Jésus est vite entouré par la foule, et il continue de parler à cette foule attentive.

“Au cœur de cette ville lévitique je ne veux pas rappeler la Loi. Je sais qu’elle est présente à vos cœurs comme dans peu de villes d’Israël, et ce qui le manifeste, c’est l’ordre que j’y ai remarqué, l’honnêteté dont m’ont donné la preuve les marchands auxquels j’ai acheté la nourriture pour mon petit troupeau et Moi, et cette synagogue, ornée comme il convient au lieu où l’on honore Dieu. Mais en vous aussi il y a un endroit où l’on honore Dieu, un endroit où sont les aspirations les plus saintes, où résonnent les paroles qui nous donnent les plus douces espérances de notre foi et les prières les plus ardentes pour que notre espérance se change en réalité. L’âme, voici le lieu saint et unique où l’on parle de Dieu et avec Dieu, en attendant que la Promesse s’accomplisse.

Mais la Promesse est accomplie. Israël a son Messie qui vous apporte la parole et la certitude que le temps de la Grâce est venu, que la Rédemption est proche, que le Sauveur est parmi vous, que le Royaume sans défaites est commencé.

342.4 – Combien de fois vous aurez entendu lire Habacuc! Et les plus méditatifs parmi vous auront murmuré: “Moi aussi je peux dire: ‘Jusqu’à quand, Seigneur, devrai-je crier sans que Tu m’écoutes? Habacuc 1,2-4. ”. Cela fait des siècles qu’Israël gémit ainsi. Mais maintenant le Sauveur est venu. La grande violence, la perpétuelle angoisse, le désordre et l’injustice causés par Satan, vont tomber car l’Envoyé de Dieu va réintégrer l’homme dans sa dignité de fils de Dieu et de cohéritier du Royaume de Dieu. Regardons la prophétie d ‘Habacuc avec des yeux nouveaux, et nous comprendrons qu’elle porte témoignage de Moi, et qu’elle parle déjà le langage de la Bonne Nouvelle que j’apporte aux fils d’Israël.

Mais ici, c’est Moi qui dois gémir: “Le jugement est fait, mais l’opposition triomphe”. Et j’en gémis avec tant de douleur. Non pas tant pour Moi qui suis au-dessus du jugement humain, que pour ceux qui se condamnent parce qu’ils s’opposent, et pour ceux qu’ils font sortir du droit chemin. Cela vous étonne ce que je dis? Il y a parmi vous des marchands d’autres lieux d’Israël.

Ils peuvent vous dire que Moi, je ne mens pas. Je ne mens pas en menant une vie contraire à ce que j’enseigne, en ne faisant pas ce que l’on espère du Sauveur, et je ne mens pas en disant que l’opposition des hommes se dresse contre le jugement de Dieu qui m’a envoyé et contre le jugement des foules humbles et sincères qui m’ont entendu et m’ont jugé pour ce que je suis.”

Certains, dans la foule, murmurent:

“C’est vrai! C’est vrai! Nous qui sommes du peuple nous l’aimons et voyons en Lui un saint. Mais eux (et ils montrent les pharisiens et leurs compagnons) s’y opposent.”

Jésus continue:

“Pour faire cette opposition on déchire la Loi, et elle le sera toujours plus, jusqu’à ce qu’on l’abolisse, au point de commettre la suprême injustice qui pourtant ne durera pas longtemps. Pendant une courte et effrayante trêve, l’opposition semblera triompher de Moi, bienheureux alors ceux qui sauront continuer de croire en Jésus de Nazareth, dans le Fils de Dieu, dans le Fils de l’homme, prédit par les Prophètes.

J’aurais la puissance d’accomplir le jugement de Dieu totalement en sauvant tous les fils d’Israël, mais je ne le pourrai pas car l’impie triomphera contre lui-même, contre ce qu’il a de meilleur en lui, et de même qu’il piétine mes droits et qu’il piétine ceux qui croient en Moi, il piétinera aussi les droits de son esprit qui a besoin de Moi pour être sauvé et qui est donné à Satan pour me le refuser, à Moi.”

342.5 – Les pharisiens chahutent. Mais, depuis un moment, un vieillard imposant s’est approché de l’endroit où est Jésus et maintenant, pendant une pause, il dit:

“Je t’en prie, entre dans la synagogue pour y donner ton enseignement. Personne plus que Toi n’en a le droit. Je suis Matthias, le chef de la synagogue. Viens et que la Parole de Dieu soit dans ma maison comme elle est sur tes lèvres.”

“Merci, juste d’Israël. Que la paix soit toujours avec toi.”

Et Jésus, à travers la foule qui se sépare comme une vague pour le laisser passer, et se referme en formant un sillage pour le suivre, traverse de nouveau la place, en passant de nouveau devant les pharisiens hargneux. Ces derniers, pourtant, entrent aussi dans la synagogue en cherchant orgueilleusement à se frayer un chemin. Mais les gens les regardent de travers et disent:

“D’où venez-vous? Allez dans vos synagogues attendre le Rabbi. Ici, c’est notre maison et nous y restons.”

Et les rabbins, sadducéens et pharisiens doivent encaisser et rester humblement près de la sortie pour n’être pas chassés par les habitants de Cédès.

Jésus a pris place près du chef et d’autres de la synagogue, dont je ne sais si ce sont ses fils ou des aides. Il reprend son discours:

“Habacuc dit - et comme il vous invite avec amour à prêter attention! - “Regardez parmi les peuples et observez, restez émerveillés, stupéfaits, car de vos jours est arrivée une chose à laquelle personne ne croira quand elle lui sera racontée Habacuc 1,5. ”. Maintenant nous avons encore des ennemis matériels au-dessus d’Israël. Mais laissez tomber ce qu’il y a de particulier et de peu important dans la prophétie et regardons seulement son grand message tout spirituel.

En effet les prophéties, même si elles semblent se rapporter à des choses matérielles, ont toujours un contenu spirituel. La chose donc qui est arrivée - et elle est telle que personne ne pourra l’accepter s’il n’est pas convaincu de l’infinie bonté du vrai Dieu - c’est qu’Il a envoyé son Verbe pour sauver et racheter le Monde.

Dieu qui se sépare de Dieu pour sauver la créature coupable "Dieu qui se sépare de Dieu", expression que Maria Valtorta justifie par cette note sur une copie dactylographiée : Bien qu'il ne fasse qu'un avec le Père, le Verbe n'était plus dans le Père comme avant l'Incarnation. De même, le texte d'EMV 381.2 fait la distinction entre le Verbe du Père qui est au Ciel et le Fils de l'homme. . Eh bien, c’est Moi qui suis envoyé pour cela. Et aucune des forces du monde ne pourra arrêter mon élan de Triomphateur sur les rois et les tyrans, sur les péchés et les sottises. Je vaincrai parce que Moi, je suis le Triomphateur.”

342.6 – Un éclat de rire méprisant et un cri partent du fond de la synagogue. Les gens protestent, le chef de la synagogue, qui jusqu’ici est resté les yeux fermés tant il est appliqué à écouter Jésus, se lève et impose silence aux perturbateurs en menaçant de les expulser.

“Laisse-les faire, et même invite-les à exposer leurs réfutations” dit à haute voix Jésus.

“Oh! bien! c’est bien! Laisse-nous venir auprès de Toi. Nous voulons t’interroger” crient ironiquement les contradicteurs.

“Venez, laissez-les passer, ô vous de Cédès.”