Et la foule, avec des regards hostiles et des grimaces - et il ne manque pas quelque épithète peu flatteuse - les laisse avancer.
“Que voulez-vous savoir?” demande Jésus avec sévérité.
“Tu dis donc que tu es le Messie? En es-tu vraiment certain?”
Jésus, les bras croisés sur la poitrine, regarde celui qui a parlé, avec une telle autorité que du coup tombe son ironie et qu’il se tait. Mais un autre prend la parole et il dit:
“Tu ne peux pas prétendre que l’on te croie sur parole. Quelqu’un peut mentir même en étant de bonne foi. Mais pour croire, il faut des preuves. Donne-nous donc des preuves que tu es ce que tu dis.”
“Israël est tout plein des preuves que j’ai données” dit Jésus tranchant.
“Oh! celles-là!… Des petites choses que n’importe quel saint peut faire. Il y en a eu de faites et il y en aura encore de faites par des saints d’Israël!” dit un pharisien.
Un autre ajoute:
“Et il n’est pas dit que tu les fasses par sainteté et avec l’aide de Dieu! On dit, et en vérité on peut le croire, que tu es aidé par Satan. Nous voulons d’autres preuves, plus fortes, telles que Satan ne puisse les donner.”
“Mais oui! Une mort vaincue…” dit un autre.
“Vous l’avez eue. Résurrection du fils de la veuve de Naïm (EMV 189) puis de la fille de Jaïre (EMV 230). ”
“C’étaient des apparences de mort. Montre-nous, par exemple, un corps en décomposition qui se ranime et se recompose. Pour que nous avions la certitude que Dieu est avec Toi: Dieu, le seul qui puisse rendre le souffle à la boue qui déjà redevient poussière. Défi qui sera relevé – en vain – par la résurrection de Lazare (EMV 548). ”
“On n’a jamais demandé cela aux Prophètes pour croire en eux.”
Un sadducéen crie:
“Toi, tu es plus qu’un prophète. Toi, du moins c’est Toi qui le dis, tu es le Fils de Dieu!… Ah! Ah! Pourquoi alors n’agis-tu pas en Dieu? Allons donc! Donne-nous un signe! Un signe!”
“Mais oui! Un signe du Ciel, qui t’indique Fils de Dieu, et alors nous t’adorerons” crie un pharisien.
“Certainement! Tu parles bien, Simon! Nous ne voulons pas retomber dans le péché d’Aaron Le péché d'Aaron, relaté en Exode 32, 1-6. . Nous n’adorons pas l’idole, le veau d’or. Mais nous pourrions adorer l’Agneau de Dieu! Ne l’es-tu pas? Pourvu que le Ciel nous indique que tu l’es” dit celui qui a nom Uriel, et qui était à Giscala, et il a un rire sarcastique.
Un autre se met à crier:
“Laisse-moi parler, moi Sadoq, le scribe d’or. Écoute-moi, ô Christ. Tu as été précédé par trop d’autres qui n’étaient pas des “Christ”. Assez de tromperies. Un signe que tu l’es bien. Et Dieu, s’il est avec Toi, ne peut te le refuser: Et nous croirons en Toi, et nous t’aiderons. Autrement tu sais ce qui t’attend, selon le commandement de Dieu Le commandement : voir Lévitique 24, 16. .”
Jésus lève sa main droite blessée et la montre bien à son interlocuteur. “Tu vois ce signe? C’est toi qui l’as fait. Tu as indiqué un autre signe, et quand tu le verras incisé dans la chair de l’Agneau, tu te réjouiras. Regarde-le! Tu le vois? Tu le verras aussi au Ciel, quand tu paraîtras pour rendre compte de ta façon de vivre. Car c’est Moi qui te jugerai, et je serai là-haut avec mon corps glorifié avec les signes de mon ministère et du vôtre, de mon amour et de votre haine. Et tu le verras, toi aussi Uriel, et toi, Simon, et le verront Caïphe et Hanne, et beaucoup d’autres, au Dernier Jour, jour de colère, jour redoutable, et à cause de cela, vous préféreriez être dans l’abîme, parce que ma main blessée vous dardera plus que les feux de l’Enfer.”
“Oh! ce sont des paroles et des blasphèmes! Toi, au Ciel, avec ton corps?! Blasphémateur! Toi, juge au lieu de Dieu?! Anathème sur Toi! Toi qui insultes le Pontife! Tu mériterais d’être lapidé” crient en chœur sadducéens, pharisiens et docteurs.
342.7 – Le chef de la synagogue se lève de nouveau, patriarcal, splendide comme un Moïse avec ses cheveux blancs, et il crie:
“Cédès est une ville de refuge et une ville lévitique. Respectez…”
“Vieilles histoires! Cela ne compte plus!”
“Oh! langues blasphématrices! C’est vous qui êtes des pécheurs et pas Lui, et moi je le défends. Lui ne dit rien de mal. Il explique les Prophètes et nous apporte la Bonne Nouvelle et vous l’interrompez, vous le tentez, vous l’offensez. Je ne le permets pas. Lui est sous la protection du vieux Mathias de la descendance de Lévi par son père, et d’Aaron par sa mère. Sortez et laissez-le instruire ma vieillesse et l’âge mûr de mes fils.”