Ils passent devant la maison où autrefois il y avait des paons et des flamants. Maintenant elle est abandonnée et fermée Maison occupée par une romaine en faveur auprès de Ponce Pilate mariée à un Juif. Elle mène des fêtes auxquelles assiste le Tout-Jérusalem. Elle s'entourait d'oiseaux réputés impurs pour les juifs. Cf. EMV 135. . Simon le remarque, mais son observation est interrompue par le joyeux salut de Maximin qui débouche hors du portail.

“Oh! Maître saint! Quel bonheur dans une si grande douleur!”

“Paix à toi. Pourquoi douleur?”

“Parce que Lazare souffre à cause de ses jambes ulcérées, et nous ne savons que faire pour soulager cette souffrance. Mais en te voyant, il ira mieux, au moins pour l’esprit.”

Ils entrent dans le jardin, et alors que Maximin court en avant, eux avancent lentement vers la maison.

Marie de Magdala accourt dehors avec son cri d’adoration:

“Rabbouni” et elle est suivie par Marthe qui est plus calme. Toutes les deux sont pâles comme des personnes qui ont souffert et veillé.

“Levez-vous. Allons tout de suite voir Lazare.”

“Oh! Maître! Maître qui peux tout, guéris mon frère!” dit Marthe suppliante.

“Oui, bon Maître! Il souffre plus qu’il ne peut supporter! Il s’épuise, il gémit. Il va certainement mourir si cela continue. Aie pitié de lui, Seigneur!” insiste Marie.

“Je suis toute pitié. Mais ce n’est pas pour lui l’heure du miracle. Qu’il soit courageux, et vous avec lui. Aidez-le à faire la volonté du Seigneur.”

“Ah! Tu veux dire qu’il doit mourir?!” gémit et demande Marthe toute en larmes.

Marie a les yeux noyés de larmes et qui brillent de passion, d’une double passion pour Jésus et pour son frère:

“Oh! Maître, mais en agissant ainsi, tu m’empêches de te suivre et de te servir, et tu empêches mon frère de jouir de ma résurrection. Ne veux-tu donc pas que dans la maison de Lazare on jouisse pour une résurrection?”

Jésus la regarde avec un fin et bon sourire et il dit:

“Pour une? Une seule? Allons! Vous me croyez bien peu de chose, si vous croyez que je ne puisse qu’une seule chose! Soyez bonnes et courageuses. Allons. Et ne pleurez pas ainsi. Vous l’accableriez de soupçons pénibles.”

Et il s’éloigne le premier.

365.12 – Lazare, certainement pour faciliter les soins, a été transporté dans une salle près de la bibliothèque, en face de la grande salle réservée aux banquets. Maximin Lui indique la porte, mais il laisse Jésus entrer seul.

“Paix à toi, Lazare, mon ami!”

“Oh! Maître saint! Paix à Toi. Pour moi, dans mes membres, il n’y a plus de paix. Mon esprit est accablé. Je souffre tant, Seigneur! Donne-moi ton cher commandement: “Lazare, viens dehors” et je me lèverai guéri pour te servir…”

“Je te le donnerai. Mais pas maintenant” répond Jésus en l’embrassant.

Lazare est très maigre, jaune, les yeux enfoncés. Il est visiblement très malade et très affaibli. Il pleure comme un enfant en montrant ses jambes enflées, bleuâtres, avec des plaies que j’appellerais variqueuses, ouvertes en plusieurs endroits. Il espère peut-être qu’en montrant à Jésus cette ruine Jésus sera ému et fera un miracle. Mais Jésus se borne à replacer délicatement sur les plaies les linges enduits de baume.

“Tu es venu pour rester?” demande Lazare déçu.

“Non, mais je viendrai souvent.”

“Comment? Tu ne fais pas la Pâque avec moi, même cette année? Je me suis fait porter ici exprès. Tu m’avais promis aux Tabernacles que tu serais resté si longtemps avec moi après les Encénies…”