“Parce que c’est Toi. Je ne te connaissais pas, mais j’ai entendu parler de Toi. Le sort t’a conduit chez moi après que par trois fois je t’ai cherché à Naïm et à Cana. Deux fois, il y avait aussi mon mari. Il te cherchait, malgré la souffrance qu’il éprouvait à aller en char… Maintenant aussi il est parti avec son frère… On nous avait rapporté que le Rabbi, ayant quitté Tibériade, allait à Césarée de Philippe. Il y est allé pour t’attendre…”
“Je ne suis pas allé à Césarée.
335.4 – Je vais chez le pharisien Ismaël, et puis j’irai vers le Jourdain…”
“Toi, qui es bon, chez Ismaël?”
“Oui. Pourquoi?”
“Parce que… parce que… Seigneur, je sais que tu dis de ne pas juger, de pardonner et de s’aimer. Je ne t’ai jamais vu, mais j’ai cherché à savoir de Toi, le plus que je pouvais, et j’ai prié l’Éternel de pouvoir t’entendre au moins une fois. Je ne veux pas faire une chose qui te déplaise… Mais comment on peut ne pas juger Ismaël et l’aimer? Moi, je n’ai rien de commun avec lui et je n’ai donc rien à lui pardonner. Les insolences, qu’il nous jette à la figure quand il rencontre notre pauvreté sur son chemin, nous les secouons avec la même patience que nous secouons la boue ou la poussière qu’il projette sur nous en passant rapidement avec son bige. Mais l’aimer et ne pas le juger, c’est trop difficile… Il est tellement méchant!”
“Il est tellement méchant? Avec qui?”
“Avec tout le monde. Il opprime ses serviteurs, il prête avec usure, et il a des exigences cruelles. Il n’aime que lui-même. Il est le plus cruel de la région. Il ne mérite rien, Seigneur.”
“Je le sais. Tu dis vrai.”
“Et tu vas chez lui?”
“Il m’a invité.”
“Méfie-toi, Seigneur. il ne l’aura pas fait par amour. Il ne peut t’aimer. Et Toi… tu ne peux l’aimer.”
“Moi, j’aime même les pécheurs, femme. Je suis venu pour sauver celui qui est perdu…”
“Mais lui, tu ne le sauveras pas. Oh! pardon d’avoir jugé! Toi, tu sais… Tout est bien de ce que tu fais! Pardonne à ma sotte langue et ne me punis pas.”
“Je ne te punis pas, mais ne le fais plus. Aime même les méchants, non pas pour leur méchanceté, mais parce que c’est par l’amour qu’on leur obtient la miséricorde qui les convertit. Tu es bonne et désireuse de l’être encore davantage, Tu aimes la Vérité, et la Vérité qui te parle te dit qu’Elle t’aime, car selon la Loi la Loi concernant l'étranger en général se trouve en Exode 22, 20 ; Exode 23, 9 ; Lévitique 19, 10.33-34 ; Lévitique 23, 22 ; Deutéronome 10, 19 ; Deutéronome 24, 14.17-22 ; Deutéronome 26, 11-13 ; Deutéronome 27, 19. Jésus rappelle, en EMV 52.2, que le pèlerin est "protégé par la loi de Dieu". L'écrivain observe, en EMV 405.1, qu'il y avait en Israël "l'habitude séculaire d'accorder l'hospitalité aux pèlerins". , tu as de la pitié pour l’hôte et le pèlerin et c’est ainsi que tu as élevé tes enfants. Dieu sera ta récompense.
335.5 – Je dois aller chez Ismaël qui m’a invité pour me présenter à ses nombreux amis qui veulent me connaître. Je ne puis attendre ton mari qui, sache-le, est sur le chemin du retour. Mais dis-lui de souffrir encore un peu et de venir tout de suite chez Ismaël. Viens toi aussi. Je le guérirai.”
“Oh! Seigneur!…”
La femme est à genoux aux pieds de Jésus et le regarde riant et pleurant. Puis elle dit:
“Mais c’est le sabbat, aujourd’hui!…”
“Je le sais. J’ai besoin que ce soit le sabbat pour dire quelque chose à ce propos à Ismaël. Tout ce que je fais, je le fais dans un but clair et exempt d’erreur. Sachez-le tous, même vous, mes amis qui avez peur et voudriez que je conforme ma conduite aux convenances humaines pour ne pas en subir de dommage. C’est l’amour qui vous guide, je le sais. Mais vous devez savoir aimer mieux celui que vous aimez, en ne faisant jamais passer l’intérêt divin après l’intérêt de celui que vous aimez. Femme, je pars et je t’attends. Qu’il y ait une paix perpétuelle dans cette maison où on aime Dieu et sa Loi, où on respecte le mariage et où on élève saintement les enfants, où on aime le prochain et où on cherche la Vérité. Adieu.”
Jésus met la main sur la tête de la femme et des deux fillettes, puis il se penche pour embrasser les enfants plus petits, et il sort.
Maintenant un faible soleil d’hiver tempère la fraîcheur de l’air. Un garçon d’environ quinze ans attend avec un char rustique en très mauvais état.
“Je n’ai que cela, Seigneur. Mais tu auras plus vite fait et plus commodément.”
“Non, femme. Garde frais le cheval pour venir chez Ismaël. Montre-moi seulement la route la plus courte.”
Le garçon se met à côté de Lui et, à travers champs et prés, ils vont vers une ondulation de terrain au-delà de laquelle il y a une vaste cuvette de quelques hectares bien cultivée, au milieu de laquelle se trouve une belle maison, large et basse, entourée d’un jardin bien cultivé.