“Voici la maison, Seigneur, dit le garçon. Si tu n’as plus besoin de moi, je vais rentrer à la maison pour aider la mère.”

“Va et sois toujours un bon fils. Dieu est avec toi.”

335.6 – Jésus entre dans la somptueuse maison de campagne d’Ismaël. Des serviteurs, en grand nombre, accourent à la rencontre de l’Hôte, certainement attendu. D’autres vont prévenir le maître qui sort à la rencontre de Jésus en Lui faisant de profondes inclinations.

“Sois le bienvenu, Maître, dans ma maison!”

“Paix à toi, Ismaël Ben Fabi. Tu m’as désiré. Je viens. Pourquoi m’as-tu invité?”

“Pour avoir l’honneur de t’avoir et te présenter à mes amis. Je veux qu’ils soient aussi les tiens, comme je veux que tu sois pour moi un ami.”

“Je suis ami de tout le monde, Ismaël.”

“Je le sais. Mais, tu sais! Il est bien d’avoir des amitiés en haut lieu. La mienne et celle de mes amis sont telles. Toi, pardonne-moi de te le dire, tu négliges trop ceux qui peuvent t’appuyer…”

“Et tu es de ceux-ci? Pourquoi?”

“Je suis de ceux-ci. Pourquoi? Parce que je t’admire et que je veux que tu sois pour moi un ami.”

“Ami! Mais sais-tu, Ismaël, le sens que je donne à ce mot? Pour beaucoup un ami cela veut dire une connaissance, pour d’autres un complice, pour d’autres un serviteur. Pour Moi cela veut dire: fidèle à la Parole du Père. Qui n’est pas cela ne peut être un ami pour Moi, ni Moi pour lui.”

“Mais c’est justement parce que je veux être fidèle que je veux ton. amitié, Maître. Tu ne le crois pas?

335.7 – Regarde: voici Éléazar qui arrive. Demande-lui comme Je t’ai défendu auprès des Anciens. Eléazar, je te salue. Viens, car le Rabbi veut te demander une chose.”

Profondes salutations et réciproques coups d’œil investigateurs.

“Toi, Eléazar, dis ce que j’ai dit du Maître la dernière fois que nous nous sommes réunis.”

“Oh! un véritable éloge! Une défense passionnée! Il m’est alors venu l’envie de t’entendre, tant Ismaël parlait de Toi, Maître, comme du Prophète le plus grand venu au peuple d’Israël. Je me souviens qu’il disait que personne n’avait une parole plus profonde que la tienne, n’exerçait une fascination plus grande, et que si tu sauras mettre en œuvre l’épée, comme tu sais parler, il n’y aura pas de roi plus grand que Toi en Israël.”

“Mon Royaume!… Il n’est pas humain, ce Royaume, Eléazar.”

“Mais le Roi d’Israël?!”

“Que s’ouvrent vos esprits pour comprendre les paroles secrètes. Il viendra le Royaume du Roi des rois. Mais non pas selon les estimations humaines. Non pas pour ce qui périt, mais pour ce qui est éternel.

On y arrive non par un chemin fleuri et triomphal, ni sur un tapis empourpré du sang ennemi, mais par le rude chemin du sacrifice et par la douce échelle du pardon et de l’amour. Ce sont les victoires contre nous-mêmes qui nous donneront ce Royaume. Et que Dieu veuille que le plus grand nombre d’israélites puissent me comprendre. Mais il n’en sera pas ainsi. Vous pensez ce qui n’est pas. Dans ma main, il y aura un sceptre et c’est le peuple d’Israël qui l’y aura mis, Royal et Éternel Aucun roi ne pourra l’enlever à ma Maison. Mais beaucoup en Israël ne pourront le voir sans frémir d’horreur, car il aura un nom qui sera atroce pour eux.”

“Tu ne nous crois pas capables de te suivre?”

“Si vous le vouliez, vous le pourriez. Mais vous ne le voulez pas. Pourquoi vous ne voulez pas? Vous êtes âgés désormais. L’âge devrait vous donner compréhension et justice. Justice aussi pour vous-mêmes. Les jeunes… pourront se tromper et puis se repentir. Mais vous! La mort est toujours proche pour les plus âgés. Eléazar, tu es moins enveloppé dans les théories que beaucoup de tes semblables. Ouvre ton cœur à la Lumière…”

335.8 – Ismaël revient avec cinq autres pharisiens cérémonieux.

“Venez donc dans la maison” dit le maître.