“Hors d’ici! Hors d’ici!”

“Hors d’ici, voleurs qui venez faire le marché ici, usuriers” et cætera.

Les soldats interviennent en disant:

“Ce n’est pas Lui qui met le trouble! Il le subit!” Et avec leurs lances ils font évacuer la cour et ferment le portail.

Il reste avec Jésus les trois frères prosélytes et les six disciples.

“Mais comment vous est-il venu à l’idée de le faire parler?” demande le triaire aux trois frères.

“Il y en a tant qui parlent!” répond Élie.

“Oui. Et il n’arrive rien car ils enseignent ce qui plaît à l’homme. Mais ce n’est pas cela que Lui enseigne, et ils ne le digèrent pas…”

Le vieux soldat regarde avec attention Jésus qui est descendu de sa place et qui est debout, comme abstrait.

Au dehors la foule est toujours en effervescence. Aussi on fait sortir d’autres troupes de la caserne et avec elles le centurion en personne, Ils frappent et se font ouvrir, alors que d’autres restent pour repousser aussi bien ceux qui crient:

“Vive le Roi d’Israël!”, que ceux qui le maudissent.

Le centurion s’amène inquiet et, en colère, s’en prend au vieil Aquila:

“C’est ainsi que tu fais respecter Rome, toi? En laissant acclamer un roi étranger sur une terre soumise?”

Le vieux soldat salue avec froideur et répond:

“Il enseignait le respect et l’obéissance et il parlait d’un royaume qui n’est pas de cette terre. C’est pour cela qu’ils le haïssent. Car il est bon et respectueux. Je n’ai pas trouvé motif d’imposer le silence à quelqu’un qui n’attaquait pas notre loi.”

Le centurion se calme et bougonne:

“Alors c’est une nouvelle sédition de cette infecte racaille… C’est bien. Donnez l’ordre à l’homme de s’en aller immédiatement. Je ne veux pas d’histoires, ici, Obéissez et escortez-le hors de la ville dès que le chemin sera libre. Qu’il aille où il Lui plaira, aux enfers s’il le veut, mais qu’il sorte de ma juridiction. Compris?”

“Oui. Nous le ferons.”

Le centurion tourne le dos en faisant briller sa cuirasse et ondoyer son manteau pourpre, et il s’en va sans même regarder Jésus.

329.14 – Les trois frères disent au Maître:

“Nous sommes désolés…”

“Ce n’est pas votre faute. Et ne craignez pas, vous n’en éprouverez pas de mal. C’est Moi qui vous le dis…”

Les trois changent de couleur… Philippe dit:

“Comment connais- tu notre peur?”

Jésus sourit doucement, un rayon de soleil sur son visage attristé: