Doctrine qui, même reçue pour l’instant avec des sentiments humains, sert toujours à les élever… Et cette fillette, qui était esclave mais de race juive, est la fleur offerte par Claudia aux troupes du Christ, en la rendant à la liberté et en la donnant à la foi du Christ. Pour ce qui concerne ce que je sais de l’obole… oh! Judas! Tous, sauf toi, pourraient me poser cette question! Tu sais que Moi, je vois dans les cœurs.”

“Alors tu as vu que j’ai dit la vérité quand j’ai parlé d’un piège que j’ai éventé en allant faire parler… des êtres coupables?”

“C’est vrai.”

“Dis-le alors bien fort, pour que ma mère l’entende… Mère, je suis un garçon, mais pas un scélérat… Mère, faisons la paix. Comprenons-nous, aimons-nous, unis dans le service pour notre Jésus.”

Et Judas, humble et affectueux, va embrasser sa mère qui lui dit:

“Oui, mon enfant! Oui, mon Judas! Bon! Bon! Sois toujours bon, ô mon enfant! Pour toi, pour le Seigneur! Pour ta pauvre maman!”

371.10 - Pendant ce temps plusieurs, dans la salle, s’agitent et font des commentaires et beaucoup déclarent que c’est une imprudence d’avoir accueilli les romaines et le reprochent à Jésus.

Judas écoute et il quitte sa mère pour défendre le Maître. Il raconte sa conversation avec Claudia et dit pour finir:

“Ce n’est pas une aide méprisable. Et même, ne l’ayant pas reçue auparavant parmi nous, nous n’avons pas évité la persécution. Laissons-la faire. Et rappelez-vous bien qu’il vaut mieux ne pas en parler avec n’importe qui. Pensez que si c’est dangereux pour le Maître, ce ne l’est pas moins pour nous d’être amis des païens. Le Sanhédrin qui, au fond, est retenu par peur de Jésus par un reste de crainte de lever la main sur l’Oint de Dieu, n’aurait pas tant de scrupules de nous tuer comme des chiens, nous qui sommes de pauvres hommes quelconques. Au lieu de faire ces visages scandalisés, rappelez-vous que tout à l’heure, vous étiez comme autant de moineaux effarouchés, et bénissez le Seigneur de nous aider par des moyens imprévus, illégaux si vous voulez, mais si puissants pour fonder le Royaume du Messie. Nous pourrons tout si Rome nous défend! Oh! moi, je ne crains plus! C’est un grand jour qu’aujourd’hui! Plus que pour toutes les autres choses, pour celle-là…

Ah! quand tu seras le Chef! Quel pouvoir doux, fort, béni! Quelle paix! Quelle justice! Le Royaume fort et bienveillant du Juste! Et le monde qui vient lentement à lui!… Les prophéties qui se réalisent! Les foules, les nations… le monde à tes pieds! Oh! Maître! mon Maître! Toi Roi, nous tes ministres… Sur la Terre la paix, dans le Ciel la gloire… Jésus Christ de Nazareth, Roi de la race de David, Messie Sauveur, je te salue et je t’adore!”

Et Judas, qui semble en extase, se prosterne en disant pour finir:

“Sur la Terre, au Ciel et jusque dans les Enfers, ton Nom est connu et ton pouvoir sans limites. Quelle force peut te résister, ô Agneau et Lion, Prêtre et Roi, Saint, Saint, Saint?”

Et il reste courbé jusqu’à terre dans la salle muette de stupeur.