C’est Jésus qui parle.

“J’ai un mari et des enfants. Sept. Les deux plus grands sont encore au marché de Naïm. Ils doivent y aller parce que mon mari est malade. Une grande douleur!… Les fillettes m’aident. Celui-ci est le plus petit, mais j’en ai encore un autre à peine plus grand.”

Le petit, maintenant vêtu de sa tunique, accourt pieds nus vers Jésus et le regarde avec curiosité. Jésus lui sourit. L’amitié se fait.

“Qui es-tu?” demande l’enfant avec confiance.

“Je suis Jésus.”

La femme se retourne pour le regarder attentivement. Elle est restée avec un pain dans les mains, entre le foyer et la table. Elle ouvre la bouche pour parler, mais ensuite elle se tait.

L’enfant continue:

“Où vas-tu?”

“Sur les chemins du monde.”

“Pour quoi faire?”

“Pour bénir les enfants qui sont bons et leurs maisons où l’on est fidèle à la Loi.”

335.3 – La femme se retourne pour faire un geste, puis elle fait un signe à Judas Iscariote qui est le plus près d’elle. Lui se penche vers la femme qui demande:

“Qui est ton ami?”

Et Judas, hautain, (il semble que le Messie soit tel grâce à son mérite et à sa bonté):

“C’est le Rabbi de Galilée: Jésus de Nazareth. Tu ne le sais pas, femme?”

“La Galilée n’est pas à notre portée et moi, j’ai tant de douleurs! … Mais… pourrais-je le lui dire.”

“Tu le peux” dit avec condescendance Judas.

Mais il semble un gros bonnet qui accorde une audience…

Jésus continue de parler avec l’enfant qui Lui demande s’il a Lui aussi des enfants.

Pendant que la fillette déjà vue et une autre un peu plus grande apportent le lait et la vaisselle, la femme va près de Jésus. Elle reste un peu hésitante, puis elle pousse un cri étouffé:

“Jésus, aie pitié de mon mari!”

Jésus se lève. Il la domine de sa grande taille, mais il la regarde avec tant de bonté qu’elle s’enhardit.

“Que veux-tu que je fasse?”

“Il est très malade, gonflé comme une outre, il ne peut se baisser pour travailler. Il ne trouve pas de repos, car il étouffe et s’agite… Et nous avons des enfants encore petits…”

“Tu veux que je le guérisse? Mais pourquoi le veux-tu de Moi?”