“Un… deux… trois… treize… Mais alors?… Oh! qui est le Nazaréen? Toi, n’est-ce pas? Toi seul peut avoir pitié d’une lépreuse, comme tu l’as eue…!”
La femme se met à genoux difficilement à cause de sa faiblesse.
“C’est Moi, oui. Que veux-tu? Guérir?”
“Oui… Mais auparavant je dois te dire une chose… J’avais entendu parler de Toi. Quelques passants m’en avaient parlé il y a tellement longtemps… Tellement? Non. C’était l’automne. Mais pour un lépreux… chaque jour vaut une année… J’aurais voulu te voir, mais comment aurais-je pu venir en Judée, en Galilée? On m’appelle “lépreuse”. Mais j’ai seulement une plaie à la poitrine, et elle m’a été donnée par mon mari qui m’a prise vierge et saine, mais lui n’était pas sain. Mais c’est un grand… et il a tout pouvoir. Même celui de dire que je l’avais trahi en venant à lui malade et de me répudier ainsi pour prendre une autre femme dont il était amoureux. Il m’a dénoncée comme lépreuse et comme je voulais me disculper, on m’a jeté des pierres. Était-ce juste, Seigneur? Hier soir un homme est passé par Betjaboc Bet Yaboq : inconnu, mais probablement un village près du fleuve de ce nom. Peut-être s'agit-il de Adâm, ce village près duquel Jésus revient après avoir rebroussé chemin devant le Jourdain infranchissable au Gué du Jourdain (voir chapitre suivant). , annonçant que tu venais et qu’il allait à ta rencontre pour te chasser. Moi, j’étais là… étant descendue jusqu’aux maisons parce que j’avais faim. J’aurais fouillé dans le fumier pour me rassasier… Moi qui avais été une “dame” j’aurais cherché à prendre aux poules un peu de pâtée aigrie…”
Elle pleure… Puis elle reprend:
“L’angoisse de te trouver, pour Toi, pour te dire: “Fuis!”; pour moi, pour te dire: “Pitié!” m’a fait oublier que, contrairement à notre loi, les chiens, les porcs, les poulets vivent près des maisons d’Israël, mais que le lépreux ne peut descendre demander un pain, pas même une femme qui n’a de lépreux que le nom. Et je me suis avancée pour demander où tu étais. Ils ne m’ont pas vue tout de suite dans l’ombre, et ils m’ont dit: “Il monte par la berge du fleuve”. Mais ensuite ils m’ont vue et ils m’ont jeté des pierres au lieu de pain. Je suis accourue pendant la nuit pour venir à ta rencontre, pour fuir les chiens. J’avais faim, j’avais froid, j’avais peur. Je suis tombée là où tu m’as trouvée. Ici. J’ai cru mourir. Au contraire je t’ai rencontré, Toi. Seigneur, je ne suis pas lépreuse, mais c’est cette plaie à la mamelle qui m’empêche de revenir parmi les vivants. Je ne demande pas de redevenir Rose de Jéricho comme du temps de mon père, mais au moins de vivre parmi les hommes et de te suivre. Ceux qui m’ont parlé en octobre m’ont dit que tu avais des femmes disciples et que tu étais avec elles… Mais, d’abord, sauve-toi. Ne meurs pas, Toi qui es bon!”
“Moi, je ne mourrais pas tant que ce ne sera pas l’heure.
360.14 - Va là-bas à ce rocher. Il y a une grotte sûre. Repose-toi et ensuite va trouver le prêtre.”
“Pourquoi, Seigneur?”
La femme tremble d’anxiété.
Jésus sourit:
“Redeviens la Rose de Jéricho qui fleurit dans le désert et qui vit toujours même si elle paraît morte. Ta foi t’a guérie.”
La femme entrouvre son vêtement sur la poitrine, elle regarde et elle crie:
“Plus rien! Oh! Seigneur, mon Dieu!”
Et elle tombe le front contre terre.
“Donnez-lui du pain et de la nourriture. Et Toi, Matthieu, donne-lui une paire de tes sandales. Moi, je vais lui donner un manteau pour qu’elle puisse aller trouver le prêtre quand elle se sera restaurée. Donne-lui aussi l’obole, Judas, pour les dépenses de la purification. Nous l’attendrons au Gethsémani pour la donner à Élise. Elle m’a demandé une fille.”
“Non, Seigneur, je ne me repose pas. Je vais tout de suite, tout de suite.”
“Descends au fleuve, alors, lave-toi, mets le manteau…”
“Seigneur, dit le Zélote, je vais le donner à la lépreuse. Permets-le-moi et je la conduirai à Élise. Je guéris une seconde fois, en me revoyant en elle, heureux.”
“Qu’il en soit comme tu veux. Donne-lui ce qu’il lui faut. Femme, écoute bien: tu iras te purifier et puis tu iras à Béthanie, tu chercheras Lazare et tu lui diras qu’il te prenne chez lui jusqu’à mon arrivée. Va en paix.”
“Seigneur! Quand pourrai-je te baiser les pieds?”
“Bientôt. Va. Mais sache que seul le péché me donne de la répulsion. Et pardonne à ton époux, parce que c’est par son intermédiaire que tu m’as trouvé.”
“C’est vrai. Je lui pardonne. Je pars… Oh! Seigneur! Ne t’arrête pas ici où l’on te hait. Pense que j’ai marché épuisée pendant une nuit pour venir te le dire et, si au lieu de te trouver j’en avais trouvé d’autres, je pouvais être lapidée comme un serpent.”
“Je m’en souviendrai. Va, femme. Brûle le vêtement. Accompagne-la, Simon. Nous vous suivrons. Au pont, nous vous rejoindrons.”
360.15 - Ils se séparent. Judas intervient:
“Maintenant, pourtant, il faut nous purifier. Nous sommes tous impurs.”
“Elle n’était pas lépreuse, Judas de Simon. C’est moi qui te le dis.”
“Eh bien, moi, je me purifierai. Je ne veux pas d’impureté sur moi.”
“Lys candide! s’écrie Pierre. Si le Seigneur ne s’estime pas impur, veux-tu l’être toi?”
“Et pour une femme dont le Seigneur affirme qu’elle n’était pas lépreuse? Mais qu’avait-elle, Maître? Tu as vu la plaie?”
“Oui. Le fruit de la luxure d’un homme La syphilis contractée par Anastasica auprès de son mari, ressemble effectivement à la lèpre................................... . Mais elle n’était pas lépreuse, et si l’homme avait été honnête, il ne l’aurait pas chassée, car il était plus malade qu’elle. Mais tout sert aux luxurieux pour rassasier leur faim. Toi, Judas, si tu veux, tu peux aller. Nous nous retrouverons au Gethsémani. Et purifie-toi! Purifie-toi! Pourtant la première des purifications c’est la sincérité. Tu es hypocrite. Souviens-t-en. Mais tu peux aller.”
“Non, je reste! Puisque tu le dis, je le crois. Je ne suis donc pas impur et je reste avec Toi. Tu veux dire que je suis luxurieux et que je profitais de l’occasion pour… Je te prouve que c’est Toi mon amour.”
Ils descendent rapidement.
Le samedi 15 décembre 1945.
360.16 - Jésus dit:
Vous placerez ici la vision “miracle du Jourdain en crue” que tu as eu le 17 septembre 1944.”