365 – Le piège de Judas contre l’innocence de Marziam. Un nouveau disciple, frère de lait de Jésus. À Béthanie, chez Lazare malade

365.1 – Jésus entre dans la verdure tranquille du Jardin des Oliviers. Marziam est toujours à côté de Lui, et il rit en pensant à la course haletante que certainement Pierre fera pour les rejoindre. Il dit:

“Oh! Maître! Qui sait ce qu’il va dire! Et si tu avais continué pour Béthanie sans t’arrêter ici, il serait vraiment dans un triste état.”

Jésus sourit Lui aussi en regardant le garçon et il lui répond:

“Oui, il va m’ensevelir sous ses lamentations. Mais cela lui servira la prochaine fois à être plus attentif. Je parlais. Lui se distrayait en jasant avec l’un ou l’autre…”

“Ils l’interrogeaient, Seigneur” dit pour l’excuser Marziam qui ne rit plus. “On fait signe avec bonne grâce que l’on répondra après, quand la Parole du Seigneur se tait.

365.2 – Souviens-toi de cela pour ton avenir. Pour quand tu seras prêtre. Exige le plus grand respect aux heures et dans les lieux où l’on donne l’instruction.”

“Mais alors, Seigneur, ce sera le pauvre Marziam qui parlera…”

“N’importe. C’est toujours Dieu qui parle par les lèvres de ses serviteurs, aux heures de leur ministère. Et en tant que tels on doit les écouter en silence et avec respect.”

Marziam fait une grimace significative pour commenter son raisonnement intérieur.

Jésus qui l’observe lui dit:

“Tu n’en es pas persuadé? Pourquoi ce visage? Parle, fils, sans crainte.”

“Mon Seigneur, je me demandais si Dieu est aussi sur les lèvres des prêtres de maintenant… et… avec terreur je me demandais s’ils seront pareils ceux de l’avenir… Et j’en concluais que… beaucoup de prêtres font faire au Seigneur une piètre figure… J’ai sûrement péché… Mais ils ont le cœur tellement mauvais, et avare, et sec… que…”

“Ne juge pas. Mais rappelle-toi cependant ce sentiment de dégoût. Qu’il te soit présent dans l’avenir, et tends de toutes tes forces à ne pas être tel que ceux qui te dégoûtent. Et que ne le soient pas ceux qui dépendront de toi.

Fais servir au bien jusqu’au mal que tu vois. Toute action et toute connaissance doit se changer en bien en passant par un jugement et une volonté droits.”

“Oh! Seigneur! Avant d’entrer dans la maison que l’on voit déjà, réponds encore à une question! Tu ne nies pas que le sacerdoce actuel soit défectueux. Tu me dis à moi de ne pas juger. Mais Toi, tu juges et tu peux le faire. Et tu juges avec justice. Maintenant, Seigneur, écoute ce que je pense. Quand les prêtres actuels parlent de Dieu et de la religion, étant tels qu’ils sont en plus grande partie, et je parle maintenant des plus mauvais d’entre eux, faut-il encore les écouter comme s’ils disaient la vérité?”

“Toujours, mon fils, par respect pour leur mission. Quand ils font des actes de leur ministère, ce n’est plus l’homme Hanne ou l’homme Sadoq, et cetera, mais c’est “le prêtre”. Sépare toujours du ministère la pauvre humanité.”

“Mais s’ils s’en acquittent mal…” “Dieu suppléera.

365.3 – Et puis!… Écoute Marziam! Il n’y a pas d’homme complètement bon, ni d’homme complètement mauvais. Et personne n’est si complètement bon qu’il soit en droit de juger ses frères complètement mauvais. Il faut tenir compte de nos défauts, leur opposer les bonnes qualités de celui que nous voulons juger, et alors nous aurons une juste mesure de charitable jugement. Je n’ai pas encore trouvé un homme complètement mauvais.”

“Pas même Doras, Seigneur?”

“Pas même lui, car c’est un mari honnête et un père affectueux.”

“Ni même le père de Doras?”

“Lui aussi était un mari honnête et un père affectueux.”

“Mais il n’était pas que cela, pourtant!”