«Tu es une bonne mère. Dieu t’aime pour cela. Tu vois qu’il t’a aidée en tout.

- Oh, oui! Je l’ai bien senti pendant que je venais. J’étais venue de la maison à la ville, croyant t’y trouver, par conséquent avec peu d’argent et seule. Puis, suivant le conseil de l’homme Hanne le berger. , j’ai poursuivi ma route vers cet endroit. J’ai envoyé prévenir à la maison et je suis venue… et il ne m’a rien manqué. Ni pain, ni abri, ni force.

  • Toujours avec ce fardeau dans les bras? Ne pouvais-tu pas louer un char? demande Jacques d’Alphée, apitoyé.

- Non. Elle aurait trop souffert, à en mourir. C’est dans les bras de sa mère que ma Jeanne est venue à la grâce.»

Jésus leur caresse les cheveux à toutes les deux:

«Maintenant partez et soyez toujours fidèles au Seigneur. Que le Seigneur soit avec vous ainsi que ma paix.

Jésus reprend sa marche sur la route qui mène à Ptolémaïs.

«Et cela non plus n’est pas une défaite, mes amis. Là aussi, je n’ai été ni chassé, ni ridiculisé, ni maudit.»

331.12 - En suivant la route directe, ils ont vite fait de rejoindre la maréchalerie, près du pont. Le maréchal-ferrant romain se repose au soleil, assis contre le mur de la maison. Il reconnaît Jésus et le salue. Jésus lui rend son salut et il ajoute:

«Me permets-tu de rester ici pour me reposer un peu et manger un peu de pain?

- Oui, Rabbi. Ma femme voulait te voir… car je lui ai raconté ce que j’avais entendu de ton discours de l’autre fois. Esther est juive. Mais je n’osais te le dire, moi qui suis romain. Je te l’aurais envoyée…

- Appelle-la donc.»

Et Jésus s’assied sur le banc, adossé au mur, pendant que Jacques de Zébédée, distribue pain et fromage…

Une femme d’environ quarante ans sort, confuse, rouge de honte.

«Paix à toi, Esther. Il t’est venu le désir de me connaître? Pourquoi?

- A cause de ce que tu as dit… Les rabbins nous méprisent, nous qui avons épousé un Romain… Mais j’ai porté tous mes enfants au Temple et les garçons sont tous circoncis. Je l’avais dit d’avance à Titus, quand il a voulu m’épouser… Et il est bon… Il me laisse toujours faire avec les enfants. Coutumes, rites, tout est juif ici!… Mais les rabbins comme les chefs de synagogues nous maudissent. Pas toi… Tu as des paroles de pitié pour nous… Ah! sais-tu ce que cela signifie pour nous? C’est comme sentir autour de soi les bras du père et de la mère qui nous ont répudiées et maudites, ou qui sont sévères avec nous… C’est comme remettre les pieds dans la maison que l’on a quittée et ne plus s’y sentir étrangère… Titus est bon.

Pendant nos fêtes, il ferme la maréchalerie, quitte à perdre beaucoup d’argent, et il m’accompagne avec les enfants au Temple, car il assure que l’on ne peut rester sans religion. Lui dit que la sienne est celle de la famille et du travail, comme auparavant c’était celle du devoir de soldat… Mais moi… Seigneur… j’ai voulu te demander quelque chose… Tu as dit Tu as dit, en EMV 327.5. que ceux qui suivent le vrai Dieu doivent prélever un peu de leur levain saint et le mettre dans la bonne farine pour la faire fermenter saintement. C’est ce que j’ai fait avec mon mari. Depuis vingt ans que nous sommes ensemble, j’ai cherché à travailler son âme qui est bonne avec le levain d’Israël. Mais il ne se décide jamais… et il est âgé… Je voudrais qu’il soit avec moi dans l’autre vie… Unis par la foi, comme nous le sommes par l’amour… Je ne te demande pas la richesse, le bien-être, la santé. Ce que nous avons nous suffit, Dieu soit loué! Mais cela, je le désire… Prie pour mon mari! Qu’il appartienne au vrai Dieu…

- Oui, il aura cette grâce. Sois-en sûre. Tu demandes une chose sainte et tu l’obtiendras. Tu as compris les devoirs de la femme envers Dieu et envers son époux. Si c’était le cas de toutes les épouses! En vérité, je te dis que beaucoup devraient t’imiter. Reste telle que tu es et tu auras la joie d’avoir ton Titus à tes côtés, dans la prière et au Ciel.

331.13 - “Montre-moi tes enfants.»

La femme appelle ses nombreux enfants:

«Jacob, Judas, Lévi, Marie, Jean, Anne, Elise, Marc!»

Puis elle entre dans la maison et en ressort avec un enfant qui marche à peine et un bébé de trois mois tout au plus:

«Lui, c’est Isaac, et la toute petite, c’est Judith, dit-elle pour terminer la présentation.

- Quelle abondance!» s’exclame en riant Jacques de Zébédée.

Et Jude s’écrie: