Un jour le père, dégoûté de la conduite de ses fils, leur dit: “Vous vous êtes désintéressés des parents de votre mère et jusque de votre frère. Vous me rappelez la conduite des fils de Jacob envers leur frère Joseph Les frères de Joseph, jaloux de l'affection que lui portait son père Jacob, le vendirent aux égyptiens (Genèse 37,3-28). . Je veux aller dans ce pays pour avoir de ses nouvelles; il peut se faire que je le retrouve et que j’en sois réconforté”. Et il prit congé tant de ses fils que du jeune inconnu, en donnant à ce dernier un petit capital pour qu’il pût retourner à l’endroit d’où il était venu et y monter un petit commerce.
Lorsqu’il fut arrivé à la ville de l’épouse qu’il avait perdue, les parents de celle-ci lui racontèrent que le fils abandonné, qui portait d’abord le nom de Moïse, avait pris le nom de Manassé Manassé veut dire "il fait oublier". Cela est expliqué en Genèse 41,51. parce que lui en naissant avait fait oublier à son père d’être juste puisqu’il l’avait abandonné.
“Ne me faites pas tort! On m’avait dit que l’on avait perdu les traces de l’enfant, et je n’espérais même plus trouver quelqu’un d’entre vous. Mais parlez-moi de lui. Comment est-il? Est-il devenu fort? Ressemble-t-il à mon épouse aimée, qui mourut en me le donnant? Est-il bon? M’aime-t-il?”
“Pour être fort, il l’est, et il est beau comme sa mère, à part qu’il a les yeux franchement noirs. Mais de sa mère il a pris jusqu’à son envie de caroube au côté. De toi, au contraire, il a le léger zézaiement. Devenu adulte il est parti d’ici, aigri par sa situation, ayant des doutes sur l’honnêteté de sa mère et de la rancœur à ton égard. Il aurait été bon s’il n’avait pas eu cette rancœur dans l’âme. Il est parti au-delà des monts et du fleuve à Trapezius Trapezius ou Trapézous : Au nord de l'Arménie sur la mer noire. Voir l'article sur Sinope et Trapézous dans l'Antiquité. pour…”
“À Trapezius, vous dites? Dans le Sinope Sinope ou Sinop : Au nord de la Turquie, en bordure de la mer noire (Pont-Euxin) Capitale ou ville principale du royaume du Pont. ? Oh! dites-moi! Là-bas j’y étais et j’ai connu un jeune homme qui zézayait un peu, seul et triste, et si bon sous son apparente dureté. C’est lui? Dites?”
“C’est peut-être lui. Recherche-le. Au côté droit il a une caroube en relief et sombre comme l’avait ta femme”.
L’homme partit précipitamment dans l’espoir de retrouver encore l’étranger chez lui. Il était parti pour retourner à la colonie de Sinope. Et l’homme y revint… Il le trouva. Il le fit venir pour découvrir son côté. Il le reconnut. Il tomba à genoux en louant Dieu de lui avoir rendu son fils qui était meilleur que les autres qui s’abêtissaient de plus en plus alors que lui, pendant les mois qui s’étaient écoulés, était devenu de plus en plus saint. Et il dit à son bon fils: “Tu auras la part de tes frères, puisque toi, sans amour de la part de personne, tu t’es rendu plus juste que tout autre”.
Et n’était-ce pas justice? Bien sûr que si. En vérité je vous dis que sont de vrais fils du Bien ceux qui, rejetés par le monde, méprisés, haïs, critiqués, abandonnés comme bâtards, considérés comme une honte et une mort, savent surpasser les fils qui ont grandi dans la maison mais qui sont rebelles à ses lois. Ce n’est pas d’appartenir à Israël qui donne droit au Ciel, ni d’être pharisien, scribe ou docteur qui assure ce sort. C’est d’avoir une volonté bonne et de venir généreusement à la Doctrine de l’amour, de se renouveler en elle, pour devenir par elle fils de Dieu en esprit et en vérité.
Vous tous qui écoutez, sachez que beaucoup qui se croient sûrs en Israël seront supplantés par ceux qui sont pour eux des publicains, des prostituées, des gentils, des païens et des galériens. Le Royaume des Cieux appartient à ceux qui savent se renouveler en accueillant la Vérité et l’Amour.”
364.10 - Jésus se retourne et il va vers le groupe des malades prosélytes. “Savez-vous croire en ce que j’ai dit?” demande-t-il à haute voix.
“Oui, ô Seigneur!” répondent-ils en chœur.
“Voulez-vous accueillir la Vérité et l’Amour?”
“Oui, ô Seigneur.”
“Si je ne vous donnais que cela, seriez-vous contents?”
“Seigneur, tu sais ce dont nous avons le plus besoin. Donne-nous surtout ta paix et la Vie éternelle.”
“Levez-vous et allez louer le Seigneur! Vous êtes guéris au Nom saint de Dieu.”
Et rapidement il se dirige vers la première porte qu’il trouve, en se mêlant à la foule qui remplit Jérusalem, avant même que la foule exaltée et stupéfaite qui se trouve dans la Cour des Païens puisse le rechercher en criant des hosannas…
Les apôtres, désorientés, le perdent de vue. Seul Marziam qui n’a jamais cessé de tenir un pan de son manteau, court heureux à son côté en disant: “Merci, merci, merci, Maître! Merci pour Jean! J’ai tout écrit pendant que tu parlais. Je n’ai qu’à ajouter le miracle. Oh! c’est beau! Vraiment pour lui! Il en sera si heureux…!”