“Il est monté là-haut… Mais il va venir. Avez-vous de la nourriture pour tout le monde? Les autres vont arriver sous peu.”
“Non, Seigneur. Tu avais dit que tu allais à Béthanie…”
“Oui… Mais j’ai pensé qu’il était bien de faire ainsi. Allez vite prendre ce qu’il faut. Moi, je reste avec ma Mère.”
Les femmes disciples obéissent sans discuter.
365.6 – Jésus reste seul avec Marie, et ils marchent lentement sous l’entrelacement des branches à travers lesquelles filtrent des rayons de soleil qui dessinent des cercles d’or sur l’herbe verte et fleurie.
“J’irai après le repas à Béthanie. Avec Simon.”
“Simon de Jonas?”
“Non, avec Simon le Zélote. Et j’emmènerai avec Moi Marziam…”
Jésus se tait pensif.
Marie l’observe, puis elle demande:
“Marziam te cause du chagrin?”
“Non, Maman. Au contraire! Pourquoi penses-tu cela?”
“Pourquoi es-tu pensif?… Pourquoi l’as-tu appelé sur un ton de commandement? Et pourquoi lui t’a-t-il quitté? Pourquoi s’est-il détaché de Toi comme s’il avait honte? Il n’est même pas venu saluer sa mère et moi!”
“L’enfant s’est enfui à cause d’une question que je lui posais.”
“Oh!…”
Marie est dans une profonde stupeur. Elle se tait un instant, et puis elle murmure comme si elle se parlait à elle-même:
“Les deux dans le Paradis Terrestre s’enfuirent, après le péché, en entendant la voix de Dieu… Mais, ô mon Fils, il faut avoir pitié de l’enfant. Il commence à devenir homme… et peut-être… Mon Fils, Satan mord tous les hommes…”
Marie est toute pitié et supplication… Jésus la regarde et lui dit:
“Comme tu es mère! Comme tu es “la Mère”! Mais ne crois pas que l’enfant ait péché. Au contraire tu dois croire qu’il souffre à cause du choc d’une révélation. Il est très pur. Il est très bon… Je vais l’emmener avec Moi aujourd’hui pour lui faire comprendre, sans paroles, que je le comprends. Toute parole serait de trop… et je n’en trouverais pas une pour excuser celui qui a violé une innocence.”
Jésus est sévère dans ces dernières paroles.
“Oh! mon Fils! Nous en sommes là! Je ne te demande pas de nom. Mais si parmi nous quelqu’un a été capable de troubler l’enfant, il n’y en a qu’un qui a pu l’être… Quel démon!”
365.7 – “Allons chercher Marziam, Maman. Il ne s’enfuira pas devant toi.”
Ils vont et le découvrent derrière un buisson d’aubépine.
“Cueillais-tu des fleurs pour moi, mon fils?” demande Marie en s’approchant de lui et en l’embrassant…
“Non, mais je te désirais” dit Marziam avec encore des larmes sur le visage.